DiscOccultes

Paru dans le Hors-Série Music de Technikart – 08/01/2008

LE TOP 50 DES OBSCURITES
« Quel disque inconnu ou sous-estimé doit-on redécouvrir cette année ? »
50 personnalités nous font partager leur album culte et occulte.

JOHNNY AND THE DICKS (1978)
JON SAVAGE , AUTEUR DE «ENGLAND’S DREAMING» : «Le seul et unique album de Johnny and the Dicks, une édition limitée (seulement 250 copies), une véritable déclaration artistique signée par l’écrivain, fondateur et guitariste du groupe The Electric Eels. Le vinyle comportait une seule face de carte ondulée. Sur le recto, des globules faits avec de la peinture transparente, des dessins de bites en rose glam, et le nom du groupe. Au verso, en format A4, une reproduction glacée d’une installation de Johnny and the Dicks, avec la redoutable figure de ce géant blond, John Morton, debout sur une chaise tournante, en train d’orchestrer cette expérience. Parmi les dédicaces du verso, divers anciens de la scène CLE, comme Mike Weldon, Andy Klimek, Paul Marotta et le tout juste décédé Peter Laughner. Ah, au fait, pour la musique: il n’y en avait pas.»

 

RAMMELZEE VS K-ROB «Beat Bop» (1983)
BERNARD ZEKRI , BOSS DE I TÉLÉ : «Objet musical non identifié, qui s’écoute, se regarde aussi. La pochette ressemble à ces fiches qui traînaient sur les consoles des studios, raturées, gribouillées. Elle raconte le making of, les coulisses d’un disque pas comme les autres, dessiné, produit par Jean-Michel Basquiat. Son hold-up de musique a échappé aux marchands de son, rythmé par des congas, caressé par des violons sous la voix de canard de Rammelzee, rappeur dada loufoque qui a devancé et sûrement inspiré Snoop. Pas de samples, pas de boîtes à rythmes, pas de format radio, du groove, de la respiration, une histoire de musique, d’artistes. Des musiciens qui inventent. Pur plaisir qui ne s’oublie pas.»

HOWLIN’ WOLF «This is Howlin’ Wolf» (1968)
JEAN-B APTISTE MONDINO , PHOTOGRAPHE CLIPPEUR : «Pochette blanche avec seulement de la typo noire et ce titre incroyable: “This Is Howlin’ Wolf he Doesn’t Like the Sound of Electric Guitar Either”. Le blues et le funk qui se mélangent à merveille. À faire pâlir Tom Waits et Captain Beefheart, deux grands fans du vieux loup hurlant – ils me l’ont dit. Lui, par contre, détestait cette expérience trop avant-garde et pas assez respectueuse du vrai blues, tentative de Chess Records, en 1968, pour répondre a l’invasion sur le sol US du british blues (Stones, Clapton, Yardbirds). J’ai usé ce disque jusqu’à la moelle et quelques saphirs pendant une bonne dizaine d’années. Puis le punk et les années 80 ont eu raison de mes vinyles de blues, je les ai laissés derrière moi. Et brusquement, en remplissant mon iPod il y a deux ans, j’ai été pris d’une folle envie de retrouver ce son. Impossible de trouver ce disque, même pas listé dans sa bio. J’ai fouillé les magasins à L.A., appelé des amis fans et collectionneurs de blues qui avaient un vague souvenir de cet album. Nada… Nothing sur eBay… J’ai même pensé que ce disque n’avait jamais existé et qu’il était un pur fantasme. Jusqu’à un miracle ! Un ami à L.A. connaissait un ami qui connaissait un ami qui pourrait me faire une copie sur CD. Et je me suis replongé dans ce son si particulier. Howlin’ Wolf avait tort: c’est un putain de grand disque de blues ! Cette fois, même si je suis raide dingue de l’électro et de l’année 2008, je ne laisserai pas ce CD derrière moi. Je l’ai sauvegardé, copié, distribué, partagé.»

NEUTRAL MILK HOTEL «In the Aeroplane Over…» (1998)
DOUGLAS COWIE, ROMANCIER PRO ROUFLAQUETTES : «Une sorte d’album conceptuel à propos d’Anne Frank – enfin, pour partie –, un peu à la manière de Philip Roth dans “l’Ecrivain des ombres”. Ça ne vous avance peut-être pas… Musicalement, c’est un cocktail classieux de cacophonie et de mélodies et, au niveau des paroles, Neutral Milk Hotel mêle à loisir sexe, mort, terrains de caravaning et, hum… Anne Frank. Il faut avoir ça dans sa discothèque pour comprendre ce que je raconte.»

D.A.F. «Alles Ist Gut» (1981)
XAVIER VEILHAN , ARTISTE : «À la fin des années 70 et au début des années 80, il y avait trois groupes culte: Suicide, Kraftwerk et Deutsch-Amerikanische Freundschaft. Les deux premiers sont souvent cités comme des influences primordiales des musiques des trente dernières années. Mais D.A.F. est resté plus obscur. Pourtant, tout est dans “Alles Ist Gut” (1981) : sensibilité romantique, minimalisme synthétique, radicalité politique et énergie dancefloor.»

