Un conte de Noël. Sélection officielle
Confirmation du tournant qu’a pris sa filmo depuis deux ans (plus directe, plus brutale, plus immédiate) Un Conte de Noël est la suite logique et confuse de Rois et Reine (le mythe, la famille). Après avoir poignardé sa famille et balancé sur ses ex, Desplechin dit tout le mal qu’il pense de lui. Cool ? On se calme : l’autofiction a quand même ses limites et dans ce nouveau trip égotiste et fielleux (c’est Marie D. qui va être contente), il s’est donné le beau rôle : le canard boiteux d’une famille de timbrés rassemblée à Noël pour discuter d’une greffe d’organe (on résume). Le film est un potlatch virtuose (comme d’hab) qui cite Bergman (Sarabande ou Fanny et Alexandre) et Renoir. Pourtant, c’est à la Famille Tenenbaum qu’Arnaud pense (et qu’il cite) en faisant le portrait de cette tribu, à la fois drôle et cruelle. Crudité hyperréaliste des émotions, star lâchées à contre emploi (Amalric en fou furieux, Deneuve en harpie), habileté à changer de ton (de la comédie au drame) et grand sens musical (ses bandes sons sont toujours aussi dingues), Desplechin pourrait laisser croire qu’il est le Wes Anderson français. Sauf que là où l’américain déploie la carte de la mélancolie dépressive sur un mode pastel, le frenchy est mû par une haine (envers ses personnages et son entourage) assez déplaisante. Un Conte de Noël confirme sa volonté de faire un cinéma du chaos qui cultive la tension (hors champ et à l’écran).
GG









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