Technikart

"Ici, c'est le bordel, t'es à Marseille"

A partir du mercredi 5 février, Canal+ multidiffuse le doc «Marseille gangsters» de Sébastien Thoen et Jérôme Pierrat. Loin au-dessus de Charles Villeneuve.

«J'suis vendeur de coke à la base. J'suis toujours armé. Ici, ça patate à tout va», annonce Marco en sortant de son falzar un 11.43. Ainsi débute Marseille gangsters, le docu sur la cité phocéenne signé Jérôme Pierrat, spécialiste des gros bras (une dizaine de livres sur les voyous de tous genres, dont le dernier, Parrains de cités), et Sébastien Thoen, situationniste de la télé (Action Discrète, la rubrique Invité je t'aime dans le Grand Journal) et ex-Marseillais. Ici, rien de drôle mais une incroyable plongée de 90 minutes dans le Marseille qui trafique, qui cambriole, qui canarde, tous quartiers, niveaux de responsabilités et générations confondus: on passe ainsi des quartiers nord de la Castellane au ghetto gitan du Ruisseau Mirabeau où pas un condé n'ose s'aventurer; des préoccupations du «guetteur» ou du «charbonneur» (les petites mains du deal) à celles du «gérant» ou du «patron».
Entre l'achat d'une Kalach' et le désossage d'une voiture banale destinée au «go slow» (l'inverse du «go fast», soit une berline passe-partout conduite par un couple), Marseille gangsters est tout l'inverse de la télé-pimpon dont les chaînes de la TNT vous abreuvent: ici, pas de flics, que des voyous, des vrais, jusqu'à l'interview d'un prisonnier des Baumettes filmé par un autre détenu à l'aide d'un téléphone. C'est édifiant, nerveux, sans compassion. «Avant, tout le monde rêvait d'avoir une Kalach', aujourd'hui, ils s'en servent, conclut l'un des trafiquants. Ici, c'est le bordel. T'es à Marseille.»

«Marseille gangsters»: le 5 février à 20h50 dans «Spécial investigation» et en multidiffusion. Canal+.

A lire notre dossier «Le nouvel esprit du gangsta» dans Technikart en kiosques.

Raphaël Turcat

Technikart: tout 2013 en 148 pages

Actuellement en kiosques et sur iPad en version super-enrichie, un numéro exceptionnel de Technikart.

LA COVER
Rencontre au top avec Ben Stiller à New York et toute la filmo commentée du héros de la Vie rêvée de Walter Mitty, du sketch amateur qu'il réalise et sur lequel Tom Cruise flashe jusqu'à ses prestations dans le Saturday Night Live et ses plus grands succès/flops sur grand écran.

LA POWERLIST
Médias, culture, société, sport, idées, politique : le classement des 100 personnalités les plus influentes de 2013.

LA SOCIÉTÉ
• Un dossier à lire avec des lingettes sur la France cra-cra : des lunettes d'Alain Finkielkraut
aux roots de Marseille, sommes-nous entrés dans l'ère des cra-cra warriors ?

• Enora Malagré nous reçoit chez elle et raconte tout de ses embrouilles, du AK78 quand elle était ado à sa vie tumultueuse d'intello-blonde du PAF.

• A l'heure où les chaînes de télé ne manqueront pas de repasser le Père Noël est une ordure, Technikart s'est infiltré pendant une nuit chez SOS Amitié pour un reportage exclusif.

• Baisez éthique : la carto parisienne pour une prostitution responsable.

• A quoi rêve un supporter de foot : du baston de PSG-Caen en 1993 à la

Enora Malagré: «J’ai viré un peu caillera, ouais»

enoraDepuis trois jours, notre portrait d'Enora Malagré, paru dans notre numéro de décembre-janvier (disponible en kiosques et sur iPad), fait blablater sites people et contempteurs de notre présentatrice blondinette préférée. Laquelle a décidé de revenir sur la version qu'elle y livrait de son adolescence turbulente sur le mode «c'était une blague».
L'auteur de l'article, Laurence Rémila – ou «l'excellent journaliste de Technikart» à en croire ce que déclarait Enora le 12 décembre à Touche pas à mon poste –, nous a filé les «bandes» de son interview. Voici donc le passage retranscrit traduit tel quel. Nous

Opération Bot'Ox réussie

Bot'Ox, c'est le retour de Cosmo Vitelli porté par le single "The Face of Another" et un clip waouh de Flokim Lucas.

Shootée par Philippe Lebruman, la pochette du nouveau Bot'Ox jette un froid: on y voit une discothèque abandonnée dans un terrain vague déprimant. Le communiqué de presse n'est pas plus pimpant: «Le night-club, symbole de jeunesse et de vitalité, contient dans sa promesse de nuits blanches une grande fatigue.» Les fêtards les plus primesautiers sont prévenus. S'ils veulent s'éclater entre benêts, mieux vaut prendre un avion pour Ibiza que monter à bord de cet album placé sous le signe des petits matins blêmes et de la gueule de bois.
La carrière de Cosmo Vitelli (moitié de Bot'Ox) épouse ce désenchantement. Il y a dix ans, il sortait «Party Day» et «Robot Soul», des bombes entre French touch et italo-disco. L'humeur était alors à l'euphorie. Bémol: pourtant excellent, son premier album n'avait pas marché. Depuis, il fonce sur une route de plus en plus mélancolique. «Sans dormir», c'est le «Cosmic Cars» de Cybotron repris par un groupe aussi tendu que ténébreux. A dormir debout ? A réveiller les morts, plutôt. Et les zombies de la nuit.
«Sans dormir» (I Am a Cliché).
Louis-Henri de La Rochefoucauld

Applis les plus cons, le top 10

Au royaume des applis débiles, celles-ci se tapent une place de choix. Découvrez la totalité de notre dossier sur les applis dans Technikart en kiosque.