CLIFF MARTINEZ «B.O. Solaris» (2002)
DIDIER LESTRADE , ÉCRIVAIN À LA CAMPAGNE : «Steel drums. George Clooney in space. Permafrost sonore. Tout le monde connaît le film de Steven Soderbergh, un échec commercial. C’est pour ça que la B.O. composée par Cliff Martinez est si rare. Connue par tous, possédée par personne, une combinaison létale, une impression sentimentale. On sort de “Solaris” sonné par cette bulle musicale qui ressemble à une prolongation du merveilleux “Love on A Real Train” de Tangerine Dream pour “Risky Business” (1983). Le problème, c’est que le CD est difficile à trouver ou à pirater. Sur Amazon, les premiers prix commencent à 69 €. Sur le site officiel de Superb Records, les quatre copies commencent à 40 $. Sur eBay, certains prix montent à 89 €. Trop cher pour un adepte de la décroissance.»

BRAINTICKET «Cottonwoodhill» (1971)
ROMAIN TURZI , LEADER DE TURZI : «Groupe paneuropéen fondé par Joel Vandroogenbroeck et composé de membres français, belges, et italiens. Ce premier album incarne à la perfection l’idée de musique-drogue. À ma connaissance, personne n’a aussi bien illustré le dérapage subi par le cerveau jusqu’ici. Sur fond de Hammond salace (à en faire pâlir John Lord) et de collage irrévérencieux (“Boléro” de Ravel, brossage de dents, bris de verre, accident de voiture), Carole Muriel (l’équivalente de Gilly Smith qui faisait les deuxièmes voix dans Gong) nous décrit la méthodologie de l’acte. Brainticket part. 1: décollage, mise en condition. Part. 2: voyage, confusion des sens. Part. 3: descente aux enfers. Attention, à ne pas mettre entre toutes les mains et à classer entre “Metal Machine Music” de Lou Reed et “Autobahn” des Beach Boys de Düsseldorf.»

IM BUCKLEY «Starsailor» (1970)
NICK KENT, EX-SEX PISTOLS AVANT QU’ILS N’EXISTENT : «Tellement confidentiel qu’il n’a jamais bénéficié d’une réédition officielle en CD, cet album de 1970 est l’œuvre de Tim Buckley, chanteur-compositeur américain peut-être encore plus doué que son fils, Jeff. “Starsailor” n’est pas seulement le meilleur album de Buckley père, mais aussi l’une des plus audacieuses réussites jazz-folk de ces cinquante dernières années. Incluse, la chanson la plus “fameuse” de Tim Buckley, “Song to the Siren”.»

PERE UBU «Dub Housing» (1978)
NICOLAS BOURRIAUD, COMMISSAIRE DE LA TATE TRIENNIAL : «La new wave d’Akron, Ohio. Tous leurs disques sont bons – du moins jusqu’en 1982, comme ceux de tout le monde –, mais de celui-ci émanaient des genres mutants: le reggae vaudou, le rock d’aquarium, le punk postindustriel, le groove minimaliste… David Thomas, chanteur-éléphant de mer, chante les immeubles qui s’écroulent, tandis que le guitariste fait des points de croix sur des nappes de synthés acides, soutenu par une basse en forme d’algue. C’est inouï. Il y a même un hit oublié sur ce disque: “On the Surface.” Leurs seuls successeurs aux USA ? Dans les 90’s, The Egg. Une autre histoire.»

LES COQUETTES «Le garçon dont nous rêvons» (1968)
PATRICK EUDELINE, GARDIEN ANTI-ÉLECTRO : «Les Clodettes. Oui. Les mêmes. Dans leur adaptation de la chanson pop ultime “Can’t Take my Eyes Off you“. Et qui ont sorti cette chose dans l’insuccès le plus glorieux. On aurait pu attendre cela des Flechettes, choristes de l’affreux patron, émanation des cultissimes Gam’s et responsables de quelques chefs-d’œuvre. D’ailleurs, chez Cloclo comme chez Spector, on ne sait jamais vraiment qui chante quoi et il est possible que… En tout cas, la chose est une splendeur. Reparata and the Delrons rencontrent Bacharach. Tout y est: l’atmosphère et l’arrangement, les violons sur la descente d’accords ultime, les vagues d’écho, l’orchestration… Du pur 1968. Hautement sophistiqué. Il y a une tristesse làdedans, un parfum d’inachevé. Le drugstore des Champs va brûler mais on ne le sait pas encore : les grandes chansons sonnent toujours comme un crépuscule.»

MILLIE JACKSON «Caught Up» (1974)
ANAÏS CARAYON , «BRAIN MAGAZINE » : «J’habitais à New York depuis deux ou trois jours, j’avais 20 ans et je me sentais seule au monde. Dans une brocante à ciel ouvert sur la 6 e avenue, un mec très laid vient se coller à moi pour me convaincre d’acheter ce disque. Ça dure quinze minutes. Il est à 3 $, je me décide à l’acheter juste pour le faire taire. J’ai jamais autant pleuré en écoutant un album. Millie Jackson est mon héroïne, ce vilain monsieur, mon héros.»

