Appartement de JERRY. KRAMER entre.
KRAMER : J’ai une idée. Une idée révolutionnaire !
JERRY: Uh-huh.
KRAMER : Imagine-moi ça — et visualise l’image dans ta tête : des couches pour chevaux !
JERRY : NdT : en V.O. Oh, Moses smell the roses.
KRAMER : Ecoute, Jerry, écoute. Je marchais dans Central Park et là… tu aurais vu toutes ces voitures à chevaux - le chantier, putain…
JERRY : Certes, ils n’ont pas fait de Pampers en XXXXL pour les canassons ?
KRAMER : Et tu crois que tous ces conducteurs du dimanche auraient une pelle pour ramasser les merdes ? C’est dégueulasse !
JERRY: Bon, alors, c’est quoi ton plan ? Oh, d’accord…
KRAMER : Ben les couches pour chevaux, Jerry. Mon pote Bob Sacamano était dans la marine marchande. Il a tout un tas de vieilles voiles de bateaux. Je n’aurais qu’à tailler dans celles-ci pour fabriquer les couches et les mettre sur le marché.
JERRY : Je pênse à un truc : et quand les couches seront « pleines », qui est-ce qui les nettoiera ? Toi peut-être ?
KRAMER : Les laver ? Ben non, je crois qu’elles pourraient être jetables.
JERRY : Encore un nouveau plan du laboratoire d’idées des indistries Kramaerica qui part en fumée…
JERRY : Oui ?
GEORGE : C’est George.
JERRY : Viens, mec.
KRAMER : Les couches pour chevaux, George, tu entends ? Elles vont révolutionner l’industrie du cheval.
GEORGE : L’industrie du cheval ? Mais de quoi il parle ? L’industrie du cheval ?
JERRY : Arrête. Tu ne veux pas savoir.
GEORGE : Jerry, la fille avec qui j’ai rencart. J’ai besoin de te parler.
JERRY : Oh, d’accord, d’accord, d’accord...
KRAMER: Quoi ?
JERRY : La nouvelle gonzesse de George a des fantames, tu vois, un peu curieux.
KRAMER : Son truc, c’est la fessée ?
GEORGE : La fessée, ça va, je pourrais. C’est son chien. Elle insiste pour qu’il soit absolument dans la chambre, quand, euh, tu comprends…
JERRY: Ben quoi ? Un chien. C’est quoi le problème ?
GEORGE : T’as jamais vu un chien comme ça. Bluto, il s’appelle. Un Mastiff avec une tête grosse comme un ballon de basket. Il s’assied au pied du lit et grogne. Un jour ou l’autre, il va me bouffer le pied.
JERRY : Alors, pourquoi ne pas aller chez toi ?
GEORGE : Elle refuse. Son appartement est un « sanctuaire ».
KRAMER : Pourquoi dans le parc, alors ? Ou au ciné ? Les filles aiment bien les coins coquins.
GEORGE : Celles avec qui tu sors, oui. Jerry, faut que tu me viennes en aide.
JERRY : Qu’est-ce que je peux faire ? Tabasser le chien ? Le faire disparaître ?
GEORGE : Oui, pourquoi pas. Ou on pourrait peut-être monter un coup.
JERRY : Monter un coup autour du chien ?
GEORGE : Ben oui. Maquiller un crime et dire que le coupable, c’est le chien. Car c’est un chien méchant. Et vilain.
KRAMER : Je te viendrai en aide, George.
GEORGE : De la bombe !
JERRY : Oh, j’aime bien la tournure que ça prend…
Traduit de l’américain par Baptiste Liger
* Vient de paraître « Juste être un homme » (Albin Michel)










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