L’écrivain Sylvie Cécile Bourgeois Harel et ma Sophie

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Avec moi aujourd’hui, l’écrivain Sylvie Bourgeois Harel qui écrit depuis 2003, année de publication de son premier roman Lettres à un Monsieur aux Editions Blanches.

Sylvie, d’ou t’est venue l’idée d’écrire alors que tu travaillais je crois dans la communication ?

Quand j’ai perdu mes parents, j’ai désiré changer totalement de vie. De manière complétement irrationnelle, j’ai quitté l’homme avec qui je vivais, mon travail, ma maison, tout. J’ai alors rencontré un homme, qui était ministre. C’était le début des textos et cet homme me demandait de lui écrire. Alors j’ai écrit. Pas des textos mais une histoire qui ne se terminerait jamais, celle de Vie, une femme qui sait jouir avec les rayons du soleil… il est devenu fou de plaisir. Et moi, je crois que je suis tombée amoureuse de cette relation épistolaire, pas de cet homme finalement mais des mots, de mes mots (rires). Subjugué, il m’a conseillé d’écrire un recueil de nouvelles érotiques. Je me suis installée dans un Hôtel de Saint- Germain-des-Prés et j’ai écrit Lettres à un Monsieur qui a été acheté immédiatement par un éditeur. Le livre est sorti quelques mois plus tard en octobre.

Et ensuite ?

Quand mon livre est sorti, j’ai décidé d’en écrire un deuxième. La première phrase que j’ai rédigée : je veux rencontrer le futur homme de ma vie vivre, travailler et fusionner avec lui. Une semaine plus tard, j’ai rencontré mon mari. Ce livre L’amour libre est sorti six mois après chez Fayard avec l’éditeur Raphaël Sorin qui m’a imposé ce titre que je n’aime pas. Déjà c’était le titre d’un poème d’André Breton et je n’aime pas utiliser les titres des autres, puis ça ne correspond absolument pas au livre. Depuis, chaque fois que je signe chez un éditeur, je stipule dans le contrat que tout doit être décidé d’un commun accord.

Et c’est là que tu as enchainé avec l’écriture de scenarios ?

Oui. Après deux livres dans la même année, je ne voulais plus être éditée tout de suite, je voulais travailler mon style et comprendre la littérature. C’est ainsi qu’est né mon recueil de nouvelles, Brèves enfances (publié au Diable-Vauvert).

Et les « Sophie » que j’adore dans tout ça ?

Avec ma Sophie, cette femme de 40 ans qui, comme tintin, ne vieillira jamais, je me suis accordée pour la première fois de faire des livres drôles mais pas idiots. Les choses graves sont dites mais avec légèreté. Avec Sophie j’ai crée un nouveau type d’héroïne dont le mode de pensée souvent à contre-courant amuse et surprend ses interlocuteurs. En effet, Sophie, libre, drôle, cash, facile à apprivoiser à court terme, mais insaisissable dans le long terme, avec sa dialectique particulière qui lui permet toutes sortes d’acrobaties verbales, Sophie fait rire par sa façon inattendue de surmonter ses angoisses ou ses blessures

intimes, et de se sortir d’affaire chaque fois qu’elle se trouve dans une situation difficile. C’est peut être d’ailleurs pour ça que les hommes aussi apprécient ma Sophie.

Mais avoue… Sophie c’est toi ?

Disons que je la connais bien… Les « Sophie » sont surtout des livres positifs pour inciter les gens qui veulent changer de vie à le faire. Sophie dit d’ailleurs à son ex « si je n’étais pas partie de la maison je n’aurais jamais rencontré la femme que je suis devenue ».

En parallèle et au même moment que les « Sophie », tu as sorti En attendant que les beaux jours reviennent en utilisant un double littéraire Cécile Harel (ton deuxième prénom et ton nom d’épouse)

C’était pour marquer la différence entre mes deux styles d’écriture.
Lorsque j’écris avec légèreté j’utilise la troisième personne ce qui me met à distance de mon sujet et lorsque j’écris à la première personne, je vais puiser mon inspiration dans le bas de mon ventre ou il y a de la douleur. Les thèmes abordés sont la mort, la folie, la création. Les mêmes thèmes auront d’ailleurs leur place dans mon prochain livre qui sortira au printemps.

Tu fais une sorte d’auto-thérapie ?

Non. L’écriture pour moi n’est absolument pas une thérapie. J’ai bien trop de respect pour cela. Je travaille pour faire de la littérature et je suis guidée par l’émotion et le style. Je ne me soigne pas. Sinon je n’écrirais plus.

