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Interviewer Julian Assange, le guide pratique

Le 21 février dernier, Technikart rencontrait avec le fondateur de Wikileaks à l'ambassade londonienne de la république d'Equateur, son refuge depuis une huitaine de mois. Les conditions de notre audience ayant été dûment négociées au préalable avec sa garde rapprochée, voici 9 conseils pratiques que nous sommes en mesure de dispenser à tout futur intervieweur.

 

2 • VOUS ALLEZ AVOIR À SIGNER DES CONTRATS

« L'ennemi public numéro un des États-Unis » est un fana de contrats de tout genre. Il y a ceux qu'il fait signer aux jeunes recrues de Wikileaks (ici, l'article de Wired sur le sujet), mais aussi ceux présentés aux journalistes et aux photographes qui viennent le voir. Un mail listant ses conditions nous est parvenu la veille du rendez-vous, et le photographe a eu à signer un contrat des plus draconiens à quelques minutes du rendez-vous.

 

2 • CAR SACHEZ-LE, BANDE DE MÉDIACRATES: ASSANGE N'AIME PAS LES PHOTOS

Le contrat « photos » précise que notre hôte se refuse à poser pour tout portrait, notre photographe devant se contenter de photos « prises au vol » durant l'entretien... Mais – petit b –, si jamais une de ces photos, a priori inexploitables, était rachetée par un média quelconque, 60% des gains serait reversables à monsieur Assange... Charmante attention : alors que nous signions le contrat, un des assistants nous informe de l'existence de portraits pris par un de leurs amis : « Si vous le voulez, nous pouvons vous mettre en relation avec lui »... (Moralité : tout s'arrange !)

Michel Rocard: la guerre avec la Chine, c’est pour demain?

rocardDans son livre «La gauche n’a plus le droit à l’erreur» (Flammarion), Michel Rocard envisage une troisième guerre mondiale qui partirait de… Chine.

Dans un long entretien publié dans Technikart, l’ex-premier ministre revient sur ses idées pour réduire efficacement le chômage en France. Mais son livre, coécrit avec Pierre Larouturou, La gauche n’a plus le droit à l’erreur, s’ouvre sur un scénario de fiction: en novembre 2017, après l’envahissement de Taïwan par la Chine, les Etats-Unis entrent en guerre précipitant le monde dans un troisième conflit mondial. Alors, c’est le moment de flipper ?

«Quand ça va mal économiquement, on le paye: les pays deviennent ingouvernables, regardez les dernières élections en Italie, explique Michel Rocard. Nous sommes devant des situations qui provoquent légitimement de la panique, elle-même produisant des comportements fous. Attendons de voir, mais c’est vrai que la Chine est inquiète. Et, en sa qualité de plus gros créancier des Etats-Unis, c’est le premier garant aujourd’hui de la stabilité générale du système financier dans sa folie. La bulle immobilière est en train d’éclater en Chine, une bulle quatre ou cinq fois plus grande que celle des subprimes. Dans notre manière de regarder le monde jusqu’ici, nous nous sommes contentés d’observer le monde de la finance. Mais la désorganisation ne commence pas avec la finance, elle se termine avec elle.»

La totalité de l’entretien avec Michel Rocard dans Technikart #171 (avril 2013), en kiosques.

The Knife, groupe de la semaine

Voir ailleurs ? Se défoncer ? Passer les frontières ? Si votre appétit de l’interdit aura du mal à se rassasier de Spring Breakers, troquez les bikinis légers du film d’Harmony Korine pour vous mettre un vrai trip du grand Nord transcendantal. Le dernier The Knife, duo suédois composé de Karin Dreijer Anderson (aka Fever Ray) et Olof Dreijer, est une soucoupe volante déposée en pleine taïga sous le soleil de minuit. Et ce, après sept années sans sortir d’album.

Déjà, une voix plus belle. Celle de Karin qui lâche un peu le grave de Fever Ray pour gagner en puissance (voir l’incompréhensible clip de A Tooth For an Eye). Puis, une batterie d’effets beaucoup plus fous que l’époque Heartbeats (des samples volés aux aliens, aux Incas, à Spielberg).

The Knife a toujours eu le talent de voir l’avenir. Et pourtant, nous parlons ici d’un groupe d’étranges nerds qui ont pendant longtemps décliné toute date de concert à but promotionnel et qui, en 2003, refusaient d’aller chercher leur Grammy de meilleur groupe pop suédois. Des opinions tranchées, un album radical. Renversant.

