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James Franco: «Voyager chez Faulkner, c’est comme aller à Disneyland»

Fini le poster boy. «As I Lay Dying» («Tandis que j'agonise»), adaptation arty et réussie de Faulkner, donne à James Franco un peu d'épaisseur. Enfin.

 

James, hier on parlait aux Coen de leur musical, «O'Brother». Et aujourd'hui, on retrouve dans «As I Lay Dying», Tim Blake Nelson, les forêts du Mississipi et la référence à Homère...
Mon film est quand même très différent du Coen, ne serait-ce que parce qu'il y a dans O'Brother beaucoup d'humour. As I Lay Dying, n'est pas une franche rigolade.

Il y a quand même ce plan final, limite farce. Et puis pour certains critiques, Faulkner, c'est marrant...
Je n'ai jamais compris ça. Je n'ai pas lu As I Lay Dying en me disant: «Putain, c'est hilarant.»

Guillaume Canet est-il un vrai gangster?

Film français invité en vedette «américaine» du Festival, le «Blood Ties» de Guillaume Canet ressemble à du Nicole Garcia shooté dans les décors du «Parrain 2». Beaucoup de paradoxes pour un seul film, non?

 

Quelque chose devait sérieusement chiffonner Guillaume Canet dans les Liens du sang, le polar de Jacques Maillot, pour qu’il décide d’en tourner un remake cinq ans à peine après avoir joué dedans. Quelque chose, mais quoi au juste ? Le script, la réal’, l’accent lyonnais, les moustaches ? Est-ce que cette histoire de frangins flics et voyous, liés par le sang mais séparés par la loi, ne fonctionnerait pas mieux, disons, à New York City ? Avec des stars (Clive Owen, Billy Crudup, Mila Kunis, Cotillard, Zoe Saldana, Matthias Schoenaerts) dans absolument TOUS les rôles ? Et puis, Blood Ties, comme titre, faut avouer que ça en jette un peu plus…

On rigole, mais il faut reconnaître qu’il y a une dimension agressivement nouveau riche dans la volonté du premier Canet

Claude Lanzmann, l'alerte nucléaire

Insultes, furie, bousculades: le tsunami Claude Lanzmann s’est abattu sur la Croisette. Tous aux abris?

Ce matin, avant de sombrer dans un sommeil aussi lourd que le film, on a chopé une dernière image du Rithy Panh. Sur l’écran de Debussy, dans une télé, Rithy est interviewé pour une émission d’actu. Il explique doucement le système khmer. La voix off est presque ironique et moque le blabla ronronnant du cinéaste face aux horreurs de S21.

A l’orée de ce dimanche mémoriel, impossible de ne pas faire le lien avec le Dernier des injustes. Face à l’agneau cambodgien, la furie lanzmanienne. Le torrent qui déborde, secoue et saccage tout sur son passage. La vanité délirante du cinéaste-philosophe. Si on pensait que le déluge s’était enfin arrêté hier, c’était avant que la tornade Claude ne s’abatte sur la Croisette. Les rares journalistes qui ont essayé de l’interviewer ne s’en sont pas remis, démontés par la statue du commandeur, insultés, maltraités et méprisés par leur interlocuteur. On nous a même mis en garde personnellement: «Crois-moi, t’as pas envie de te faire insulter, Gaël ! Je comprends que tu veuilles le rencontrer, 
mais c’est sanglant. Laisse tomber.»

Sanglant ? Si on écoute les bruissements de la Croisette, Lanzmann est

Ça touche combien, un membre du jury à Cannes?

En ces temps de crise et de transparence, et alors que nos ministres sont sommés de publier leur patrimoine, la question se pose à Cannes : combien ou comment sont rémunérés les membres du jury, ces stars et artistes hyperactifs qui doivent mettre en suspens leurs projets personnels durant douze longs jours pour mater et juger les films de leurs pairs ?
La réponse officielle: aucun membre du jury n'est payé pour ce job qui doit être considéré comme un honneur – même William Styron, que tout le monde savait maladivement pingre, aurait accepté le poste de président du Jury en 1983 de façon bénévole. Mais il y a aussi une réponse off (pour officieuse): il existe une sorte de compensation, rétribuée non pas en cash ni chèque ou bijoux, mais sous forme de service («favor»).
C'est ce que nous a confirmé une ex-membre, Nadine Gordimer, fameuse prix Nobel de Littérature, jury en 1995: «Je recevais tous les jours des propositions pour devenir la prochaine scénariste de machin ou machin, provenant de productions présentant des films en compétition. J'ai accepté plusieurs projets, j'ai rarement autant travaillé en 1995. Malheureusement, les films ont été abandonnés : il faudrait qu'on soit jury sur plusieurs années.» Ce qui n'est pas possible, et préserve donc l'intégrité du plus grand des Festivals.

