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 Frédéric Bizard


Pop économie

C'est Noël chez Technikart

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1_Chivas_ 18 ans d'âge revêt la griffe Vivienne Westwood pour une édition limitée inédite. La célèbre styliste britannique signe une création dans un style glamour décalé.

2_Nicolas Feuillatte_ La marque au quatre champagnes rosés, l'illustre en cette fin d'année par une doudoune rose. 3_Clan Campbell_ Série limitée signé par Jean-Charles

de Castelbajac, il met en scène un vitrail inspiré des ornements des châteaux écossais en adéquation avec les codes de la marque. 4_Grand Marnier_ La marque lance sa 8e Edition

Limitée, la Ruby Edition et rompt avec les codes habituels avec cette bouteille en laque noire et ce rubis en guise de rappel de la couleur. 5_Get 31_ C'est la version intense

de Get 27 créé en 1976, il s'habille pour les fêtes d'un perfecto. 6_J&B_ Nouvel étui collector, en édition limitée: cette fois c'est la bouteille «Mirror Ball». 7_Belvedere_ Édition

limitée, un magnum Silver de 1,75 L rehaussée d'arbres iconiques.

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8_Ardbeg_ La distillerie propose son expression emblématique Ardbeg TEN dans un coffret: «Ultime TEN». parées de chaînes pour contenir sa puissance aromatique. 9_Glenfiddich_

Explorer Case 21 ans d'âge s'offre une création sur le thème du voyage, une mallette accompagnée d'un portefeuille et d'un porte-étiquette. 10_Woodford Reserve_

Ce bourbon de la distillerie Labrot & Graham, située depuis 1812 dans le comté de Woodford (Kentucky), présente sa Christmas Box. 11_Jura_ L'année 2010 marque le bicentenaire

d'une des plus vieilles distilleries d'Ecosse avec une série limitée âgée de 21 ans, mise en scène dans un coffret qui fait office de piédestal ou de socle. 12_Martini, Gold

by Dolce & Gabbana_ Il allie la créativité de la marque et le savoir faire de Martini. Une bouteille en or satinée et un coffret noir rehaussé d'une plaque dorée qui représente

parfaitement l'imaginaire des deux marques. 13_Hennessy_ Pour sa fine de cognac en édition limitée, sa carafe sérigraphie est livrée avec deux «pierres ollaires» qui refroidissent

le cognac sans y ajouter d'eau. 14_GH. Mumm_ Pour la fin d'année, Mumm dévoile le Sabre par Patrick Jouin. Un objet de cuir rouge, marquée du sceau de la marque.

L'Homme Moderne, ou l'ironie du son.

Avec ses airs de crooners et sa mauvaise humeur de rigueur Benjamin Paulin a tout du jeune premier tout droit sorti d'un film de Rohmer ou Lautner. Smoking noir, bouquet de roses dans une main un flingue dans l'autre : voilà l'Homme Moderne.

Benjamin Paulin n'en est pas à son premier fait d'armes. Passé par la case Hip-Hop avec le groupe aussi culte que méconnu Puzzle, puis en solo sous le pseudonyme du vrai Ben, il a clamé son aigreur pleine de justesse et d'ironie servi par un genre qui lui offrait liberté et efficacité. Point commun de tous ces projets L'Homme Moderne. Un thème récurrent, un dada ou un credo, une identité, un concept.

L'Homme Moderne : son premier album sous son propre nom et cette fois-ci c'est bien au détour de chanson que l'on y découvre unn gendre idéal à l'artillerie lourde, aussi largué qu'attachant : "J'ai si peur de frôler la mort que je ne fais que frôler la vie". Entre orchestration sixties et relents hip-hop, sa plume acerbe et acide fait mouche là où on ne l'attend pas. Sa punchline ne tarit pas de trouvailles et sa prose entêtante sonne comme le meilleur des slogans ("J'ai Marché Dans L'Amour" ou encore « Reviens s'il te plait, au moins pour passer un petit coup de balais »).

Malgré une redondance mélodique, on ne résiste que rarement à la voix  aussi envoutante qu'insolente de l'anti héros belle gueule et cœur de pierre. Comme si Alain Delon avait le sens de l'humour et qu'Aznavour était fan de rap, Benjamin Paulin c'est peu de caviar dans les épinards.

Benjamin Paulin, L'Homme Moderne, à paraître le 18 octobre chez AZ/Universal.

L'histoire secrète des marques

KronenbourgKronenbourg, pour tous les jours

Bière culte de fins de banquets, bête noire de Christine Boutin et boisson moderne depuis 346 ans, la Kronenbourg fait toujours un carton...