THE LORDS OF THE NEW CHURCH «Is Nothing Sacred ?» (1983)
SAMUEL ETIENNE , «N’ AYONS PAS PEUR DES MOTS » : «À l’époque, on en parlait comme d’un son “sonique, pré-wave et postpunk”. J’avais 14-15 ans, je regardais “les Enfants du rock” tous les week-ends. Le son de “Dance With me” m’avait marqué: presque trop clean vu l’image destroy du groupe, mais avec deux-trois choses bien décalées, notamment la voix du chanteur, décédé d’ailleurs en 1990 à Paris, renversé par une voiture place de la République. Les “Lords” ne sont, par manque de chance, jamais vraiment sortis de l’ombre. Il faut leur rendre justice, en réécoutant notamment “Dance With me”, ou alors leur reprise très perso de “Like a Virgin” qui se termine par un énorme… rot.»

JONATHAN RICHMAN «Back in your life» (1979)
CLARO , TRADUCTEUR SUPERSTAR : «Comment justifier Richman ? Désespérer Billancourt ? Relire Aloysius Bertrand ? La vie est trop courte pour repeindre en rouge les pavés qu’on a oublié de balancer.»

HACKAMORE BRICK «One Kiss Leads to Another» (1970)
RICHARD MELTZER, PREMIER DES GONZO ROCKCRITICS : «Choisir un album ? UN ? Et pourquoi pas plusieurs ? “The Dictators Go Girl Crazy.” Le premier Nils Lofgren, “Grin”. Michel Pagliaro, “Time Race”. The Chimps, “Live at the Safari Club”. Grateful Dead, “Terrapin Station”. Hackamore Brick, “One Kiss Leads to Another”. Le troisième Moby Grape (peu importe son titre). Les petits plaisirs, quand ils arrivent au bon moment, sont de très grands moments. Quand ils sont à l’intersection du rituel modeste et de l’occasion impromptue. Ou un truc comme ça. Si je ne les réécoute pas, eh bien, il me manquera vraiment quelque chose.»

MAGAZINE «The Correct Use of Soap» (1980)
GUY TOURNAYE, ÉCRIVAIN SOUS «RADIATION » : «Petit bijou postpunk porté par le chanteur Howard Devoto (ex-Buzzcocks) et le guitariste John Mc Geoch (futur Siouxie & the Banshees). Issu de Manchester comme Joy Division (voir le film “24 Hour Party People”), ce groupe pionnier de la new wave se distingue par la qualité de ses textes, corrosifs à souhait, et l’originalité des ses compositions, à la fois énergiques et inspirées. À écouter en priorité: l’incandescent “Because you’re Frightened” qui ouvre l’album, le cultissime “Songs from Under the Floorboard” avec sa ligne de basse imparable, “You Never Knew me”, ballade faussement acidulée, et surtout “Thank you”, reprise du tube funk de Sly & the Family Stone tout simplement phénoménale.»

SECRET CHIEFS 3 «Book of Horizons» (2004)
ARIEL WIZMAN, DJ : «Look incroyable, maîtrise des arrangements rare, textes renversants. Difficile de décrire ce qui s’agite obscurément sous la musique de ce groupe composé d’anciens de Mr Bungle. Des références sufi, maçonniques, haschischines et une musique dans laquelle Ennio Morricone, la Perse, le tango et le noise s’enlacent rageusement. Inspiré par l’œuvre de Hakim Bey, Secret Chiefs 3 est au rock américain ce que Borges est à la littérature mondiale.»

AVIA «I See that Now» (2002)
DIDIER VARROD , «ELECTRON LIBRE » DE FRANCE INTER : «Un album dont je n’ai jamais eu la vraie pochette, mais qui est bien sorti dans le commerce public. Un truc qui commence par un bling de fermeture de porte de train à grande vitesse. Voyage, voyage sans désir ? Un album qui devait peut-être changer la face du monde de l’électronique. Entre variét’, mélo et machines qui chialent et qui font chialer. Le disque qui rend amoureux avant de l’être, qui persuade que l’on est amoureux quand on est tombé. Aïe, ça fait toujours mal d’être vivant par la musique. Un piano, une boucle vintage, des nappes pleines de poudre de MDMA, réminiscence du meilleur de l’hypnose mélodique ”warm”, des morceaux qui portent la meilleure façon de marcher dans le sens de la hauteur, comme si je pouvais être en jet lag permanent arraché à ma propre réalité. Le trip hop fut au XXe siècle une musique bourgeoise pour l’exception design. Au XXIe siècle, on peut déterrer ces onze petits pavés de la mélancolie absolue pour y trouver la plage. La musique a toujours à voir avec les larmes. Pierre Avia fut compositeur de cette caresse éternelle. Le disque s’appelle toujours “I See that Now”. Je vois bien maintenant que cet album est mon île déserte.»

