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7 excellentes raisons de voir B City (alias Beyrouth)


Malgré la situation en Syrie et dans certaines parties du Liban, Beyrouth reste une destination safe et à l'énergie incroyable ! Un temple de la teuf à découvrir maintenant.

 

Pour ses nuits : Beyrouth, c’est le Berlin du Moyen-Orient. Une des villes les plus grandioses au monde pour se la donner sévèrement sur la piste. La fête ici est dangereusement frénétique et ne s’arrête jamais. Une manière d’exorciser le passé et de prendre son avance de plaisirs sur les éventuelles embrouilles à venir… Quelle force, quelle énergie, quelle convivialité. Et quel goût... Dieu que la musique est bonne, pointue sans être snob, et toujours dansante. A ne pas manquer : l'industriel Solea 5 et ses soirées Stereo. La Plage, un palais féérique reconverti en dancing de bord de mer. Le Sky Bar, temple over the top et démesuré du clubing bling. Et surtout le légendaire B 018, club-bunker au design cyberpunk et dont le toit s’ouvre par beau temps.

Pour ses plages : Rien de tel que d’aller de faire griller la face pour effacer une nuit de débauche beyrouthine. Les alentours de la ville sont truffés de spots magnifiques, privés pour la plupart. On conseille Lazy B, sorte de jardin d’Eden littoral pour ceux qui cherchent le repos. Et Orchid pour une ambiance plus Miami (house, champagne et tout petits bikinis).

Pour son Musée National : une caverne d’Ali Baba qui fût du temps de la guerre mise à l’abri des bombes par de puissantes fortifications en béton. On y admire de nombreuses perles issues d’innombrables fouilles archéologiques, dont les sarcophages et bijoux des rois de Byblos.

Pour son Art Center
: A deux pas du Musée National, le BAC s’est niché dans une ancienne usine aux lignes délicieusement LeCorbusienne. Expositions temporaires de grande qualité donnant à voir ce que le Moyen-Orient produit de meilleur en Art Contemporain. www.beirutartcenter.org

Pour shopper : Les hot spots ? Le Souk du centre ville, ses boutiques Dior, Jimmy Choo, Isabel Marrant et ses bimbos moyenorientales. Le « Saifi Village » : nouveau quartier aux allures de médina révisités sauce Swarovski. On y trouve les créateurs libanais, dont la célèbre Nada Debs. Gemayzeh et Mar Mikhæl : les adorables districts bobos aux airs berlinois (galeries d'art, boutiques vintage…).

Pour Byblos
: Non la citée légendaire des phéniciens n’est pas sorti de la tête de Goscigny, elle existe vraiment !  Ayant vu se succéder toutes les civilisations, c’est l’une des plus anciennes villes au monde… Situé à une quarantaine de minutes de Beyrouth, le Saint-Trop libanais est un petit bijou. Port miniature super attachant et vieille ville s’ébattant nostalgiquement au pied des ruines de la cyclopéenne forteresse croisée...

Pour son œcuménisme
: Y-a-t-il une autre ville au monde où le français, l’arabe, l’anglais, l’islam et la chrétienté, le voile et la mini-jupe… s’entremêlent si harmonieusement ? Beyrouth, grâce à l’ouverture d’esprit, l’humour et le sens de l’hospitalité de ses habitants, est une émouvante, perpétuelle et inoubliable leçon de vie et de tolérance…

 

 

 

Tawlet, miam ! 

La cuisine libanaise est à se mettre à genoux... Et s’il y a un endroit où la gouter sous sa forme la plus authentique et généreuse, c’est bien Tawlet. Créé en 2009 par Kamal Mouzawak, un travailleur social issu d’une famille d’agriculteurs, Tawlet est basé sur un principe à la fois simple et novateur. Chaque jour de la semaine, un représentant d’une des régions du Liban, qui est aussi la plupart du temps producteur de légumes et de viande, vient cuisiner ses produits et faire découvrir les recettes traditionnelles de sa région. L’occasion de goûter à des spécialités quasi introuvables à Beyrouth. Le projet vise à casser les frontières ville / campagne mais aussi à redistribuer l’argent directement aux producteurs en sautant les intermédiaires. La tambouille, qui se présente sous la forme de buffet ou à la carte, est tout bonnement à tomber. Le resto incontournable de Beyrouth ! Formule buffet : environ 20 €. Citronnade maison et arak (anisette libanaise) à volonté. Au fond d’une impasse donnant dans la rue Naher, n°12 (Jisr el Hadid). Quartier Mar Mikhaël. +961 1 448 129   tawlet.com

 

Decks on the Beach !