«C'est la danse des canettes, plus on est torché et plus on s'marre...» 1991, Les Inconnus enchaînent leur dixième tube avec «Kro, Kro, Kronenbourg», une parodie du groupe Licence IV. A la même époque, les Kro-Men (croquis ci-contre), un groupe de punk-rock de Colmar, sortent leur album («On peut rester actif après une petite bière»), suivi d'un premier tube local intitulé «Boire ou conduire, pourquoi choisir ?»
Quinze ans plus tard, c'est au tour de la formation punk-oï de Villeurbanne, Les Porcs, de chanter la Kronenbourg sur scène, des paroles inaudibles tirées de leur troisième album «Vent d'haleine». 2010: quelle est la chanson à boire toujours la plus populaire en fin de banquet ? «J'ai deux amours, la Kanterbrau, la Kronenbourg, la Kanterbrau pour le boulot, la Kronenbourg pour tous les jours...»

Une bière sur trois
Jamais une marque de bière n'aura été à ce point raillée, vénérée, parodiée, accusée et mise en musique comme celle des brasseries Kronenbourg. Même Christine Boutin (la présidente du parti Chrétien Démocrate), lorsqu'elle s'attaque au festival Hellfest, le rendez-vous des gothiques hardcore de Clisson, pointe désormais du doigt son partenaire officiel: la Fondation Kronenbourg. Rançon du succès ? Aujourd'hui, une bière sur trois consommée en France sort des usines Kronenbourg d'Obernai près de Strasbourg (qui produit également la Carlsberg, la Guiness, San Miguel, etc.). C'est la marque la plus connue des Français, avec un taux de notoriété spontanée (73%) à faire pâlir les équipes marketing de Procter et Gamble. Et 45 000 cafés et hôtels la servent tous les jours, pour près d'1,4 milliard de demis bus par an !
Dans un pays qui a divisé par deux sa consommation de bière en vingt ans, et reste la nation d'Europe la moins portée sur la chopine (étonnant pour d'anciens amateurs de cervoise, non ?), les Brasseries Kronenbourg occupent toujours 32% de parts de marché (quand Coca fait 50% sur les boissons sans alcool) avec, pour plus de la moitié, des ventes de bières dont les innovations tiennent plus de la Nasa (canettes à pression intégrée, colonnes perles d'eau, etc.), que des virées mousse de l'adjudant Kronenbourg (le personnage de Cabu).

La série des packs
En 1664, quand son fondateur Jérome IV Hatt tire son premier fût à Strasbourg puis, presque deux siècles plus tard, lorsque ses héritiers occupent le quartier de Cronenbourg (le bourg de la Couronne, en alsacien) à proximité de la gare, débute une incroyable saga industrielle dont Kronenbourg tire toujours les fruits aujourd'hui.
Pionnier de la distribution avec un «train de la bière» qui livre chaque jour (dès 1857) la brasserie Lipp à Paris, pionnier du marketing avec les premières pubs télé pour alcool avec George Lazenby (James Bond dans «Au service secret de Sa Majesté»), pionnier du packaging avec les premières bouteilles à capsules consignées (la Steinie), puis la série des packs de 10, de 24, de 26 canettes, etc., Kronenbourg a toujours eu vingt ans d'avance. Sa nouvelle Sélection des Brasseurs, présentée autour d'une grillade de pigeon laqué et de l'animatrice Ariane Massenet a récemment fait un carton chez... Ledoyen. On était loin de l'ambiance bière à bidasses.
olivier malnuit (avec Serge Adam)

Les nouveaux rois du biz

Suntory

 

Shingo Torii, le dernier roi d'Ecosse?

Il n'a pas de kilt, pas de château hanté, mais son whisky est le meilleur du monde. Son secret ? Du savoir-faire, du marketing et, surtout, beaucoup d'eau.

C'est un feuilleton à la Shogun qui semble se dérouler aujourd'hui dans les coulisses de l'industrie du whisky. Dans le rôle de Richard Chamberlain, Shingo Torii, senior executive vice-président de Suntory Holdings Limited, le géant des spiritueux, services et boissons au Japon. Et probablement, le plus occidental des nouveaux samouraïs de l'alcool, au pays du soleil levant.
Président de la société franco-japonaise d'Osaka, diplômé en sciences de l'université de Konan et en génétique microbienne de l'université de Californie du Sud, Maître assembleur et responsable de production des whiskys Suntory, Shingo Torii n'est pas juste l'héritier direct du plus grand hold-up de l'histoire des spiritueux (après s'être inspiré des méthodes écossaises, son grand-père Shinjiro Torii a fait du whisky japonais l'un des meilleurs du monde), c'est aussi l'un des principaux actionnaires d'un groupe familial qui a failli devenir ces dernières semaines une société plus riche et puissante que Coca-Cola.

