Obsessionnel de l’image, Quentin Faucompré joue avec son imaginaire, invente des mises en scène fantasmagoriques, où des personnages s’amusent de situations plutôt grinçantes. À la fois illustrateur, auteur de bande-dessinées et dessinateur, il s’investit dans chaque projet tout en revendiquant une liberté totale qui lui permet de faire se rencontrer des genres artistiques.très différents « Ce qui m'intéresse, au sens large, c'est de construire et déconstruire des situations, mettre en scène des contradictions. Je n'ai pas de méthode de travail à proprement parler. Et puis je n’ai pas d’attache, je vomis sur les racines. J’ai toujours une hantise du clan, du microcosme. J’utilise le dessin comme un cheval de Troie qui me permet de me promener dans différents milieux. En fait, rien n’est préétabli ou prémédité, c’est ça qui est émoustillant, excitant. C’est un cheminement aléatoire et à la fois précis. »

Baigné par le théâtre et le cinéma de Fellini, Fritz Lang, Monteiro ou encore les Monthy Pythons, ses projets naissent tout aussi bien de rencontres ou de lectures. Ses dessins au trait presque classique et aux couleurs acidulées, se veulent suggestifs, comme des formes où chacun peut y projeter sa propre idée. Mais il est également fasciné par les rituels religieux ou quotidiens, principalement inventés par des hommes pour des hommes servant à appuyer leur puissance, ou à dissimuler leur faiblesse. « Cette domination, consciente ou inconsciente, fait partie intégrante de nos sociétés. »

Avec ses acolytes Guillaume Dégé et Frédéric Déjean, il vient de publier le second opus du « Grand hôtel Orbis ». Un livre collectif fait se rencontrer des artistes (Stéphane Calais), des dessinateurs (Willem, Charles Burns, Pierre la police), des musiciens (Daniel Jonhston), des découvertes (Armelle Caron, Ludovic Debeurme) entre les pages – pensées comme les chambres d’un hôtel - aux visions très singulières et percutantes, pour un bouquin imposant qui en impose. L’exposition qui en découle à l’espace Beaurepaire à Paris, a de quoi réjouir tous les adeptes de curiosités visuelles.

Garance HAMON

Livre : « Grand Hôtel Orbis », opus II, aux éditions Orbis Pictus Club.

« Les aventures du Baron de Münchhausen » aux éditions Orbis Picture Club.

Expositions : du 9 au 26 avril, à l’espace Beaurepaire à Paris (métro république). Vernissage le 8 avril.

Du 30 avril au 10 mai « Les accidentés de l’anecdotique, 4ème étape » à la Zoo galerie à Nantes.

Match de dessinateurs catcheurs à moustaches les 5 et 6 avril Festival du 9e art et autres arts associés d’Aix-en-Provence.