ZARCATE S’ SPIRIT

La lumière et les saveurs de l’Orient, dans la Suite égyptienne de 1991, avaient succédé à l’ascétisme apparent de la « série noire » (de 1986).

Les grappes de couleur qui composent les toiles récentes de Pierre Zarcate ont une allure hédoniste. Solipsisme de la couleur, qui n’est plus fragmentée – à la façon d’un patchwork – mais concentrée. Distillation de bleu, précipité de rouge, du jaune en pépites.
Les variations chromatiques de Pierre Zarcate sont subtiles et denses. Le triptyque intitulé Février 1995 semble illustrer le principe même de la cristallisation. La formation des cristaux de sel -ou salanisation- s’opère en trois temps : l’eau recouvre les partènements, surfaces nivelées de bleu. Puis, les cristallisoirs subissent l’action asséchante du soleil et du vent. Enfin, après le long et lent parcours de l’eau sur le salin, la saumure prend la couleur rose foncé puis rouge…
A l’instar des gouaches découpées de Matisse, pour qui les formes doivent être simples, exprimant son refus des choses compliquées : « Ce qu’on prend autrefois pour un défaut, pour un manque, devient ainsi une qualité essentielle ». Il ne s’agit pas tant d’un travail sur le glissement de la forme, sur l’abstraction aujourd’hui ou sur la couleur-plan, mais une recherche plastique accomplie sur ce qui fait l’essence même des choses.
Galerie Montenay, avril 1995. 31 rue Mazarine, 75006 Paris.

 

par Alexia Guggémos, le Jeudi 01 Juin 1995




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