Pas étonnant que dans une ville si francophone que Beyrouth une des soirées les plus hype soit organisée par un bouffeur de fromage !
Créé en 2012 par Olivier Gasnier Duparc, le festival Decks on the Beach a une des programmations les plus pointues de la capitale libanaise. Se sont ainsi succédés l'an dernier aux platines des DJ aussi courus que Dimitri From Paris, Ivan Smagghe, Lindstrom ou Foals... Cet été, ce sera au tour d'Isaac Tichauer, de Friendly Fires ou de House de Racket de mettre le feu à la plage. Revendiquant une "orientation plutôt disco" et une clientèle "un peu plus agée et moins extasiée" que la concurrence, les soirées ont lieu au "Sporting", un club nautique à l'ancienne, tout en élégance. Un cachet nostalgique qui donne aux party d'Olivier un caractère vraiment magique... https://www.facebook.com/DecksOnTheBeach

 

Où dormir ?

Le Gray

L’emplacement déjà. On ne peut être plus au cœur de la ville. La corniche, le principal centre de shopping, les quartiers de sortie… tout  est à deux pas. L’architecture et la déco ensuite. Sobres mais chaleureuses. Raffinées, d’une élégance à toute épreuve sans être prétentieuses. Tout comme le service et l’accueil. Et puis les deux points qui emportent définitivement le morceau et font passer Le Gray dans la catégorie des plus beaux hôtels du monde : la piscine à débordement en roof top, offrant une vue plongeante sur la place centrale et donnant l’impression vertigineuse de brasser au bord de l’abîme. Et le restaurant Indigo, une table qui, pour un prix tout à fait abordable, offre l’une des cuisines fusion (entre Asie, Europe et Moyen-Orient) les plus parfaitement exécutés qu’il nous ait été donné de goûter. Chambre double à partir de 330 euros.  www.campbellgrayhotels.com/le-gray

Le Cavalier 

Idéalement situé en plein centre d'Hamra, un des quartiers les plus jeunes et animés de la ville (ils regorgent de bars bien undergrounds), le Cavalier est un des meilleurs rapport qualité-prix de la ville. Chambres impeccables et très spacieuses. Personnel super serviable. Chambre double à partir de 110 euros.  http://www.hotelcavalier.com/

 

 

L'album : Bater de Soap Kills

Avant le projet Y.A.S au côté de Mirwais, la sublime Yasmine jetait déjà les bases du trip hop à l’orientale avec Zeid Hamdan. Culte.

Le livre : Le roman de Beyrouth

Une vaste fresque retraçant adroitement l’histoire contemporaine du Liban entre fiction et réalité. Une belle initiation à la complexité du pays.


Le film : The libanese rocket society


Faux documenteur mais vrai thriller historique surréaliste, le film conte incroyable aventure du programme spatial lancé par le Liban dans les années 60.


Avant de partir : de la Juvamine

Vous aurez été prévenu : vous risquez de passer bien peu de temps dans votre chambre d’hôtel... Aucun doute, vous aurez tout le temps de dormir en France !

 

Préparer votre voyage :

Office de Tourisme du Liban
124 rue du Faubourg Saint Honoré Paris 8ème
Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 16h
Tél : 01 43 59 10 36
Préparez votre séjour au Liban sur www.destinationliban.com

 

 

On a maté les César avec Jean-Pierre Mocky !

 

Ce soir, on s’incruste chez l’éternel râleur du cinéma français. Devant la télé, cigarillo au bec et binouze à la main, le réalisateur d’«Agent trouble» (son seul César pour le rôle de Dominique Lavanant) va mater avec nous les César. Eloignez les enfants, magnéto.

20h48 • Denisot passe à la télé avant les César 
Jean-Pierre Mocky: «J’ai jamais su pourquoi Cravenne avait créé les César. Peut-être pour l’argent. Ça ne rapporte pas grand chose à personne, je suis foncièrement contre et j’ai fini par me fâcher avec Cravenne. Je me suis fâché aussi avec Denisot. Il a peur de moi, comme Drucker, que j’ai connu quand il vendait des saucisses dans un supermarché. Comme ils sont très soupe au lait, qu’ils veulent tout contrôler, ils ont peur que je déconne. Denisot, c’est pas un mauvais gars. Il est pas méchant mais il est peureux. C’est un ami à moi. Je l’ai connu alors qu’il travaillait pour “le Journal de la bière.”» 

21h03 • Jamel apparaît en tant que président de la cérémonie
«Je suis content pour Jamel. Quand un handicapé arrive à s’en sortir, moi je trouve ça bien, déjà, au départ. Je l’aime beaucoup, on est très copains. Je l’ai connu à Radio Nova, il me faisait venir dans son émission, il m’aimait bien. Mais que ce garçon vaille des centaines de millions, je renonce à comprendre. Peut-être parce qu’il représente un passeport contre le racisme. Là, par exemple, le fait de faire président un jeune arabe, ça décompresse la situation. Les César, c’est une compétition injuste à la base. C’est pas comme des sportifs qui courent un cent mètres et qui partent tous sur la même ligne de départ. Il n’y en a pas un qui a un moteur au derrière et l’autre qui part trois heures après. Comment voulez-vous qu’un film qui a coûté 32 francs rivalise avec un autre qui en a coûté 200 millions ? Ne serait-ce que pour la publicité… En plus, tous ces types sont jaloux les uns des autres, tous à la recherche des honneurs. Ils prennent ça très au sérieux, surtout les vieux, qui veulent baiser des filles. Les honneurs, c’est les honneurs des guerriers. Ils baisent les esclaves après. Ils ont eu un prix, donc ils ont droit à un coup de bite particulier. Regardez, ils sont tout contents. Ils sont cons comme des balais ! Oui, ils sont très contents, tous ces gens-là.» 

