Technikart

Notre rencontre avec «le Caméléon»

Technikart a retrouvé Frédéric Bourdin, l'homme aux 500 identités qui se fit passer pour un fils disparu auprès d'une famille américaine dans les années 90.

Enfant non désiré d'un papa algérien qu'il ne connaîtra jamais et d'une maman qui le violente, Frédéric Bourdin quitte au début des années 80 la cellule familiale à 16 ans et s'inventera plus de 500 identités. Condamné aux Etats-Unis à six ans de taule en 1998 pour avoir fait croire qu'il était Nicholas Barclay, un enfant alors disparu, auprès de sa propre famille, il est renvoyé vers la France en 2004. L'année suivante, se faisant passer pour un élève de 4e dans les environs de Pau, il est reconnu par un surveillant qui l'a aperçu dans un reportage télé et refait en passage éclair en prison avant de renoncer à sa vie d'imposteur en 2005 et de se marier en 2007.
Aujourd'hui rangé des voitures du côté du Mans et héros du docu The Imposter, il a accepté de parler à Technikart. Au fait, ça ne lui manque pas trop sa vie d'avant ? «Evidemment que ça me manque parfois, elle était aussi triste que géniale cette vie-là. En plus, je voyageais énormément. J'ai fait le tour du monde sans jamais un dollar en poche. J'en suis fier. Et puis j'étais guidé par l'idée de trouver l'amour, celui d'une famille ou des gens autour de moi.»
«The Imposter» : sur Canal+ en septembre.
Retrouvez le portrait complet de Frédéric Bourdin dans Technikart n°171 (avril 2013) en kiosques.

Pourquoi tout le monde copie "le Parisien"?


le parisienDans son numéro en kiosques, Technikart se demande pourquoi les journaux télévisés de la journée ressemblent étrangement aux infos du Parisien du jour. Hervé Brusini, directeur de la rédaction web de France Télévisions et auteur de Copie conforme (Seuil, 2011) y apporte, entre autres, son point de vue. Plutôt délectable à l'heure où la rumeur sur le patrimoine de Laurent Fabius relayée par Libération fait trembler le soi-disant quatrième pouvoir.

«"Est-ce que c'est dans le Parisien ?" est devenue la question cliché qui résume les choses quand les journaliste montent un JT, une sorte de blague qu'on se dit d'ailleurs entre nous, mais je pense qu'au-delà de ça se pose la question du pourquoi de cette uniformisation, explique ainsi Brusini. La lecture de l'événement a changé au fil des années : aujourd'hui le regard du journaliste est plus sociologique que strictement événementiel. Pour n'importe quel fait d'actu, on remet immédiatement en perspective dans un contexte plus globale, on problématise, on multiplie les angles parfois au détriment de l'enquête et des questions de base. S'il y a une catastrophe avec un barrage qui cède, par exemple, très vite on va poser la question générale de la sécurité des barrages en France sans avoir pris le temps de s'intéresser à fond au pourquoi et au comment de ce cas singulier.»

Le dossier complet «Pourquoi tout le monde copie "le Parisien"» dans Technikart #171 en kiosques.

Interviewer Julian Assange, le guide pratique

Le 21 février dernier, Technikart rencontrait avec le fondateur de Wikileaks à l'ambassade londonienne de la république d'Equateur, son refuge depuis une huitaine de mois. Les conditions de notre audience ayant été dûment négociées au préalable avec sa garde rapprochée, voici 9 conseils pratiques que nous sommes en mesure de dispenser à tout futur intervieweur.

 

2 • VOUS ALLEZ AVOIR À SIGNER DES CONTRATS

« L'ennemi public numéro un des États-Unis » est un fana de contrats de tout genre. Il y a ceux qu'il fait signer aux jeunes recrues de Wikileaks (ici, l'article de Wired sur le sujet), mais aussi ceux présentés aux journalistes et aux photographes qui viennent le voir. Un mail listant ses conditions nous est parvenu la veille du rendez-vous, et le photographe a eu à signer un contrat des plus draconiens à quelques minutes du rendez-vous.

 

2 • CAR SACHEZ-LE, BANDE DE MÉDIACRATES: ASSANGE N'AIME PAS LES PHOTOS

Le contrat « photos » précise que notre hôte se refuse à poser pour tout portrait, notre photographe devant se contenter de photos « prises au vol » durant l'entretien... Mais – petit b –, si jamais une de ces photos, a priori inexploitables, était rachetée par un média quelconque, 60% des gains serait reversables à monsieur Assange... Charmante attention : alors que nous signions le contrat, un des assistants nous informe de l'existence de portraits pris par un de leurs amis : « Si vous le voulez, nous pouvons vous mettre en relation avec lui »... (Moralité : tout s'arrange !)

Michel Rocard: la guerre avec la Chine, c’est pour demain?

rocardDans son livre «La gauche n’a plus le droit à l’erreur» (Flammarion), Michel Rocard envisage une troisième guerre mondiale qui partirait de… Chine.

Dans un long entretien publié dans Technikart, l’ex-premier ministre revient sur ses idées pour réduire efficacement le chômage en France. Mais son livre, coécrit avec Pierre Larouturou, La gauche n’a plus le droit à l’erreur, s’ouvre sur un scénario de fiction: en novembre 2017, après l’envahissement de Taïwan par la Chine, les Etats-Unis entrent en guerre précipitant le monde dans un troisième conflit mondial. Alors, c’est le moment de flipper ?

