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L’INTERVIEW FISSA: MARCO MARTINS

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Paru dans Technikart n° 96

Sur le même sujet que «Keane», Marco Martins signe «Alice», un beau film ténébreux, hanté par une gamine et Wim Wenders.

 

LODGE KERRIGAN VIENT DE FAIRE LE MÊME FILM QUE VOUS. PAS TROP DÉGOÛTÉ ?
Je ne l’ai pas vu, mais l’affiche est identique et, à Cannes, les gens me parlaient plus de son film que du mien. J’espère juste que ça ne va pas trop continuer.

L’OBSESSION DU RAPPORT PÈREENFANT EST UNE VRAIE TENDANCE DU CINÉMA CONTEMPORAIN…
Plus que le lien père-fille, ce qui m’intéressait c’était le lien père-ville. Je voulais montrer l’aliénation des grandes cités, les gens qui vivent seuls. C’est pour ça que j’ai filmé les habitants comme des zombies. Seul contre tous, le père garde espoir en quadrillant la ville avec ses caméras vidéo.

POURQUOI A-T-IL BESOIN DE TOUT FILMER ?
La vidéo surveillance m’angoisse. Mais, dans le film, c’est une cartographie abstraite des visages: on voit des ombres, des silhouettes. En regardant ces vidéos, le père est encore plus seul.

ALICE, C’EST LE PRÉNOM DE TOUTES LES DISPARITIONS…
Oui, «Alice au pays des merveilles», «Alice n’est plus ici» de Scorsese, celle, invisible, de Woody Allen. Et puis «Alice dans les villes» de Wenders, l’un des très rares cinéastes à avoir vraiment su filmer l’absence.

«ALICE»: SORTIE LE 28 SEPTEMBRE.

 

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