Technikart - Culture et Société

Bannière
baner

HARRY STARK

Vote des internautes: / 1
NulTop 
Paru dans Technikart n° 96

L'homme du mois médias.

 

En cette période de rentrée où tout semble possible, osons une phrase simplement affirmative: il se passe quelque chose du côté des séries anglaises, virtuoses dans l’art de mettre à jour les rapports de pouvoir. La diffusion de «State of Play», cet été sur Canal+, en fut une admirable démonstration.
Bizarrement, la série british dont on va vous parler maintenant a échappé à l’appétit décuplé de la chaîne cryptée qui a englouti ces derniers temps la majeure partie de la production. Par on ne sait trop quel miracle, «The Long Firm» a donc atterri sur la grille de rentrée de Cinécinéma Auteur. Produite par BBC 2, cette série en 4 épisodes réalisée par Bille Eltringham est un étrange portrait psychologique, une plongée dans la psyché tourmentée de Harry Stark, charismatique propriétaire de boîte de nuit dont le spectre malfaisant se déploie sur le swinging London des 60’s.

SEXE DANS LA BOUCHE. Qui est Harry ? Lui-même semble ne pas le savoir. C’est donc aux travers de ses interactions avec différents personnages que son portrait va se dessiner de lui-même. Spécialisé dans le montage de sociétés fantômes, Harry, homosexuel brutal et colérique, développe dans le premier épisode une amitié de façade avec un vieux lord amateur de jeunes garçons. Harry rêve d’intégrer la haute société et, pour arriver à ses fins, fournit l’aristocrate en chair fraîche. «Donner à quelqu’un ce dont il rêve et il vous donnera son âme», analyse notre sombre héros.
Mais le lord déchante rapidement. Pris en photo ivre mort avec le sexe d’un éphèbe dans la bouche, ce respectable représentant de la haute société britannique comprend, mais trop tard, que son brillant ami n’envisage le rapport à l’autre que sur le mode de la contrainte et de la soumission. «Harry est une planète sombre. On est attiré par son champ magnétique avant d’être lancé sur orbite pour le servir», commente le vieil homo.

REGARD ÉCLATÉ. Dans l’épisode suivant, qui se déroule un an après, les affaires d’Harry vont un peu moins bien. A force de vouloir plier le monde à ses volontés, celui-ci finit par lui échapper. Sa boîte, le Stardust, a fermé ses portes et la comédienne qu’il fréquente amicalement lui pique son mec.
Mais qui est Harry ? Un simple reflet dans le regard de l’autre comme le laisse entendre cette troublante série au regard éclaté qui lie habilement pouvoir et désir et dont la profondeur narrative captive. «On croit qu’Harry maîtrise la situation, conclut l’actrice mais, au fond de lui, il cherche à se détruire. Et sans des gens comme nous pour l’entourer, son instinct reprend le dessus.» Harry aurait-il besoin d’amour ?

«THE LONG FIRM» / TOUS LES SAMEDIS À 21H00 À PARTIR DU 22 OCTOBRE / CINÉCINÉMA AUTEUR.

 

You are here Archives HARRY STARK