ERIK SATIE «Musique d’ameublement» (1917)
GUSTAVE RAMBALI, CHANTEUR DES NAAST : «Après avoir inventé la techno avec “Vexations” en 1895, un motif à répéter 840 fois à la suite, Erik Satie suggère le lounge avec sa “Musique d’ameublement” en 1917. En fines gouttelettes de mercure, ces mélodies huileuses ont pour fonction d’enlacer et d’atténuer le son des couverts sur les assiettes, des nappes qui se froissent, des coups sur le carrelage. Cette musique papier peint vient doucement se glisser entre les jambes du bruit ambiant, tantôt pour se mêler à la conversation, tantôt pour combler les vides.»

RANUS BRUYANT «Yac’h Mat» (2003)
GERMAIN HUBY, «GERMAIN FAIT SA TÉLÉ » SUR CANAL : «Ils sont huit. Le genre: fanfare jazz funk. Je les ai rencontrés au festival le Chaînon manquant, à Cahors. Et j’ai craqué pour leur univers. Ces gars-là pourraient être les rejetons de James Brown et d’une pom pom girl. C’est groove, festif, inventif, joyeux… Dans ma cédéthèque, cet album est un ovni, ce qui est plutôt bon signe. Pour un premier film, je ne dirais pas non à une collaboration.»

RIZ ORTOLANI «B.O. Cannibal Holocaust» (1980)
OLIVIER CACHIN, DICTIONNEUR DU RAP : «Ce film a traumatisé une génération. Mais qui se souvient que l’auteur de sa B.O. était le grand Riz Ortolani, cité à l’Oscar pour la musique de “Mondo Cane” en 1962 ? Le maestro italien s’est surpassé pour illustrer les images extrêmes filmées en Amazonie par Ruggero Deodato. Le thème du générique exhale un parfum de vice, avec ses violons faussement sirupeux qui montent en un crescendo d’une totale magnificence. Quelques musiques sont de pures créations électroniques oppressantes, mais la grande majorité du score est luxuriante et orchestrée avec finesse, en contraste absolu avec les scènes insoutenables de ce film culte. Respect au Klub des Loosers, seul groupe à ma connaissance à avoir samplé cette B.O. d’une beauté vénéneuse. Riz is God !»

IT’S IMMATERIAL «Life Is Hard And Then…» (1986)
PHILIPPE VANDEL, «PIF PAF » SUR PARIS PREMIÈRE : «Même dans leur rue de Liverpool, personne ne connaît It’s Immaterial. Ils ne sont que deux dans ce groupe. On dirait les Gilbert and George du son. Des Anglais qui n’ont sorti que deux CD, deux merveilles dont le premier est une pépite. De la pop inclassable qui préfigure Radiohead ou Air, avec des instruments partout et du boucan nulle part. Du banjo là où il faut pas, de la trompette désabusée, des violons joyeux. Treize chansons, pas une à jeter. Il y a aussi des boîtes à rythme, des tempos latins et ce morceau énorme, “Space”, qui réussit l’exploit musical d’être mélodieux avec une seule note de basse, la grosse mi : Toum… Toum… Toum… Le titre de ce chef-d’œuvre, sorti en 1986, en est un à lui seul: “Life Is Hard And then you Die”, la vie est dure et après tu meurs… C’est ce qui est arrivé à It’s Immaterial, quatre ans plus tard.»

MORRISSEY & SIOUXSIE «Interlude» (1994)
ALAN PAULS, ÉCRIVAIN ARGENTIN SURDOUÉ : «Ce n’est qu’une chanson, avec une “extended version” et une instrumentale. Le duo le plus bizarre et miraculeux de la pop. En fait, ils ne se connaissaient pas avant et ils ne se sont plus jamais revus. Romantisme, langueur, deux voix solitaires, presque autistes, qui se cherchent en chantant. C’est très rare et ça marche étrangement.»

PIPILOTTI RIST «Wicked game» (1995)
LOUISE BOURGOIN, ANTICYCLONE DU «GRAND JOURNAL» : «Une reprise par une artiste contemporaine que j’admire. Ce morceau faisait partie d’un quatre-titres fourni avec un catalogue d’exposition aujourd’hui assez dur à trouver. J’ai choisi les quelques secondes du morceau où elle hurle pour mon message de répondeur. Sinon, je trouve très drôle “l’Amour à plusieurs” d’Ann Sorel, “les Nuits d’une demoiselle” de Colette Renard et “le Cœur au bout des doigts” de Jacqueline Taieb.»

PLAYBOYS «Playboys» (1984)
PATRICK SCARZELLO, ÉCRIVAIN DANDY BORDELAIS : «Live 77 à Nice jusqu’à MySpace best, les Playboys ne m’ont (et ne se sont) pas quittés. Le LP éponyme trône sur la pile, référentielle évidence néo-60’s hautes: “La tête à l’envers”, must rebelle à la Ronnie Bird/Dutronc; c-i-n-g-l-a-n-t dans le juke-box mental, à jamais.»

BOUKAN GINEN «Jou a rivé» (1995)
PATRICK LÉON-EMILE, VERSION ORIGINALE D ’ALIGRE FM : «J’aime l’authenticité de la voix d’Eddy François. Dans “Edé m chanté”, elle transmet une énergie fortifiante et semble enracinée dans la terre de cette partie d’Haïti que l’on nomme le pays “en dehors”.»

