Adrian Younge ou les ondes de l’amouuur

adrian-younge-2016-promo-650

Le dandy de la soul rétro sort un album concept où un professeur discourt sur cette thématique aussi vieille que complexe. Success-dissert en vue ?

Attention, drôle d’oiseau : Adrian Younge a été prof de droit pendant trois ans – Julien Doré ne peut pas en dire autant. En 2009, le premier album qu’il signe n’est pas plus banal : il s’agit de la BO de Black Dynamite, parodie des films de la blaxploitation avec musique inspirée d’Isaac Hayes et Curtis Mayfield. Il faut dire que Younge aime le passé : il porte cravates ou chemises à jabot, rejette avec dégoût tout ce qui date d’après les 70’s, ne s’entoure que de matériel vintage. Cette fois-ci, le thème qu’il a choisi est le plus convenu qui soit : l’amour. Pour un album cucul à la Marc Lavoine ? Pas exactement.
La première écoute de The Electronique Void déconcerte : on dirait un trésor caché chiné à la brocante du coin. Sur fond de sons analogiques, une voix caverneuse prodigue un cours magistral sur la question chère à Roland Barthes. Doit-on prendre des notes ? Assez vite, on pense à Music to Make Love to Your Old Lady By de Lovage, album d’easy listening sensuel et farceur derrière lequel se cachait Dan the Automator en 2001. Sauf que le disque n’est pas un canular : plutôt que de nous éclairer sur Adam et Eve, il nous fait faire des révisions sur Kraftwerk, Wendy Carlos, Raymond Scott et autres Haack, Montenegro, Perrey, Kingsley, tous ces pionniers de l’électronique. Par ailleurs auteur de la BO de Luke Cage, la nouvelle série Marvel/Netflix, Younge aime s’afficher avec des femmes dénudées. On ne nous la fait pas : monsieur le professeur est surtout fortiche en synthés.

The Electronique Void: Black Noise (Linear Labs/Differ-Ant)
LOUIS-HENRI DE LA ROCHEFOUCAULD




Il n'y a aucun commentaire

Ajoutez le vôtre