«Quand ça va mal économiquement, on le paye: les pays deviennent ingouvernables, regardez les dernières élections en Italie, explique Michel Rocard. Nous sommes devant des situations qui provoquent légitimement de la panique, elle-même produisant des comportements fous. Attendons de voir, mais c’est vrai que la Chine est inquiète. Et, en sa qualité de plus gros créancier des Etats-Unis, c’est le premier garant aujourd’hui de la stabilité générale du système financier dans sa folie. La bulle immobilière est en train d’éclater en Chine, une bulle quatre ou cinq fois plus grande que celle des subprimes. Dans notre manière de regarder le monde jusqu’ici, nous nous sommes contentés d’observer le monde de la finance. Mais la désorganisation ne commence pas avec la finance, elle se termine avec elle.»

La totalité de l’entretien avec Michel Rocard dans Technikart #171 (avril 2013), en kiosques.

The Knife, groupe de la semaine

Voir ailleurs ? Se défoncer ? Passer les frontières ? Si votre appétit de l’interdit aura du mal à se rassasier de Spring Breakers, troquez les bikinis légers du film d’Harmony Korine pour vous mettre un vrai trip du grand Nord transcendantal. Le dernier The Knife, duo suédois composé de Karin Dreijer Anderson (aka Fever Ray) et Olof Dreijer, est une soucoupe volante déposée en pleine taïga sous le soleil de minuit. Et ce, après sept années sans sortir d’album.

Déjà, une voix plus belle. Celle de Karin qui lâche un peu le grave de Fever Ray pour gagner en puissance (voir l’incompréhensible clip de A Tooth For an Eye). Puis, une batterie d’effets beaucoup plus fous que l’époque Heartbeats (des samples volés aux aliens, aux Incas, à Spielberg).

The Knife a toujours eu le talent de voir l’avenir. Et pourtant, nous parlons ici d’un groupe d’étranges nerds qui ont pendant longtemps décliné toute date de concert à but promotionnel et qui, en 2003, refusaient d’aller chercher leur Grammy de meilleur groupe pop suédois. Des opinions tranchées, un album radical. Renversant.

(Rabid Records).

Bastien Truchot

Yann Moix: «Comment j’ai raté Cinéman»

Dans «Technikart», Yann Moix, le réalisateur de «Cinéman», revient sur les mésaventures qui l’ont amené à signer l’un des pires films de l’histoire du cinéma français. Extraits.

Tu expliques que tu aurais dû écouter Benoît Poelvoorde, qui a refusé de jouer dans ton film, dès le début…
Maintenant, je sais qu’il avait raison et que le script était mauvais mais, à l’époque, je me prenais pour un petit génie du cinéma parce que j’avais fait quatre millions d’entrées pour un premier long et ce, même si je pense aujourd’hui que Podium n’est pas plus réussi que Cinéman.

Poelvoorde refuse finalement de faire le film et, sur le tournage, rien ne va…
Oui, j’étais en enfer, tout prenait l’eau, la plupart des gens étaient gênés. Le problème, c’est que j’étais seul avec Franck Dubosc et le coscénariste Olivier Dazat. Et pour ne rien arranger, personne ne s’entendait, des vrais gamins qui rendaient l’ambiance désastreuse. A un moment, par exemple, Dubosc s’amuse à dire: «Moteur !» à ma place pour une scène. Là, Pef bondit et s’exclame: «S’il redit encore une fois : “Moteur !”, je ne tourne plus le film.»

Au moment de la sortie, tu as assumé ?
Pas du tout. Quand le film sort après dix-huit mois de montage, je suis en train de déjeuner tout seul à l’Etoile de Montmartre. Il y a là des étudiants de la Fémis, qui est juste à côté. Une dizaine d’entre eux s’approchent et se foutent de ma gueule, tous ensemble, et j’encaisse tout ça, à la manière d’un Patrick Bouchitey dans la Meilleure Façon de marcher. Ils font des sketchs à côté de moi du style: «Je suis Yann Moix, le plus grand cinéaste de l’univers» avec la voix haut perché. J’avais honte, physiquement honte, une impression d’être enveloppée de merde, je n’osais plus sortir de chez moi.
L’intégralité de la confession de Yann Moix dans Technikart #171 (avril 2013) en kiosques.
Entretien Raphaël Turcat

Soirée cinéma Technikart !

Tous les premiers vendredis du mois, venez regarder et débattre de films sélectionnés par Technikart.

A l’initiative des propriétaires du cinéma les Trois Luxembourg, la rubrique ciné de Technikart vous convie à mater des films ET à en causer ensemble, dans un esprit de partage et de convivialité, tous les premiers vendredis du mois. 

En avril, ça tombe le 5, c’est à 19h30 et on commence avec ambition par un double programme consacré à notre sous-genre favori, le film de sous-marins: l’imposant «Das Boot» de Wolfgang Petersen (1981), avec son équipage allemand soumis aux délires hitlériens, et le suprême «USS Alabama» de feu Tony Scott (1995), avec Denzel (in)soumis au délire de Cap’tain Hackman.
Si vous avez déjà vu ces films sur grand écran, vous savez qu’il faut y retourner. Dans le cas contraire, eh bien, c’est votre chance, les cocos.
Vendredi 5 avril à 19h30. Les Trois Luxembourg: 67 rue Monsieur-le-Prince, 75006 Paris.
http://www.lestroisluxembourg.com/

14 € la nuit avec une boisson offerte.