Desplechin n'a pas encore la green card

Pendant que Desplechin joue au cinéaste américain sans même faire semblant d’y croire, David Lowery signe «les Amants du Texas», un beau retour au real stuff.

Les premiers plans de Jimmy P. sont presque rigolos à force de maladresse bonhomme et d’incompétence tranquille. Une flute indienne en musique de fond (enfin de fond, façon de parler, c’est très présent ce bruit, comme un moustique qu’on a envie d’écraser), deux longues focales pseudo-chiadées, une typo « western » pour annoncer un truc du style MONTANA, 1948, plus deux canassons figurants glissés vite fait dans le cadre, pour faire couleur locale, faire genre, et pour qu’Arnaud puisse se faire plaisir. Pourquoi n’aurait-il pas le droit de fantasmer un coup, après tout ?

Bien entendu, c’est très mauvais, tout sonne toc, arty-ficelles. Mais Desplechin nous dit dans ces quelques plans plusieurs choses qui valent la peine d’être entendues. D’abord, il nous prévient à bon escient qu’il est, a été et restera un cinéaste anti-naturaliste, théâtral, avec tout ce que ça peut avoir de bon (c’est arrivé) et de très mauvais (ici, maintenant, dans cette salle). Ensuite, il nous rappelle que le cinéma, surtout américain, est une affaire de territoires que l’on habite, que l’on conquiert ou sur lesquels on se promène en touriste. Le diagnostic est juste, on peut y voir un aveu: au Quartier latin ou ici, en région PACA, Arnaud est peut-être chez lui, mais là-bas, au loin, dans le «Montana 1948», il visite.

Claude Chabrol à Cannes: «L’essentiel, c’est de s’en foutre»

Les archives de la Croisette • En 1955, Marcel Pagnol préside le jury de Cannes. Vingt ans plus tard, le réalisateur du «Boucher» s'en souvient dans son «Et pourtant, je tourne». Extrait.

Cette année-là, Marcel Pagnol présidait le jury du festival de Cannes. Un Soviétique, vice-président, avait chargé d'établir l'emploi du temps des honorables jurés.
«Monsieur le Président, Messieurs, voici ce que je vous propose. Chaque matin, nous nous réunissons à huit heures.
8h00-8h30: Débat sur les films vus la veille;
8h30-9h00: Organisation de la journée qui commence;
9h00-10h30: Premier visionnage;
11h00-12h30: Deuxième visionnage;
12h30-13h30 : Déjeûner;
13h30-14h : Discussion sur le deuxième film visionné le matin;
14h00-16h00...»
Ça continuait ainsi, sans une pause, jusqu'au dîner, peut-être même après. Le Russe conclut son exposé stakhanoviste, manifestement heureux de lui-même :
«J'espère, Monsieur le Président, Messieurs,
que je n'ai rien oublié.
Alors Pagnol:

Mon Dieu, des bites !

Ne pas délirer comme nos confrères sur «l’Inconnu du lac»: est-ce faire preuve d’homophobie ou d’un minimum de goût ? Notre enquête (très) exclusive.

A peine le deuxième jour de compèt’ et déjà plein de questions insolubles dans notre tête. Par exemple celle-là: pour le spectateur mâle hétéro, la bite est-elle nécessairement une invitation à passer son chemin ? On a voulu le croire en sortant dubitatif de l’Inconnu du lac, le nouveau film d’Alain Guiraudie, peuplé de garçons naturistes batifolant dans des sous-bois, avant qu’un crime crapuleux ne vienne foutre en l’air ce summer of love idyllique.
Le véritable horizon de l’Inconnu du lac nous semblant être sa revendication absolue de sa gayitude, sa volonté de se présenter d’un bout à l’autre comme un film ghetto, on choisit de ne pas se sentir concernés. Très bien, affaire classée, allez hop, projo suivante.

Le souci c’est qu’appréhender le film sur le seul terrain de son esthétique gay sciemment hermétique, c’est aussi se confronter à l’argument massue de l’homophobie, dès que le débat commence à durer. Tard dans la nuit, un confrère gentiment tartiné et d'humeur badine nous balance d’ailleurs: «François, je suis au moins aussi homophobe que toi, et j’ai trouvé le film extraordinaire... hips...» avant d’aller s’en jeter un. Mince, il y aurait donc autre chose ? «Ouhlala le Guiraudie, putain c'est sublime.» 
Les journalistes des différents canards

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