22h29 • César du scénario original pour «Amour»
«Haneke, je ne supporte pas. Essayez de passer un quart d’heure avec lui… Essayez de passer un quart d’heure entre – allez, je vous en donne trois – Angelopoulos, les frères Dardenne, Haneke et ajoutez-y James Ivory. Ces types sont tout ce qui est haïssable dans notre métier, tout ce que n’ont pas été Fritz Lang, Welles, Tati, Chabrol, même Godard !, qui ne se sont jamais pris pour la huitième merveille du monde. Gagner de l’argent avec des films sur les camps de concentration, sur des infirmes, sur le cancer, exploiter la misère humaine et en faire de l’argent, mais c’est cracher sur les morts ! Si je faisais un film sur la Shoah, par exemple, je donnerais la moitié de tout ce que gagne aux enfants de déportés. J’ai posé la question, l’autre jour, au producteur d’“Intouchables” que j’ai croisé dans un cocktail: “Sur ces 20 millions d’entrées, qu’est-ce que vous avez donné pour aider les handicapés ?”, il était incapable de me répondre.»

 23h35 • César du meilleur réalisateur
«Vous allez voir ça va être Haneke ou Audiard. Vous pariez ? C’est toujours les mêmes. (Haneke l’emporte.) Ah, il est baisé, l’autre barbu (Audiard). Il l’a dans le cul ! Ici, tout ce que je risque d’avoir un jour, s’il me voit bien malade en train de crever, c’est un César d’honneur, le même qu’ils ont donné à Darry Cowl ou à Bernard Blier. Et à Costner ce soir. Ça me rappelle une histoire à Cannes. Je déjeunais avec Clint Eastwood, un de mes meilleurs amis, que j’ai connu dans les années 60 à Rome. Le soir même, il y avait la remise des prix. Clint avait un film dans la compèt’. Un envoyé du Festival arrive au restaurant et dit à Clint qu’il faut qu’il se prépare car il va recevoir une Palme d’honneur. Il me regarde et me demande: “Qu’est-ce que c’est que ça ?” Je lui explique. Alors le père Clint se lève et dit à son impresario, un Italien: “Ticket for the plane, subito !” Il n’a jamais toléré d’avoir un prix d’honneur alors qu’il avait un film en compétition. Un prix d’honneur, c’est comme dire: “Vous étiez bien dans le temps, alors pour toute votre œuvre, on vous donne ce cadeau-là. Mais vos derniers films, c’est de la merde, vous ne valez plus rien.”»

23h39 • César de la meilleure actrice, la caméra s’arrête sur Léa Seydoux
«Léa Seydoux, c’est moi qui lui ai donné un de ses premiers rôles (“13th Fench Street en 2007 - NDLR). J’ai voulu rendre hommage à son grand-père qui avait pris mes films (Jérôme Seydoux, président de Pathé - NDLR), pour faire plaisir. Il ne voulait pas être celui qui lui mettait le pied à l’étrier directement. C’est devenue une star, elle tourne beaucoup. Elle était bien mais, pour moi, c’était une soubrette et on en a fait une vedette. C’est le même problème que pour Cotillard ou, avant, Annie Girardot et Marlène Jobert qui, pour moi, n’étaient pas des filles destinées à être des premiers rôles. Mais elles ont réussi à représenter le public, à être assez proches des jeunes filles normales. Mais je crois que c’est Emmanuelle Riva qui va avoir le César. (C’est elle, en effet.) C’est merveilleux ! Je suis content pour elle. C’est une consécration de carrière. Elle a toujours travaillé, puis on l’a oubliée pendant vingt ans. Je la connais comme ma poche. Je l’ai fait tourner dans “Y a-t-il 

un Français dans la salle ?” On m’a téléphoné pour parler d’elle parce que je suis un des rares encore vivant à l’avoir fait tourner. Je vais l’appeler demain. Ça va passer où cette interview ? (On lui explique à nouveau que c’est pour “Technikart”.) Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est ça que j’ai pas compris.»

Propos recueillis par Sébastien Bardos.

 

Un documentaire inédit sur le tournage d'un des derniers films de notre Jean-Pierre national !

 


Moteur Psycho - Jean-Pierre Mocky - Quarks EP 3 par Graz_Style_Prod Pour son troisième épisode, Quarks a choisi de suivre l'inénarrable Jean-Pierre Mocky lors du tournage à gros budget de son dernier film. Maître ès provocation, virtuose du coup de gueule, gourou du look et Gilles de la Tourette du cinéma français, Mocky est une légende, le dernier des Mohicans. Film après film après film, rien ni personne ne peut arrêter cet hilarant lapin Duracell de 80 piges. "Moteeeeeeeeeeeeeur !"