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LE CONCEPT: LA FIN FONDATRICE

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Paru dans Technikart n° 96

L’enjeu, aujourd’hui: «refuser les habituels “discours de la fin”» (de l’histoire, de la modernité, des idéologies) sans pour autant refuser de s’affronter à ce qui, en effet, s’achève. Considérer la fin de siècle non comme un point d’arrêt mais comme une étape.


Afin de se saisir de cet enjeu, Lionel Ruffel, la trentaine, coanimateur de la revue internet «Chaoïd», propose le concept de «dénouement». Son essai rigoureux s’appuie sur un dialogue entre les analyses 90’s des philosophes restés fidèles au marxisme (Badiou, Milner, Rancière), les écrivains «maximalistes » (Volodine, Novarina, Olivier Rolin) et «minimalistes» (Echenoz). S’en dégage l’idée d’une fin qui serait dans le même temps fondatrice. Un travail de deuil, d’héritage et d’inventaire sur la «conjonction» entre politique et pensée que fut le marxisme. Une littérature emplie de spectre.
Ruffel sténographie le désir nouveau de notre génération d’interroger les aînés afin de trouver un élan à venir. Car: «Mais d’une mort fut-elle celle de la conjonction, il reste des héritiers. Les héritiers conjurent l’époque ou bien sont hantés par elle.» Survivre dans le déni ou vivre en apprivoisant les spectres: voilà l’alternative.

«LE DÉNOUEMENT» DE LIONEL RUFFEL (VERDIER). 107 PAGES, 12 €.

 

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