Roi du kébab_Ou comment fabriquer virtuellement son kebab salatomatoignons soi-même, en s'épargnant en prime l'haleine de poney et le port de la moustache. Inutile, donc indispensable.

NervSounds_Vous adorez saouler votre entourage? NervSounds est fait pour vous avec ses samples de violon criard, de moustique sous Red Bull et de bruit de craie sur tableau noir. Iiiiiii.

One Clap_On connaissait les rires enregistrés. Avec One Clap, il est désormais possible d'applaudir à tout rompre sans se mortifier les paumes de mains, en appuyant sur un simple bouton. Idéal si vous allez beaucoup au théâtre.

Tamago_Vous n'avez rien à faire de votre index ? Téléchargez Tamago et tapotez un million de fois sur un œuf (tout de même) pour savoir ce qu'il y a dedans. Surprise.

Fake a Call_Faire croire que votre boss vous appelle pour vous échapper de ce dîner relou, c'est possible grâce à Fake a Call. Dans le même genre, iNap@Work simule des bruits de bureautique (clavier, clic de souris), comme si vous bossiez.

Pocket Heater_On nous annonce un hiver hyper froid, mais pas de panique: avec cette appli qui fait fumer les composants de votre smartphone, vous voilà avec une bouillote de fortune dans la poche.

Jotly_Comme dans «Un dîner presque parfait», les gens ont aujourd'hui tendance à tout noter. Jotly vous propose d'évaluer tout ce qui vous

Pierre-Emmanuel Barré: «Je n'ai pas le droit de faire des blagues sur Pierre Ménès»

Avec son humour trasho-absurde, Pierre-Emmanuel Barré est, grâce à son «Instant barré» (co-écrit avec son comparse arsen) dans la «Nouvelle Edition» sur Canal+, la révélation de cette rentrée télé.

Si je te dis que tu es le croisement entre Chris Esquerre et Gaspard Proust, tu le prends comment ?
Bien. Proust, j'aime: il écrit bien, mais je le connais pas. Quant à Chris, je suis ultra fan, on partage le même goût pour l'absurde et le langage un peu suranné. D'ailleurs, on était tous les deux sur la même émission sur France Inter, «On va tous y passer».

Comment as-tu été repéré ?
C'est la femme de Christophe Carron, le rédac' chef, qui m'écoutait sur France Inter et qui a dit à son mari de me faire passer le casting.

T'y vas pas avec le dos de la cuiller pour les vannes: pédophilie, tueurs en série, Roms, Juifs, Arabes, tout y passe.
Je suis impressionné par ce que j'ai le droit de dire. Je ne suis pas du tout emmerdé. Les rédac' chefs me relisent avant, mais pas Ali Baddou. Il découvre ma chronique en plateau. La politique est assez simple: je n'ai juste pas le droit aux injures et à la vie privée.

Aucune censure ?
Ah si, je n'ai pas le droit de faire des blagues sur Pierre Ménès. J'avais écrit un truc à la con où je disais que le Costa Concordia avait enfin été relevé avec la technique qu'on utilise tous les matins pour redresser Pierre Ménès, et j'ai dû changer. J'ai mis Gérard Depardieu à la place. C'est peut-être parce que le «Canal Football Club» est dans le même immeuble. Je flippe

Vincent Malone, l'homme qui répond aux spams

Mercredi 13 novembre, à la librairie l'Arbre à Lettres, rencontre avec l'homme qui répondait aux spams africains et en a fait un top livre: «les Milliards de dollars de Léon Robillard».

On a trouvé plus barge que Docteur Jekyll et Mister Hyde. Et il est français. D'un côté, il y a Vincent Malone – de son vrai nom Vincent Barrès –, 54 ans, très sérieux vice-président et directeur de création de l'agence de pub BETC. De l'autre, je vous présente Vincent Malone – sous le pseudonyme du «Roi des papas» –, auteur de quelques tubes pour enfants parmi lesquels le hit scato Merdocu et signataire d'un album de reprises à la trompette (Come As you Are, Voyage Voyage...). Enfin, voici Vincent Malone (toujours lui), écrivain – peut-être sa facette la plus gravos.
Les amateurs de littérature pour kids ont eu vent de la dinguerie de l'énergumène (lisez Kiki fait caca) mais les grands ont eux aussi droit à leurs ouvrages laissant augurer d'une consommation abusive de Nesquik. Vincent Malone est en effet l'auteur d'un livre-culte: le Perche à l'aube du troisième millénaire, fendard recueil de photos légendées collectées pendant des années dans un hebdomadaire normand: méchoui des anciens d'Algérie, concours de salaisons ou de gros poissons, loto communal, départ en retraite d'un facteur et autres spectacles à la maison de retraite. L'olibrius pouvait-il se surpasser ? Evidemment. L'objet du délire s'intitule les Milliards de dollars de Léon Robillard.

Spams sénégalais
Vous aussi, vous recevez des spams à l'orthographe approximative et à la grammaire farfelue signés par des notaires sénégalais ou des héritiers de Sierra Leone ? Malone, lui, les lit scrupuleusement, et les adore. «Les spams sont un hommage croisé à la littérature et au pomme C/pomme V», analyse-t-il. Le bougre a alors décidé de donner suite à ces longs messages explicites, obsédés au final par