ALEXANDRE GRONDEAU : « LA FRANCE PINARD EST DEVENUE LA FRANCE PETARD »

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Plus organisée que ses ancêtres baba-cools, une nouvelle génération de producteurs de weed sévit dans le sud de la France. Alexandre Grondeau, auteur des cultes Génération H (le troisième volume arrive), écrit sur les narco-bouseux du sud depuis vingt ans. Entretien.

Alexandre Grondeau, en quoi cette nouvelle génération de cultivateurs de weed est-elle si différente de la précédente ?
Dans les années 90, les fumeurs d’herbe étaient plus marginaux, souvent assimilés aux cultures alternatives qu’étaient le rap, le ragga ou encore la techno. Pour fournir les fumeurs en Zamal, Fil Rouge, Thaï et autres Daboa, il y avait quelques circuits avec la Hollande, les Antilles et l’Afrique. Il y avait déjà de l’herbe « locale », mais c’était surtout à la campagne qu’on en fumait. Les années 2000 ont marqué un tournant. En cause, l’explosion de la consommation et le changement de clientèle qui en découle.

Et aujourd’hui ?
D’un côté, on a connu une augmentation considérable dans la production de mauvais shit. De l’autre, la culture « indoor » a fait exploser les ventes de weed et poussé les producteurs à moderniser leur matériel et leurs méthodes. Les magasins spécialisés ont euri sur le Net (et dans la rue) comme des McDo ces dernières années : la France pinard est devenue la France pétard.

Où en est la législation ?
On est encore à l’âge de pierre. La dépénalisation ou la légalisation sont inéluctables. La crise aidant, le modèle américain démontre le potentiel sans limite de cette économie. Les rues de Denver ne sont pas devenues un repère de junkies. Au contraire. L’État du Colorado prend entre 21 et 30% de chaque gramme revendu, et tout ça va dans les caisses de l’Oncle Sam. Ça laisse rêveur, non ?

JULIO REMILA

ILLUSTRATION NI-VAN

Retrouvez l’intégralité de l’enquête dans Technikart #204, septembre 2016

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