Report « My Girls Want To party All The Time » L’expo qui décortique vos nuits de débauche !

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16h30 Ouverture des portes de l’exposition « My Girls Want To Party All The Time », dans la pénombre du Péripate, d’un pas hésitant et étourdi je rentre dans ce qui était il y a encore quelques mois une fournaise, une fourmilière de fêtards. Sur un premier mur, une sélection de photos de Jacob Khrist qui résume bien le sujet. Avez-vous déjà suivi Jacob lors d’une de ses nuits folles ? Là, comme si nous y étions, à l’aide de ses clichés dans un ordre chronologique, entre dj set au nid de la tour Eiffel et pas de danse de breakers Place de Clichy…

Les spots lumineux m’orientent ensuite vers un mur d’aquarelles, entre souvenirs restés gravés dans la mémoire d‘Alexis Mittelberg et l’inspiration dégagée par les clichés d’Arturo Bandini, nous pouvons alors emporter les premières aquarelles afin de démêler les souvenirs enfouis, l’oeuvre évolue donc au cours de l’exposition. Transporté par la discussion avec un habitant du quartier qui n’avait jamais entendu parler du péripate j’atteins d’abord Los Angeles dans une chambre terne, je ressens encore les vapeurs d’alcool, sans repère chronologique cette fois je ne peux me situer, il n’y a plus d’espace-temps dans les clichés de Streektlife, qui me transplantent ensuite de ville en ville, entre matériel hifi à Bruxelles et danse d’une muse à Belleville, en passant par les toits de Barcelone, le grain de l’argentique me rappelle les vieilles photos de vacances que prenait mon grand-père avec son minolta XD-7 .. J’entends alors dans mon dos un bruit à peine distinctif, un pèle mêle de musique qui me rappelle mes pas de danse à la Java ou mes « titubements » au Moka. Je me retrouve alors face à un trou noir, un amassement de 5 mois de soirées représenté par les photos prises au jetable par Bandini, ancrées dans un tourbillon. Les photos à terre d’abord, plutôt distinctes, je reconnais mes amis mais je n’ai plus aucune idée du moment de la prise de vue… Les photos se désintègrent ensuite et tournent, dansent sur elles-mêmes. Sarah Ilitch Weldon représente dans cette installation la disparition de nos souvenirs de soirées, les annales lessivées à l’advil les lendemains difficiles. En face, une fenêtre ouverte sur une marée noire m’intrigue, il pleut dans l’ancienne Backroom du Péripate, une pluie noire comme une déferlante, un avis de tempête. Sophie Reznard de Wouves nous montre ici les peines et regrets mais aussi les joies d’un maquillage qui flotte, dégouline lentement sur les visages humides.

Vers 20h30 j’entends des basses, tout le monde se dirige vers une salle obscure. C’est Tanen et Flavio qui commencent à battre le macadam avec leur son expérimental et pur. Là, je vois apparaitre deux ombres dénudées et maquillées, ils se laissent emporter par le beat entrainant des deux comparses installés derrière leurs machines de guerres. Une danse déstructurée du Groupe de performeurs CRISIS me laisse sans voix, je profite de l’audience devant ce spectacle d’ombres et de lumières pour retourner me prendre une bière et parler avec un artiste serbe, puis un technicien régisseur alsacien … C’est donc ça aussi le mélange de nos soirées improvisées que l’on retrouve ici, le fond du sujet, les rencontres, les affinités, les coups de gueules, le monde de la nuit n’est-il pas aussi le reflet de notre société ? N’en est-il peut être pas également le catalyseur ? Le médium qui permet les rencontres improbables et les différentes voies que nous empruntons une fois le soleil levé ou plutôt une fois la fête terminée…

Valentin Villeneuve

 




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