Je rappelle aux lecteurs d’ailleurs que En attendant que les beaux jours reviennent est un livre extrêmement bouleversant sur la famille. Il est sorti aux éditions Les Escales, paru en poche chez Pocket et en Allemagne chez Piper. Parle moi de tes projets actuels.

Cet été, j’ai adapté J’aime ton mari pour le théâtre (livre sorti en mars 2014), suivra le travail avec le metteur en scène et le travail avec les comédiens. Une productrice m’a également demandé d’adapter Sophie au Flore pour une série télé. Le titre sera peut-être Sophie change de vie ou Les galères de Sophie. Et bien sûr mon nouveau roman pour le printemps.

Parle moi de ta façon d’aborder ta vie d’écrivain :

Soit j’écris, soit je n’écris pas. Quand je décide de commencer un roman je ne fais plus que ça. Dix heures par jour. Je suis ultra concentrée. Je ne sors pas ou alors seulement avec les gens qui m’aiment. Je me protège terriblement.
Je me laisse un laps de temps plus souple à la fin d’un roman quand celui ci est en épreuves et je pars au bord de la mer nager.

Parle-moi de ta dernière belle rencontre :

C’était le jeudi premier octobre, au Club 55 à Ramatuelle, Patrice de Colmont avait organisé un grand déjeuner en l’honneur de Pierre Rabhi, agriculteur, philosophe et écrivain que l’on ne présente plus, qui lutte notamment contre la faim dans le monde. J’ai échangé longuement avec lui sur les semences OGM qui sont un crime contre l’humanité. Il n’est pas dit d’ailleurs que je ne fasse pas un Sophie fait de l’agro-écologie, je la verrais bien aller engueuler les patrons de Monsanto et les députes européens qui nous obligent à bouffer de la merde.

J’ai hâte de le lire ! En attendant les lecteurs peuvent lire l’article que tu as écrit en septembre http://sophieasainttropez.simplesite.com/419653860 

Questions au mari:

Philippe, donne moi cinq traits de caractères attirants chez ta femme :

Oh, difficile de synthétiser.
Son contact très facile, les gens croient toujours la connaître. C’est agréable de faire les courses avec elle car il y a toujours des cadeaux (rires). Elle est à la fois joyeuse et avec une tristesse touchante. Elle a une analyse particulière sur les gens et sur le monde. Elle rentre tout de suite dans l’intimité et c’est rare. Les gens se confient rapidement à elle car elle aime résoudre les problèmes. Elle est étonnante, singulière. Elle s’est construite de façon autodidacte et va communiquer de manière immédiate. Avec exigence, toujours. Elle est extrêmement bienveillante. J’aime énormément ma femme.

Quelle est votre plus belle expérience de collaboration ?

On ne l’a pas véritablement encore connu cette expérience, mais elle va venir. Artistiquement je dis bien !

Vous inspirez vous l’un de l’autre ?

On se fait lire nos travaux. On se consulte. Mais non on n’intervient pas. On reste très autonome excepté pour les scenarios de films que l’on a écrit ensemble par le passé.

Que penses tu de sa série de « Sophie » :

Les « Sophie », sous un air de ne pas y toucher sont des livres très sociologiques. Très anglo-saxon, les choses sont dites sous le ton de la légèreté. C’est un portait de notre époque. L’écriture est rapide, synthétique et psychologiquement impeccable, percutante.
« Sophie » connaît bien le fonctionnement du désir masculin alors que beaucoup de femmes ne l’assimilent pas. Du coup les hommes l’adorent. Avec J’aime ton mari, Sylvie a eu également un très bon lectorat masculin.

Pour terminer, Sylvie, donne moi, la liste de tes 10 romans préférés :

  • –  Les illusions perdues, Balzac
  • –  Voyage au bout de la nuit, Céline
  • –  La source Vive, Ayn Rand
  • –  La peau et les os, Georges Hyvernaud
  • –  33 jours, Léon Werth
  • –  La faim, Knut Hamsun
  •  J’y suis presque, Nuala O’Faolain
  • –  Les particules elémentaires, Houellebecq
  • –  Mes amis, Emmanuel Bove
  • –  Martin Eden, Jack London                                                                                                                                                                                                                                          Mille mercis pour cet échange autour des meilleures crêpes de Paris!!!

Love, Jupy.

PierreRabhiSylvie

Sylvie et Pierre Rabhi

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