Apple japonais
42,5 milliards de dollars, c'est en effet ce qu'aurait pesé le consortium de Shingo Torii (dirigé par son cousin Nobutada Saji), s'il avait réussi sa fusion avec l'autre géant de la bibine au Japon: la firme Kirin. Une société 100% nippone, de la taille de Kraft General Foods, qui se voyait déjà comme le nouvel Apple japonais de l'art de vivre.
Car le génie de Shingo Torii, c'est aussi de vendre des alcools 18 ou 21 ans d'âge comme s'il s'agissait du catalogue bio de La Vie Claire, mais en beaucoup plus sexy et beaucoup plus japonais. Proposés dans des coffrets en bois précieux (utilisés pour conserver les kimonos d'apparat), distillés dans les Alpes japonaises ou au confluent des trois rivières (Katsura, Uji et Kizu), considérées comme les sources d'eau les plus pures du japon, vieillis dans des fûts faits à la main, les whiskys Suntory (Yamazaki, Hakushu et Hibiki) ne se contentent pas de rafler toutes les récompenses internationales (World Whisky Awards, etc.), ils ne sont franchement pas donnés (entre 190 et 230 euros le coffret).

Capitaine Haddock
Avec Shingo Torii et ses whiskys japonais à l'eau de rivière, on est très loin du monstre du Loch Ness ou du Loch Lomond du Capitaine Haddock. Ambiance communion avec la nature (les «huit millions de dieux») et Maître de la cérémonie du thé garantie. D'ailleurs, le groupe Suntory, dont l'une des devises est «Safety, peace of mind and great taste», fait désormais autant dans les whiskys que dans la diététique, les fleurs et les boissons sans alcool (dont il lance jusqu'à 200 nouveaux modèles par an).
Après avoir racheté Orangina-Schweppes (2,4 milliards d'euros), un joli paquet de grands crus et châteaux français (Château Lagrange, Château Belvédère, Château Beaumont), le nouvel empire du whisky zen est venu récemment présenter son savoir-faire au Palais de Tokyo en compagnie de Niels Tavernier, de Thierry Hernandez (le directeur du bar du Plaza Athénée) et du chef cuisinier Daniel Rose. Curieusement, on a surtout parlé d'eau.
Olivier malnuit?et S.?A

Design et spiritueux

BallantinesL'inventeur du pic à whisky est-il crédible ?
Casquette de gentleman-slameur et look de baron fauché du XIXe, le designer anglais Kacper Hamilton a récemment présenté à la presse sa dernière innovation en matière de dégustation de whisky: le coffret Ballantine's 12 ans d'âge, baptisé «l'Art de la dégustation», qui maintient son verre (et celui de ses voisins) à bonne température. Et ressemble étonnamment à une brochette ou à un pic réfrigéré.

 

Trois verres avec un trou
«J'ai joué sur la notion d'équilibre, a expliqué l'artiste diplômé de la Central Saint Martin's School of London, devant un parterre de journalistes professionnels du cigare et des spiritueux. A l'intérieur, un élégant plateau d'acier, une carafe et trois verres avec un trou au milieu, qui s'encastrent dans un socle en métal passé au préalable au congélateur. Superposés les uns sur les autres, ils forment une pyramide transparente qui rappelle la forme des alambics de la distillerie Ballantine's en Ecosse et sert de freezer à cocktails.» Kacper Hamilton, qui s'était déjà fait connaître il y a six mois avec une série limitée de verres représentant «les 7 Péchés du vin» (la paresse y était représentée par une carafe inclinée et suspendue par une chaîne), voit dans ce nouveau coffret Ballantine's à suspension givrée «un rituel novateur mêlant élégance et créativité».


Bien pratique pour garder son alcool au frais dans la moiteur des clubs, le Coffret Ballantine's 12 ans d'âge nécessite tout de même une certaine logistique (en fait, c'est une mallette), qui le destine plus aux salons privés des marathoniens du digestif qu'aux dancefloors à secousses de la Costa Brava. «C'est une œuvre d'art, pas une machine à cocktails», a prévenu le designer anglais.
Claire Touza

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