(Rabid Records).

Bastien Truchot

Yann Moix: «Comment j’ai raté Cinéman»

Dans «Technikart», Yann Moix, le réalisateur de «Cinéman», revient sur les mésaventures qui l’ont amené à signer l’un des pires films de l’histoire du cinéma français. Extraits.

Tu expliques que tu aurais dû écouter Benoît Poelvoorde, qui a refusé de jouer dans ton film, dès le début…
Maintenant, je sais qu’il avait raison et que le script était mauvais mais, à l’époque, je me prenais pour un petit génie du cinéma parce que j’avais fait quatre millions d’entrées pour un premier long et ce, même si je pense aujourd’hui que Podium n’est pas plus réussi que Cinéman.

Poelvoorde refuse finalement de faire le film et, sur le tournage, rien ne va…
Oui, j’étais en enfer, tout prenait l’eau, la plupart des gens étaient gênés. Le problème, c’est que j’étais seul avec Franck Dubosc et le coscénariste Olivier Dazat. Et pour ne rien arranger, personne ne s’entendait, des vrais gamins qui rendaient l’ambiance désastreuse. A un moment, par exemple, Dubosc s’amuse à dire: «Moteur !» à ma place pour une scène. Là, Pef bondit et s’exclame: «S’il redit encore une fois : “Moteur !”, je ne tourne plus le film.»

Au moment de la sortie, tu as assumé ?
Pas du tout. Quand le film sort après dix-huit mois de montage, je suis en train de déjeuner tout seul à l’Etoile de Montmartre. Il y a là des étudiants de la Fémis, qui est juste à côté. Une dizaine d’entre eux s’approchent et se foutent de ma gueule, tous ensemble, et j’encaisse tout ça, à la manière d’un Patrick Bouchitey dans la Meilleure Façon de marcher. Ils font des sketchs à côté de moi du style: «Je suis Yann Moix, le plus grand cinéaste de l’univers» avec la voix haut perché. J’avais honte, physiquement honte, une impression d’être enveloppée de merde, je n’osais plus sortir de chez moi.
L’intégralité de la confession de Yann Moix dans Technikart #171 (avril 2013) en kiosques.
Entretien Raphaël Turcat

Soirée cinéma Technikart !

Tous les premiers vendredis du mois, venez regarder et débattre de films sélectionnés par Technikart.

A l’initiative des propriétaires du cinéma les Trois Luxembourg, la rubrique ciné de Technikart vous convie à mater des films ET à en causer ensemble, dans un esprit de partage et de convivialité, tous les premiers vendredis du mois. 

En avril, ça tombe le 5, c’est à 19h30 et on commence avec ambition par un double programme consacré à notre sous-genre favori, le film de sous-marins: l’imposant «Das Boot» de Wolfgang Petersen (1981), avec son équipage allemand soumis aux délires hitlériens, et le suprême «USS Alabama» de feu Tony Scott (1995), avec Denzel (in)soumis au délire de Cap’tain Hackman.
Si vous avez déjà vu ces films sur grand écran, vous savez qu’il faut y retourner. Dans le cas contraire, eh bien, c’est votre chance, les cocos.
Vendredi 5 avril à 19h30. Les Trois Luxembourg: 67 rue Monsieur-le-Prince, 75006 Paris.
http://www.lestroisluxembourg.com/

14 € la nuit avec une boisson offerte.

Technikart rencontre Julian Assange

Technikart-171Un gourou à la dérive ? Un homme d’affaires âpre au gain ? Un cyber-terroriste ? Qui est vraiment Julian Assange, le charismatique leader de Wikileaks sous le coup d’un mandat d’arrêt Interpol depuis 28 mois ? Nous sommes allés lui rendre visite dans sa tanière londonienne. Enquête sur une icône radical-chic.

 

«Samsara», le film de l’hallu

Tour de force muet, «Samsara» sort mercredi prochain. Ron Fricke, son réalisateur, n’est pas le genre de cinéaste auquel on tire facilement les vers du nez. On a essayé. On a un peu échoué.

Cherchez bien, partout, sur le Net ou ailleurs, impossible de connaître la date de naissance de Ron Fricke. Cet homme n’a pas d’âge. Pas une coquetterie ou un gimmick pour poser sa légende, plutôt un signe de sa conception floutée du temps, très raccord avec une œuvre ciné dont le motif clé seraient ses fameux plans «time-lapse», des images distordant le temps avec un sens tuant de l’harmonie.

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