Kas Product

Paru dans Technikart n° 61
Vingt ans après, les pionniers de l’électro pop français refont surface. Avec vingt ans de plus ou vingt ans de moins ?
Nancy, 1977 : les Damned jouent à la salle Rencontres. Résultat : cinq minutes de concert et une demi-heure de baston générale. Dans la salle, Spatz, un infirmier psychiatrique sous influence Suicide. Qui rencontre, dans une soirée punk, Mona Soyoc, chanteuse américaine d’origine argentine. Spatz bidouille, Mona chante, et tous deux s’assemblent en formant Kas Product, un des premiers duos électro pop français.
Nancy, 1979 : les Kas Product jouent à la salle Rencontres… derrière un grillage. Résultat : le mythe Kas Product est né. Les premiers 45 tours sortent, la presse anglaise les chronique, Jean-Eric Perrin les encense dans « Frenchy but chic » (« Rock&Folk ») et Hervé Bordier, le fondateur des Trans’ de Rennes, les fait tourner avec Marquis de Sade, stars nouille-wave du moment. Dans la foulée déboule à Nancy Gérard N’Guyen, futur manager-producteur-découvreur de Pascal Comelade. Qui craque sur les Kas, coproduit les deux premiers albums « Try Out » et « Pass By » et les fait entrer chez RCA. La gloire. Bernard Lenoir, fan inconditionnel, diffuse leur concert, la tournée avec Orchestre Rouge cartonne en France et, en Angleterre, Dave Stewart, devenu requin du rock-business, les couvre de compliments pour mieux repiquer leurs idées dans Eurythmics, son usine à tubes des années 80. Mona déchante, Spatz zone à Paris dans le squatt de la rue de l’Ouest, N’Guyen se barre, le troisième album, « Egoeye » (1987), ne prend pas et le couple se sépare. K.O., Kas Product ? Non, grâce à Robotini (alias Zend Avesta) qui a l’idée géniale de poser la voix de Mona sur sa bidouille électro. N’Guyen flaire le coup, réédite les deux premiers albums et sort leur tout nouveau E.P. sur son label Les Disques du Soleil et de l’Acier, en attendant leur retour sur scène pour chahuter le Nouveau Casino.




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