Paru dans Technikart n° 72
Amara, rédactrice de stcom.net, un site qui est la voix des opprimés dans le monde, est partie en Irak pour y finir bouclier humain. Elle raconte.
Amara, comment es-tu devenue bouclier humain en Irak ?
Je suis partie car je suis contre l’injustice sous toutes ses formes. En ce qui concerne l’Irak, je ne supportais pas l’embargo qui frappe sa population depuis plus de dix ans. J’avais aussi entendu parler des hôpitaux de Bassora qui s’occupaient des personnes touchées par l’uranium appauvri : de nombreuses femmes décédaient lorsqu’elles accouchaient, ou donnaient naissance à des enfants handicapés. Quand j’ai vu qu’une nouvelle guerre se préparait, je me suis dis qu’il fallait que j’y aille.
Comment es-tu partie là-bas ?
Avec le GPM (Groupe Parti Musulman) de Strasbourg. Au début, je n’y allais pas pour être bouclier humain mais pour faire réagir mon gouvernement. J’avais aussi envie d’être avec les familles pour partager leurs rires et leurs pleurs. C’est après une réunion à l’hôtel Palestine que l’on nous a proposé d’être ambassadeur de la paix ou bouclier humain.
Est-ce ta conscience politique ou ton cœur qui te fait avancer ?
C’est clair que c’est le cœur d’abord. Je ne peux pas regarder un acte injuste sans réagir, je me sens coupable si je ne fais rien. Ces derniers temps, mon cœur me faisait trop mal pour que je puisse rester tranquille en Europe. Mais, en général, c’est plus facile de toucher les gens par les sentiments que par la raison. Un député belge m’a dit que me voir lui avait fait prendre conscience de ce que faisaient les Américains. Il était écœuré. Le truc, ce n’est pas de tenir un discours à un politicien car il va réagir intellectuellement. Et les débats de ces derniers temps, on a bien vu que ça ne servait à rien. C’est pour ça que j’ai voulu rapporter des photos qui font mal et qui vont toucher le point sensible. Maintenant, la raison et le cœur doivent aller ensemble même si on est de plus en plus obligé de les toucher par le cœur pour que les gens comprennent. Pourtant, ce n’est pas l’écœurement que je veux susciter mais une réaction.
Et maintenant, que comptes-tu faire ?
Je veux repartir le plus vite possible. Les gens réjouis que l’on montre à la télé sont pas ceux que j’ai connus. Bagdad, c’est comme un village, tout le monde se connaît. Alors ceux qu’on voit faire la fête, je pense que c’est de la propagande. Ce sont toujours la même cinquantaine de personnes qui se pressent autour de l’hôtel Palestine où se trouvent tous les journalistes. Tous les magasins ont été pillés et les gens n’ont plus rien, ça m’étonnerait qu’ils soient contents. Si je veux repartir, c’est pour voir de mes yeux ce que ce peuple endure et rester à ses côtés. Après, s’ils sont vraiment contents de la venue des Américains, c’est qu’ils n’ont rien compris et alors là, je rentrerai en France.
Je suis partie car je suis contre l’injustice sous toutes ses formes. En ce qui concerne l’Irak, je ne supportais pas l’embargo qui frappe sa population depuis plus de dix ans. J’avais aussi entendu parler des hôpitaux de Bassora qui s’occupaient des personnes touchées par l’uranium appauvri : de nombreuses femmes décédaient lorsqu’elles accouchaient, ou donnaient naissance à des enfants handicapés. Quand j’ai vu qu’une nouvelle guerre se préparait, je me suis dis qu’il fallait que j’y aille.
Comment es-tu partie là-bas ?
Avec le GPM (Groupe Parti Musulman) de Strasbourg. Au début, je n’y allais pas pour être bouclier humain mais pour faire réagir mon gouvernement. J’avais aussi envie d’être avec les familles pour partager leurs rires et leurs pleurs. C’est après une réunion à l’hôtel Palestine que l’on nous a proposé d’être ambassadeur de la paix ou bouclier humain.
Est-ce ta conscience politique ou ton cœur qui te fait avancer ?
C’est clair que c’est le cœur d’abord. Je ne peux pas regarder un acte injuste sans réagir, je me sens coupable si je ne fais rien. Ces derniers temps, mon cœur me faisait trop mal pour que je puisse rester tranquille en Europe. Mais, en général, c’est plus facile de toucher les gens par les sentiments que par la raison. Un député belge m’a dit que me voir lui avait fait prendre conscience de ce que faisaient les Américains. Il était écœuré. Le truc, ce n’est pas de tenir un discours à un politicien car il va réagir intellectuellement. Et les débats de ces derniers temps, on a bien vu que ça ne servait à rien. C’est pour ça que j’ai voulu rapporter des photos qui font mal et qui vont toucher le point sensible. Maintenant, la raison et le cœur doivent aller ensemble même si on est de plus en plus obligé de les toucher par le cœur pour que les gens comprennent. Pourtant, ce n’est pas l’écœurement que je veux susciter mais une réaction.
Et maintenant, que comptes-tu faire ?
Je veux repartir le plus vite possible. Les gens réjouis que l’on montre à la télé sont pas ceux que j’ai connus. Bagdad, c’est comme un village, tout le monde se connaît. Alors ceux qu’on voit faire la fête, je pense que c’est de la propagande. Ce sont toujours la même cinquantaine de personnes qui se pressent autour de l’hôtel Palestine où se trouvent tous les journalistes. Tous les magasins ont été pillés et les gens n’ont plus rien, ça m’étonnerait qu’ils soient contents. Si je veux repartir, c’est pour voir de mes yeux ce que ce peuple endure et rester à ses côtés. Après, s’ils sont vraiment contents de la venue des Américains, c’est qu’ils n’ont rien compris et alors là, je rentrerai en France.

