Chronique d’une étudiante à Paris Panthéon Sorbonne en licence d’Histoire de l’Art. 

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Depuis quelques semaines, les soubresauts de la contestation estudiantine agitent les facultés. L’autoproclamée « Commune libre autogéré de Tolbiac » (Centre de Paris 1, Pierre Mendes France) est occupée. Ca ne paye pas de mine un début d’occupation, quelques étudiants révoltés et beaucoup de revendications. A la veille du grand soir, les effluves de mai 1968 ont agis sur les étudiants dubitatifs comme les odeurs de pains au chocolat sur les fêtards au petit matin. Après « Jouissez sans entraves », Tolbiac crie « Nous ne voulons pas le pouvoir nous voulons pouvoir ». 

L’identité politique ne se revendique pas, elle se boit, elle s’entend, elle se sent. Dans une fac de droite, on chante à tue tête « Les lacs du Connemara » , à Tolbiac « Bella Ciao ». L’univers de la révolte est en marche pour palper du bout des doigts les utopies du siècle dernier. 

L’organisation est autogérée, c’est à dire qu’il n’y a pas de leaders, tout est décidé en Assemblée Générale démocratique. Entendre par démocratique votes à mains levées et contestations non acceptées. Le dialogue est ouvert à ceux qui sont d’accord avec la Commune. Ambitieux, galvanisés par les rassemblements de plus en plus importants (étudiants, cheminots), la demande a pris un parfum d’exigence. Le vote est celui d’une occupation illimitée jusqu’à la démission de Macron et le retrait de la loi ORE (relative à l’Orientation et Réussite des Etudiants). 

A l’échelle de l’université, les occupants restent pourtant très minoritaires. Ils sont qualifiés par leurs fervents opposants de « groupuscules de cocos» et qualifient leurs opposants de « groupuscules de fachos ». L’opposition cocos/fachos n’a jamais laissé aussi peu de place pour le « groupuscule » majoritaire entre les deux. 

Je vous laisse, j’ai une AG avec les copains pour savoir comment déclarer son amour à une femme qui ne vous aime pas.

Texte de Alice D’Argentine
Notre reporter sur place




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