Alien Crystal Palace : le film !

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Alien Crystal Palace ose tout et n’a peur de rien, dans son extravagance proche de la folie ou même de la mégalomanie, cette performance artistique trouve un tempo, un rythme qui donne vie à sa narration et resserre les boulons d’un scénario très dense et très alternatif. Les décors, les costumes et les effets spéciaux sont d’un kitsch d’abord troublant, puis au fil des scènes de plus en plus attractifs. On devient comme hypnotisé par un sentiment étrange, entre le voyeurisme et la curiosité. On est peu à peu happé dans cette esthétique qui dérange et peut-être ouvre de nouvelles portes. Elle est une autre dimension de la réalité telle qu’on est habitué à la voir, un espace-temps qui n’est que décor et symboles, et qui pourtant raconte une histoire universelle.

L’histoire du vide jamais rempli autrement que par l’alliance de deux êtres qui se complètent et s’élèvent, l’histoire du besoin d’aimer et d’être aimé. Ce message est distillé par la métaphore de l’androgyne, mythe grec selon lequel nous étions autrefois un et pour punir notre orgueil de vouloir être dieux, ils nous fîmes deux ; homme et femme. Deux entités vouées à se chercher toujours et se trouver parfois, mais le plus souvent à se rater, par affolement ou par faiblesse. Dans ce trip sous LSD guidé par la sublime Arielle, ce sont Dolores (Arielle Dombasle) et Nicolas (Nicolas Ker) qui sont appelés l’un vers l’autre, inextricablement liés par une série de rêves et de visions qui les rappelle à leur unité. Leurs performances d’acteurs se complètent dans leur musicalité, leur très visible complicité et l’autorité de leur opposition ; elle est angélique, résignée, et amoureuse, il est démoniaque, alcoolique et fou. En fin de compte, c’est une tragédie musicale, baroque et narcotique qui a ça de rock’n roll qu’elle est à la fois accidentelle et peut-être d’avant-garde.

Melchior




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