CORONADOS «N’importe quoi… Et plus», «Un lustre et plus…» (1984)
LAURENCE ROMANCE, JOURNALISTE «P LAYBOY » : «Dans “Best”, en 1984, extraits: “De la classe, du goût, l’indispensable distance, les seuls à provoquer aujourd’hui une telle passion, un groupe déjà mythique.” Dans “Libération”, en 1989, extraits remaniés: “Précieux groupe français… son comateux… ont encouragé plus de vocations qu’ils n’écriront de chansons… nihilistes… s’en foutent.” Dans “Technikart”, en 2008: persiste et signe.»

BADEN POWELL «Samba da bençao» (1964)
JEAN TOUITOU, MONSIEUR A.P.C. : «Je n’écoute pas de musique en ce moment, je ne sais pas où les gens trouvent le temps pour écouter de la musique. J’essaye d’en jouer, j’essaye de jouer en ce moment “Mystery Train” dans sa version originale (je crois Little Parker Junior) et suis en plein dans ce mystère. Et puis faire le malin sur une trouvaille trop forte, tellement forte que personne ne la connaîtra, en plus pour demain soir, c’est au-dessus de mes forces. Oui, bon, j’écoute “Samba da Bençao” de Baden Powell de temps en temps, et beaucoup Joy Division, parce que ça m’avait échappé – je suis incapable de dire pourquoi.»

BARBRA STREISAND «Greatest hits» (1970)
CHUCK PALAHNIUK, ÉCRIVAIN DU «FIGHT CLUB » : «Si j’avais été complètement vénal, je vous aurais suggéré la chanson que Brad Pitt a enregistré pour le film “Fight Club”. Ce titre est une sorte de slam-rap mêlé à de la musique techno intitulé “This is your Life”. Les paroles sont issues de mon roman et me permettent de toucher 0,50 cent pour chaque passage radio. Ça doit me rapporter 50 $ par an – ce qui doit faire 3 €, c’est ça ? Non ? Je suis nul en chiffres…
Sinon, mon écrivain-héros, Ira Levin (récemment décédé), qui a écrit un million d’excellents bouquins et pièces (“Un bébé pour Rosemary”, “les Femmes de Stepford”, et tant d’autres putains de livres), a également signé une chanson de génie: “He Touched me”. C’est devenu un immense succès de Barbra Streisand – qu’on retrouve sur son best of – qui a illustré pendant des décennies les spots TV pour les parfums Coty. Fuck this book writing shit, I want to suck at the tit of a hit song…»

WHITE NOISE «An Electric Storm» (1969)
STÉPHANE SEDNAOUI, PHOTOGRAPHE CLIPPEUR : «Cet album a été pour moi une énorme influence. À partir de 5 ans, j’ai grandi en écoutant cette musique psychédélique-hallucinogène et je pense que c’est grâce à ce disque et aux visions qu’il m’offrait que je n’ai jamais eu recours aux drogues ni à l’alcool pour délirer: j’étais tombé dedans quand j’étais petit et je ne suis jamais remonté.»

THE BYRDS «Sweetheart of the Rodeo» (1968)
MATHIEU BERENHOLC, MANITOU DE «VICE MAGAZINE» : «Leur sixième album. En mars 68, McGuinn et Hillman sont déjà des pop stars bouffies. Ils viennent de laisser partir Crosby et passent le plus clair de leur temps à faire du gras en bouffant du LSD dans la piscine de leur cabane de luxe à Laurel Canyon (Los Angeles). Ils rêvent d’enregistrer un album total à la “Sergent Pepper’s”, un truc définitif qui revisiterait l’ensemble de l’histoire de la musique américaine. À la place, et sous l’influence de Gram Parsons, guitariste et chanteur junkie, ils vont enregistrer un machin bizarre pour l’époque: un disque de pure country, avec du banjo et des mandolines bluegrass, des guitares steel et du piano honky tonk, et puis surtout, des harmonies à trois voix. Quasiment que des reprises de classiques du répertoire redneck – plus deux Dylan inédits, un tube Stax et trois compositions de Parsons. Des histoires de bouteilles vides et de cœurs brisés, de cow-boys tristes et de rédemption chrétienne. Les hippies n’aiment pas la country, ils pensent que c’est une musique fasciste. “Sweetheart…” est le plus gros ratage commercial des Byrds, mais c’est un joli disque de musique américaine classique.»

SONIC YOUTH «Goodbye 20th Century» (2000)
YANNICK HAENEL , ÉCRIVAIN SOLLERSIEN : «En marge des albums officiels, Sonic Youth publie depuis 1997, sur un de ses propres labels, des expérimentations électro-acoustiques. S’invente un territoire sonore où les dissonances créent des sauts d’harmonie inouïs. Densité noisy, stridences d’envol. Intensités suspendues. “Mieux: de corrosion” – c’est le titre d’une des improvisations. Ce sont des disques d’extase libre qui explorent, loin de la pauvreté du rock, les richesses de la musique contemporaine, en particulier l’extraordinaire double album “Goodbye 20th Century”, où le groupe joue du John Cage ou du Yoko Ono.»

