Orties peuvent-elles piquer tous les publics ?

Orties

Le duo popu-futuriste s’apprête à balancer ses premiers morceaux enregistrés avec le svengali pop Mirwais. Aujourd’hui Bures-sur-Yvette, demain le monde ?

On est à la moitié de l’année, et on attend encore un grand album, le disque excitant qui arriverait à réunir pointu et popu et nous faire oublier tous les torrents de boue que nous recevons sur la tête : l’hégémonie planétaire du hip-hop toc et de la dance aux hormones… Qui va nous tirer de cette chienlit ? C’est là qu’Orties tombe à pic.
Après trois ans de silence, les jumelles de Bures-sur-Yvette (Essonne) sortent enfin un nouveau single, « SexeDrogueHorreur ». Si le clip a été tourné à l’arrache place de la République, cette musique ne sent pas le punk à chiens. Mélodie enlevée qui s’imprime en une note au fond du crâne, paroles acérées qui évitent le verbeux (« J’ai trop écouté Chopin, plus envie de choper »), voix tranchantes, production électro supersonique assurée par le gourou Mirwais… Le top.
A l’échelle française, voilà une anomalie susceptible de brasser large : les nostalgiques de Crystal Castles et les fans de PNL, les banlieues molles et dures, les punks en colère et les minettes pop, les gothiques et ceux qui ne se maquillent pas, les farceurs des beaux quartiers et les cagoles aux ongles roses – à part les pépés qui en sont restés à Charles Trenet, on ne voit pas qui n’accrochera pas. Dans leur public, on trouve déjà Gaspar Noé, Christophe ou Eric Reinhardt. Restent à convertir quelques millions de gens. Avant l’album cet automne, d’autres titres surgiront comme ça, au compte-gouttes. Le 91 est dans la place !

>> Spotify

>> iTunes

>> Deezer

 

LOUIS-HENRI DE LA ROCHEFOUCAULD

PHOTO CHARLÉLIE MARANGÉ


Paru dans Technikart #202 juin 2016

Technikart-202




Il n'y a aucun commentaire

Ajoutez le vôtre