Vous êtes ici : Home Archives Eric TRONCY

Eric TRONCY

Paru dans Technikart n° 32
Commissaire d’expositions aux activité multiples, il prône un art basé sur la relation avec le public.

La remarque acerbe, le sens aigu de la critique, Eric Troncy est tout sauf le triste commissaire consensuel qui courtise l’institution en échange d’un peu de pouvoir. Depuis dix ans, ses expositions, comme les meilleurs nectars, prennent généreusement du corps et de la robe avec les années, tout comme ses pamphlets dans la presse ou dans la revue « Documents sur l’art » dont il est le cofondateur et rédacteur en chef depuis 1992.
En 1989, au centre d’art de l’APAC à Nevers, il présente des artistes alors inconnus comme Pierre Huyghe, Dominique Gonzalez Foerster, Pierre Joseph et Bernard Joisten : « Ozone » tente d’instaurer, entre l’œuvre et le spectateur, quelque chose de l’ordre du jeu et de la fiction, une relation, voire une rencontre. Ce sont les débuts d’un indépendant de 24 ans qui commettra dès lors de mémorables forfaits : le labyrinthique « No Man’s Time » à la Villa Arson (Nice, 1991), « Surface de réparation(s) » à Dijon (1994) ou, plus récemment, « Dramatically Different » au Magasin de Grenoble (1997).
Alors, quand Eric Troncy, un brin provocateur, lâche aujourd’hui qu’il est pour une « exposition qui se moque DES publics », on sait qu’il s’agit pour lui de favoriser la relation individuelle de l’œuvre au spectateur, « pour qu’une exposition jouisse, que l’offre faite à ce spectateur soit de nature généreuse et que, à chaque pas, ses convictions trébuchent » De la même manière, « Un lieu, c’est avant tout une personne », avec ses choix et ses engagements.
Depuis 1996, Troncy a rejoint Xavier Douroux et Frank Gautherot au centre d’art du Consortium à Dijon où il « développe un travail sur le temps » avec les artistes. Actuellement, il s’agit d’une rétrospective du photographe Henry Bond et de « Following And to Be Followed », sorte de cadavre exquis en 3D qui débute par une installation de Steven Parreno et un wall-painting de Stéphane Dafflon. Exigeant, Troncy « ne veut surtout pas travailler avec tout le monde » parce qu’il n’existe qu’une « quinzaine de bons artistes », citant en vrac Angela Bulloch, Maurizio Cattelan, Sylvie Fleury…
Puisque enchaîner les projets est furieusement tendance, Eric Troncy est un jeune homme à la mode : depuis quelques mois, il s’occupe également de l’espace lausannois d’Art contemporain (ELAC) en Suisse. Et comme monter des expositions est pour lui « indissociable de l’acte d’écrire », il ne s’arrête jamais. Outre son activité de journaliste (« les Inrocks », « Numéro »), « le Colonel Moutarde », son recueil de textes vient de paraître. « Le Spectateur et l’Accident » et « le Commissariat » suivent. Quant à « Documents », dont « le grand luxe est de paraître quand il a quelque chose à dire », il fera 400 pages et devrait sortir au mois de mai. Il hébergera « Produits d’entretiens », un nouveau magazine uniquement consacré aux entretiens d’artistes comme son nom l’indique.
Et l’infatigable commissaire de conclure : « Je suis pour que l’exposition soit un plaisir, pas un pensum. L’art appartient aux gens. C’est bizarre qu’ils n’aient pas davantage envie d’en profiter. »
Jusqu’au 22 mai : Henry Bond et « Following and To Be Followed ».
Le Consortium, Dijon. Tél : 03 80 68 45 55.
« Le colonel Moutarde dans la bibliothèque avec le chandelier »
(Presses du Réel) : disponible dans les librairies spécialisées.

Contact

Technikart magazine
Passage du Cheval-blanc
2, rue de la Roquette • 75011 Paris 

Tél: 00 (33)  1 43 14 33 44

Fax: 00 (33) 1 43 14 33 40

 

Abonnement : www.objetculte.com

 

La rédaction Technikart

Publicité

Newsletter