THE PALE FOUNTAINS «Pacific Street» (1984)
NICOLAS PLOMMÉE, RÉALISATEUR DE «PARIS SANS PITIÉ NOUS APPARTIENT» : «Vingt ans après les Beatles, vingt ans avant The Coral, le meilleur groupe de Liverpool des années 80 s’appelle The Pale Fountains. Sous influence Love, Burt Bacharach, John Barry et bossa nova plutôt que Doors ou Bowie, “Pacific Street”, le premier de ses deux albums, a juste le malheur de sortir en février 1984, un mois avant celui d’un quatuor de Manchester (cité rivale voisine de cinquante kilomètres): The Smiths. Rebaptisés Shack, et magnifiés en 1992 par le documentariste Jérôme de Missolz dans “You’ll Never Walk Alone”, Michael Head et son frère John reviennent en tant que The Pale Fountains pour deux concerts à Liverpool et Londres début février 2008. Excitation ! Angoisse… Communion ?»

NUSRAT FATEH ALI KHAN «Concert à Paris» (1985)
SÉBASTIEN THOEN, MEMBRE D’ACTION DISCRÈTE : «J’ai découvert Nusrat grâce à un ami, il y a plus de dix ans. Le côté religieux ne m’a jamais concerné, c’est sa voix, l’harmonie avec les percussions et, surtout, la formidable énergie qu’il dégage avec ses musiciens qui m’ont tout de suite fasciné. J’ai ensuite écouté tous ses albums, dont le très bon “Mustt Mustt”, né de sa collaboration avec Peter Gabriel. Ce concert tient une place particulière dans mon cœur car Nusrat est véritablement en transe et parvient facilement à me la transmettre. Il dialogue avec les dieux, c’est presque trop intime pour le partager avec plusieurs personnes.»

THE PASTELS «Illuminati» (1998)
ARNAUD VIVIANT, ÉCRIVAIN CRYPTO COMMUNISTE : «En 1998, ils sont tous là pour remixer les Pastels, le cultissime groupe de Glasgow, inventeur de la noisy pop “glandue”: Kid Loco, Cornelius, Jim O’Rourke, Stereolab – ah, que j’aime les premiers Stereolab – sans oublier My Bloody Valentine, Kevin Shields entamant là une carrière qui va le conduire à plusieurs chefs-d’œuvre parasites – son remix de “Autumn Sweater” pour Yo La Tengo, à titre d’exemple parfait. Un pont est jeté entre deux univers indifférents jusque là l’un à l’autre: le rock sale déjeté et les boucles des studios hypnotiques. Plus que de simples remixes, il s’agit là de réécriture où les Pastels font figure de drôles de palimpsestes. La palme allant à My Bloody Valentine pour une appropriation savante du morceau “Cycle” en une espèce de symphonie relaxante où Annabel Wright chante comme la plus grande divinité slacker, enfonçant toutes les Cat Power du pauvre monde.»

POSITION NORMAL «Stop Your Nonsense» (1999)
SIMON REYNOLDS, ÉCRIVAIN POSTPUNK : «Cet album est mon favori de l’année 1999, et c’est surtout grâce à lui que j’ai de nouveau réfléchi au postpunk. Il renvoie aux bizarreries excentriques très do-it-yourself que John Peel passait dans son émission, au BBC Radio Show de 1979: des groupes comme Family Fodder et And The Native Hipsters. J’ai écouté “Stop your Nonsense”, et j’ai écrit “Rip it Up and Start Again”. Je suis furieux que Chris Bailiff, le mec derrière Position Normal, n’ait pas reçu les louanges qu’un groupe comme The Beta Band a récolté. Peut-être parce que sa musique est plus basée sur des samples, mais il sait pourtant composer des mélodies poignantes. Il y a de vraies chansons, avec des paroles pleines d’esprit. Son travail sur les collages sonores, sur les samples et les voix – des matériaux de récupération qu’il semble avoir chopé au marché aux puces du coin – est très inventif. Et il insuffle de la nostalgie en ajoutant beaucoup de voix d’enfants. Le côté absurde de l’ensemble est très british, à situer entre les débuts de Saint Etienne et les enregistrements plus récents des marginaux de chez Mordant Music, Ghost Box Label et Moon Wiring Club…»

IDAHO «Year after Year» (1993)
BAYON, ROCK CRITIC LIBÉRÉ : «Personne peut-être n’a réussi comme l’aimable jeune yuppie névrosé (pléonasme) des collines de Bel Air à la sexualité amorphe concerné à faire tomber aussi bien le rock en poussière. Parce que j’ai mis une dizaine d’années à comprendre que la pochette géographique de leur premier album (l’alter ego douteux de ces débuts a rapidement été interné) constituait une pure vanité moderne (forme de crâne tramant imperceptiblement la chose) et qu’à la réécoute, ce matin avec une migraine ancienne terrible (térébrante diraient Rolin et consorts malrussiens) ou hier, cela reste inégalable de stupeur vaincue, d’abattement superbe.»

