Chesterton doit-il être canonisé?

G.-K.-Chesterton

Ce n’est pas encore arrivé au marquis de Sade: le 5 décembre 2013, le pape François avait cité Gilbert Keith Chesterton au cours d’une homélie. La même année, un évêque britannique avait ouvert une enquête pour sa béatification. À l’occasion de la parution de Divin Chesterton, une belle bio signée François Rivière, allons plus loin : et si on ouvrait carrément un procès en canonisation pour l’Anglais excentrique converti au catholicisme en 1922 qui se définissait lui-même comme « le bouffon de Dieu » ?

L’œuvre la plus connue de G.K. Chesterton, ce sont Les aventures du père Brown, son facétieux personnage de prêtre détective plus proche de saint François d’Assise que de Sherlock Holmes. Mais il ne faudrait pas le réduire à ça : auteur d’une centaine d’ouvrages tantôt fantasques, tantôt mystiques, il a publié essais, romans, nouvelles, biographies, poèmes, pièces de théâtre… Ni comique à la Wodehouse, ni polémiste à la Bloy, Chesterton, derrière son physique de Falstaff, ce serait Borges qui aurait gobé Charles Péguy – un écrivain aussi inventif formellement que l’Argentin, animé par une foi enfantine et joyeuse qui le rapproche du Français. Quand pourra-t-on enfin l’appeler Saint Gilbert ?

                                                                                                                                                      LHDLR

Divin Chesterton de François Rivière (Rivages, 216 p., 21 €)

 




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