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Laos, les doigts dans le zen

À rebours de tout ce qu’on imagine des villes asiatiques, certaines sont des havres de calme, de silence et de douceur, nous rapporte Bardos.

LUANG PRABANG
Point de klaxons incessants, de sollicitations non-stop ou de pollution. Si les tuk-tuk vous proposent la course, c’est à demi-voix, en ayant l’air de plaisanter timidement. Comme s’ils espéraient secrètement que vous refusiez. Aux antipodes de l’âpreté au gain du chauffeur thaï ou vietnamien. « Les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens l’écoutent », résumaient, pleins de sagesse et de pastis, les colons français, poètes à leurs heures. « Trop travailler est mauvais pour la tête », confirme plus prosaïquement un proverbe lao. Une nonchalance qui puise sans doute sa source dans les eaux chocolat du Mékong et du Nam Khan, les deux cours d’eau qui lèchent paisiblement la vieille ville. C’est leur confluence qui a fait de Prabang une ville sacrée, haut-lieu bouddhique s’il en est. Temples aux reflets d’or et vieilles bâtisses coloniales aux tons ocre s’y enchevêtrent dans une harmonie qui fait le charme de la ville – du gros village, plutôt, dont le centre se résume à deux rues principales. Pourtant, entre sessions chill en terrasse à regarder les bateaux, parties de pétanque endiablées avec les anciens (la boule y est presque aussi vénérée que les bonzes), massages et petits plats n’ayant rien à envier au voisin thaï (mention spéciale à l’Hibiscus Spa et au Tamarind Restaurant), grimpette du Phu Si, la colline dominant la ville, pour s’y délecter du soleil couchant, et rinçage de Beer Lao à l’Utopia, le bar to be et son terrain de volley, on a bien du mal à quitter Prabang…

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VANG VIENG
Il y a peu encore, Vang Vieng, petit village paumé au milieu du Laos devant sa renommée à ses spectaculaires falaises karstiques, était l’une des capitales de la débauche en Asie du sud-est. Des milliers d’énervés festifs, Britanniques et Australiens pour la plupart, s’y ruaient, une idée dans la cervelle : se la coller un max. Opium, ecsta, shroom… souvent vendus direct dans les bars sous forme de happy shake ou de magic pizza, avant de s’adonner aux joies de divers jeux aquatiques (descentes de rivière en bouée géante, tyrolienne, sauts en balançoire…). Deux hobbies pourtant pas forcément conciliables, puisqu’on dénombra plus de 25 morts en 2011, année apogée du grand n’importe quoi. Une hécatombe qui poussa le gouvernement à fermer la plupart des bars qui bordaient la rivière.
Si la bringue n’a pas totalement disparu (en témoigne la survivance du Sakura Bar, le troquet mythique de la station), le village a renoué avec son calme bucolique. Spéléo, canyoning, kayak, moto et même tubing (les fameuses bouées symbole des années de java) : autant de façons d’explorer la superbe région en long et en large !

LES 4000 ÎLES 
À l’extrémité sud du Laos, à la frontière avec le Cambodge, le Mékong se dilate et le reflux des eaux laisse apparaître une myriade d’îles et d’îlots à chaque saison sèche. L’une d’entre elles, Don Khone, la plus mignonne, attire plus particulièrement les backpackers du monde entier. Si la région offre de nombreuses activités – kayak, excursions en pirogue, balades dans des rizières bucoliques à tomber – on vient ici avant tout pour… ne rien faire. Juste se laisser dériver sur la terrasse sur pilotis de sa guesthouse, avachi dans son hamac, un jus de papaye à la main, à contempler le flot hypnotique du Mékong, pour finir par se demander si c’est lui qui s’épanche ou nous qui naviguons. Saluer les enfants qui se baignent en riant, converser avec les buffles, les porcs et les oies. S’imprégner jusqu’à plus soif de ce petit paradis originel, où le temps semble avoir jeté l’éponge, et dont la sérénité est telle qu’on en oublierait presque que l’hôtel a, malheureusement, le wifi.

Le Mékong, le fleuve où il faut y admirer son reflet et faire un voeu 

ORGANISER SON VOYAGE AVEC ROUTES DU LAOS
Spécialiste du voyage sur-mesure au Laos depuis près de 20 ans, Routes du Laos vous fera bénéficier de sa connaissance sans failles du terrain, pour une découverte du pays cousu main, fruit de nombreux échanges préalables dans le but d’être au plus près des attentes uniques de chaque voyageur. Implantée directement au Laos, au plus près de la vie locale, l’agence propose également différents types de circuits prédéfinis, du voyage chez l’habitant à la croisière sur le Mékong en passant par le périple gastronomique. Présent en Thaïlande, au Vietnam, au Cambodge et en Birmanie, Routes du Laos offre de plus la possibilité de circuits combinés entre les différents pays, alliant qualité des prestations et prix compétitifs.

Circuit « Premiers pas au Laos », 9 jours / 8 nuits, à partir de 997 euros par personne.
http://www.routes-du-laos.com

TEXTE ET PHOTOS : SEBASTIEN BARDOS

Technikart #207, novembre 2016




Il est 1 commentaire

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  1. Bennett

    Aussi ce proverbe
    « Le Vietnamien sème le riz,l’Indonésien le regarde pousser,le Malis l’écoute pousser,le thailandais le mange,mais c’est le <Chinois qui le vend"


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