SLIM HARPO «The best of» (1969)
LECH KOWALSKI, CINÉASTE PROTOPUNK : «La lumière au cœur de cet album me rend profondément mélancolique. Je l’écoute dans ces moments où j’en ai besoin: il me rappelle ce que l’Amérique a de mieux. Ce blues n’est pas dénué d’humour, et ce genre de sonorité rend ma douleur un peu moins douloureuse.»

THE LAFAYETTES «Nobody but You» (1962)
JEAN ROUZAUD, PAS SI «NEW WAVE » : «Je pense à la mystérieuse Ima Sumac, ou à Ertha Kitt, style inca ou vaudou dans les années 50, ou le rockeur Neil Sedaka avec « Oh, Carol !”. Une espèce de ritournelle rockabilly façon lolita (autour de 1959), ou aussi Joey Dee avec les Starlighters, un groupe club très speedé et électrique (vers 1963), ou les Lafayettes avec “Nobody but You”, tube ultramoderne, comme Matt Lucas et son “I’m Movin on“: des trucs pré-jerk, modernes et minimalistes.»

FIELD MICE «Snowball» (1989)
LOUIS-HENRI DE LA ROCHEFOUCAULD, «TECHNIKART» : «1987: les Smiths splittent sans laisser d’héritiers. 1988: place aux ecstas, c’est le “summer of love” acid house à Manchester. L’indie, c’est fini ? Non, en novembre, premier single d’un petit groupe de Londres, The Field Mice. En trois ans, ils sortiront trois albums remplis de chansons splendides, très mélancoliques (“This Love Is Not Wrong”, ”If you Need Someone”…). Ils se séparent en 1991, l’année du “Saga Africa” de Yannick Noah. Cette fois-ci, c’est cuit: l’indie, c’est bien fini.»

ANGEL MAIMONE ENTREPRISE «Faux Semblants» (1983)
FRÉDÉRIC BONNAUD, CHRONIQUEUR À EUROPE 1: «La rencontre de la french new wave et du théâtre de Bailly/Lavaudant. Et la bande-son d’un spectacle mythique: “les Céphéides”, à Avignon, dans la cour d’honneur du palais des Papes. Une poignée de maxi, un Bobino presque vide – mais j’y étais ! – deux albums, trois petits tours et puis s’en vont…»

PYLON «Gyrate» (1980)
BESTER LANGS, DU SITE «GONZAÏ » : «Alors que Ian Curtis s’est pendu à peu près 200 056 fois dans les 456 salles de cinéma célébrant le “Control” de Corbjin, James Murphy exhume sur DFA les restes de la période froide et rend à la modernité sa part d’authenticité. “Pylon, groupe d’Athens, Etats-Unis, cherche postérité new wave”, peut-on lire en épitaphe. Inconnu trente ans après sa création, Pylon prend tout son sens en 2008. Rites, borbo’rythmes et chant Mister Freeze. Mais l’époque n’est pas au revival, elle est juste bleue timide. La couleur des danseurs qui s’ignorent en disco-wave sous le feu des boules à facettes rigides.»

JOHNNY HARRIS «Movements» (1970)
BORIS BERGMANN, BABY ÉCRIVAIN : «Vite, je viens de récupérer l’album, mon eMule tourne à fond, les barres vertes apparaissent comme des champignons hallucinogènes. Un connard m’a bloqué les fichiers du best of japonais des Beach Boys, je me prends pour Ulysse de Joyce et d’Homère réunis et je lui envoie un cheval de Troie pour me venger ! MSN clignote à droite de l’écran, j’ai oublié mon mot de passe Facebook et je n’ai toujours pas écouté le disque qui s’empile dans “Mes Documents”. J’ai reçu trois mails sur mon iPhone (qui n’arrête pas de sonner d’ailleurs), mon iPod est déchargé ! Merde, je suis à la bourre, pas le temps de chroniquer l’album. En plus, je suis sûr qu’il n’y aura plus de Vélib’… C’est donc ça la modernité ?»

KING TUBBY & FRIENDS «Dub Like Dirt» (1975-1977)
BRUNO BLUM, ÉCRIVAIN «DOC REGGAE » : «En 1939, le saxophoniste américain Coleman Hawkins inventait le principe du remix en recyclant la suite d’accords de “Body and Soul”, sur laquelle il improvisait une mélodie nouvelle. Trente ans après ce tube jazz très marquant, le Jamaïcain King Tubby déconstruisait les enregistrements reggae des jazzmen de Kingston en improvisant d’incroyables remixes des hits du moment. Avec les premiers magnétos multipistes il inventait le dub, l’art d’improviser des performances de remixage radical. Ses fulgurants dubs pionniers restent insurpassables et indispensables. Avec des bribes de voix d’Horace Andy, Johnnie Clarke…»

GEORGE HARRISON «Extra Texture» (1975)
JACKY JAKUBOWICZ, «DOCTEUR JACKY ET MISTER ROCK » : «Je suis un fan des Beatles. Ce disque est sorti en 1975 mais il n’a pas vraiment marché. C’est pourtant un très bel album, assez minimal, voix-guitare. Je le réécoute une fois tous les deux mois. C’est un plaisir solitaire, teinté de nostalgie, qui me permet de me replonger dans mes souvenirs de jeunesse, lorsque j’étais attaché de presse pour Serge Gainsbourg.»

