Et si le business « Robbie Williams » était le meilleur ?

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De retour avec un onzième album conçu comme une machine de guerre, Robbie Williams est-il la totalistar parfaite ? On est allé dernier le phénomène lors d’une conférence de presse à l’hôtel Meurice.

Jeudi 6 octobre 2016, midi. La fashion week vient tout juste de se terminer et Paris reprend son souffle. Enfin, pas tout à fait. Au Meurice, un parfum d’excitation flotte dans l’air. Les serveurs sont fébriles, des professionnels de la musique (journalistes, attachés de presse, managers, chefs de projet, etc.) déambulent nerveusement. Toute de moulures dorées et de miroirs revêtue, l’une des salles de réception du palace va accueillir Robbie Williams. Le chanteur anglais vient juste d’atterrir au Bourget, en jet privé. Le but de sa visite : présenter son nouvel album, The Heavy Entertainement Show.
L’écoute a eu lieu 48 heures plus tôt dans un bar parisien à la déco russe (premier single, « Party Like A Russian », oblige). Et il n’a pas déçu, à défaut 
de surprendre. Malgré un son grésillant, on a capté l’essentiel : une pop accessible, calibrée pour les stades mais qui ne manque ni d’air ni d’âme, avec ses ballades au piano (« David’s Song »), ses manifestes de pop épique (« Heavy Entertainment Show », « Mixed Signals », « Sensational »), ses délires glam-rock (« Bruce Lee », fantastique), une chanson pour ses deux filles, « Motherfucker » (délivrant le même message que le « Kooks » de Bowie, sauf que celle-ci a été conçue pour être reprise à tue-tête dans les stades anglais), et un élégant duo avec Rufus Wainwright (« Hotel Crazy »). Le tout supervisé et composé par Guy Chambers, le fabricant de ses méga-tubes jusqu’en 2002. L’enjeu est de taille : réussir, sous guise de simple retour aux affaires, un comeback décisif…

Car à 42 ans, Robert Peter Williams a déjà vécu plusieurs vies. Celle du petit garçon élevé par une mère poule dans le comté de Staffordshire. Celle du post-ado en crise qui, avec ses camarades de Take That, lance la vague des boys band. Celle du has-been à 21 ans, éjecté de son band pour abus d’alcool et de drogues. Et enfin, sa vie actuelle, celle qui dure depuis 1997 : pop-star propulsée à la tête des classements par le succès du single « Angels » et d’un premier album solo conçu comme une machine à tubes planétaires, Life Thru a Lens. 75 millions (!) d’exemplaires plus tard, le voici de retour avec cet onzième album, The Heavy Entertainment Show, produit par l’équipe derrière ses premiers succès…

sa plus grande qualité, celle qui devrait lui permettre de renforcer et de pérenniser son statut : savoir s’entourer de songwriters et de musiciens inconnus du grand public capables d’écrire des tubes à l’efficacité maousse en adéquation avec sa persona de « superstar next door ». En témoignent ses collaborations avec le rescapé des années 80 Stephen « Tin Tin » Duffy (qui lui composait ses morceaux pendant sa « séparation » avec Guy Chambers) ou Chaz Jankel, ex-guitariste de Ian Dury ou encore le journaliste Chris Heath, auteur de sa biographie Feel devenu le co-parolier des moments les plus auto-référentiels de ses derniers album, y compris la chanson titre du dernier. « The Heavy Entertainment Show » décrit son existence de pauvre petite popstar avec un sarcasme digne du Morrissey de 1987 : il y a cette villa à L.A. qu’il n’a toujours pas fini de rembourser, le merchandising à refourguer lors de ses prochains concerts, et ce choeur criard nous rappelant qu’il vendrait ses gosses contre un tube en Belgique… Sur une autre, « Sensational », ils décrivent les rapports forcément ambigus entre une superstar et son public … … L’intégralité de l’article dans Technikart #207, novembre 2016

SOPHIE ROSEMONT

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