BOBBIE GENTRY «Touch’Em With Love» (1969)
NICOLAS UNGEMUTH, «ROCK&FOLK » : «On la connaît pour “Ode To Billie Joe”, mais c’est celui-ci le meilleur. Un enfer de soul blanche à la sauce Nashville, strictement sudiste. Dont reprises de Bacharach, Jim Webb, Brenda Holloway, etc., avec, par-dessus le marché, les propres compositions de la panthère enkhôlée, dont un tétanisant “Seasons Come, Seasons Go”. Le frère jumeau, en plus rustique, du “Dusty In Memphis” – sorti cette même année 1969 – avec lequel ce disque énorme partage un “Son of a Preacher Man” super frappé. Humide.»

STIFF LITTLE FINGERS «Nobody’s Heroes» (1980)
NIKOLA ACIN, AUTEUR DE «QUI A TUÉ ELVIS ?» : «On ne parle guère de Stiff Little Fingers dans les listes des plus grands disques de l’ère punk. Trop provincial pour la presse anglaise, le quatuor de Belfast se voulait la réponse nordirlandaise au Clash, et s’est hissé au niveau de ses maîtres en 1980 avec son deuxième album, “Nobody’s Heroes”. Ce bijou de punk-rock abrasif, éperdument sincère et férocement mélodique est passé inaperçu dans une époque qui basculait déjà dans le postpunk synthétique. Mais sa simplicité imparable et son étourdissante énergie juvénile le rendent désormais intouchable et éternel.»

GRUPPO DI IMPROVVISAZIONE NUOVA CONSONANZA «The Feed-Back» (1970)
CLOVIS GOUX, DIRTY ET «TECHNIKART » : «À la fin des années 60, Ennio Morricone décide de former avec des collègues compositeurs (Franco Evangelisti, Roland Kayn, Mario Bertoncini, Ivan Vandor et John Heineman) le GDINC (dit “le Groupe”) afin d’explorer de nouveaux espaces musicaux. Improvisations, dissonances, bruits blancs et séquences électroniques sont au programme. Parmi la poignée de disques publiés par le groupe (dont la B.O. démoniaque de “Gli Occhi Freddi Della Paura”), “The Feed-Back” est le plus dément car réconciliant en trois morceaux hallucinés James Brown, Ravi Shankar et Stockhausen. Morricone prouve qu’il est sans conteste le plus grand compositeur du XXe siècle.»

THE PALE FOUNTAINS «Pacific Street» (1984)
CHRISTOPHE PAVIOT, ÉCRIVAIN BEAU BLOND : «Sublime album de bout en bout qui aurait mérité de passer plus franchement la Manche. Les frangins Michael et John Head ont ouvert la voie aux Smiths, carrément ! Leurs mélodies et influences hyper riches rappellent le “Forever Changes” de Love, autre sublime album oublié. La semaine dernière, comme un con, je me suis offert le vinyle de Pacific Street chez mon disquaire Plus de Bruit. J’avais eu la mauvaise idée de le revendre avec tous mes vinyles quand le CD a débarqué. Mais le 2 février prochain, je vais me rattraper en allant les voir en concert à Liverpool pour l’anniversaire des 25 ans du groupe. Yes.»

MODERNE «L’espionne aimait la musique» (1981)
THE HACKER, COLD WAVEUR DU FUTUR : «Ces dernières années, bon nombre de groupe électros francais des années 80 ont été réedités: Kas Product, Deux, Guerre Froide… Il y en a néanmoins un qui a été oublié: Moderne, un groupe qui est l’auteur de deux albums maintenant hors de prix pour les collectionneurs. Moderne, c’est la perfection électro-pop. Si on veut s’amuser au jeu des comparaisons, il est plus proche de Kraftwerk et des premiers Depeche Mode que de Jacno, par exemple. À checker sur cet album, le morceau “Dilemma”, déjà presque “minimal”.»

RAINCOAT «It Came in the Night» (1976)
BENOÎT SABATIER, AUTEUR DE «NOUS SOMMES JEUNES, NOUS SOMMES FIERS» : «Découverte de ce morceau au cinéma: il sert de bande-son pour un film foireux de Kenneth Anger, “Rabbit’s Moon”. Une bombinette à cheval entre deux eaux, entre la pop baroque de Paul Williams (“Phantom of the Paradise”), et la disco glam des Sparks (période Moroder). Le compositeur: Andy Arthurs. Avant ce single, ce sympathique moustachu avait enregistré un bon album sous ce même nom, A Raincoat (“Digalongamacs”) ; il semblerait qu’il ait également bossé comme ingénieur du son pour Bryan Ferry. Après, il sortira deux 45-tours sous son vrai patronyme, qui marchoteront mollement. Il produira également des groupes punks, postska et new wave. Ce n’est alors déjà plus de son âge: il devient prof de musique. Le jour. Mais quand vient la nuit ? Rendez-vous sur la lune avec une lapine ?»




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