Mardi 4 mars. Dijon. Nous venons d'assister en compagnie d'une petite trentaine de fans au concert en appartement de Sébastien Tellier, organisé dans le cadre du festival Génériq. Après une heure de show bricolé mais intense, notre futur représentant au concours de l'Eurovision descend dans la cour de l'immeuble pour y siroter un verre en compagnie de son public d'un soir. L’occasion pour nous de lui proposer une interview fissa entre deux portes. Magnéto
Technikart : Alors qu’est-ce que ça fait de passer au Grand Journal de Canal, le tout aux côtes de Juliette Binoche ?
Sébastien Tellier : Ha, Ha…Juliette Binoche !! Oui, j’ai remarqué qu’elle a un comportement qui ressemble à son nom. Non, mais, blague à part, ça m'a fait extrêmement plaisir. J'aime beaucoup la télé et je me sens très à l'aise devant une caméra. En fait, j'aime sentir des yeux me transpercer. Et puis j'adore parler, me mettre en avant, faire le pitre, alors pour le coup j'ai vraiment le sentiment d'être à ma place. Ha, ha ! Quoi tu t'attendais à une autre réponse ?!
Technikart : Non, je n’en sais rien…
Sébastien Tellier : Que veux tu, je suis très content de pouvoir incarner ma musique à la télé. Mais ça ne veut pas dire que je souhaite devenir une rock-star. Le but de ma vie c'est plutôt de m'acheter une montagne, de vivre dessus et d'oublier. De tout oublier. J’ai envie de partir depuis très longtemps et j'ai l'impression que ce n'est qu'avec la musique que j'arriverais un jour à me payer cette montagne.
Technikart : Réussir à trouver un autre sujet aussi fort que la famille, la politique ou le sexe, c’est quelque chose qui t’angoisse ?
Sébastien Tellier : Non. Les avancées scientifiques, qui sont les aventures les plus passionnantes au monde, m'aideront à trouver de nouveaux sujets. Sinon peut être que j’irais les chercher dans la scientologie qui me semble être une psychologie encore plus forte que le sexe. En fait, j’ai arrêté de m'angoisser, c'est totalement fini tout ça. Humainement je suis à la retraite.
Technikart : Tu pourrais envisager une collaboration avec les frangins Bogdanoff ?
Sébastien Tellier : Mais oui, pourquoi pas !? Franchement, ces mecs, tout le monde se fout de leur gueule alors qu'ils sont simplement à bloc. Ils vont au fond d'eux même. Ils se révèlent. Bon ok ils se révèlent monstrueux. Mais, même si ce sont des monstres, ce sont des monstres gentils. Bref, je les aime beaucoup, vraiment ils déchirent.
Technikart : Qu'est-ce que tu aimes chez eux, leur menton ?
Sébastien Tellier : Oui, osez faire ça c'est quand même fabuleux. C'est un peu comme Michael Jackson qui s'est transformé pour disparaître et faire plaisir à son public. Michael Jackson il s'est effacé, il n'existe plus.
Technikart : C’est une expérience particulière de jouer devant une trentaine de personnes ?
Sébastien Tellier : Non, c’est exactement la même à ceci près qu’ il faut peut être s’appliquer un tout petit peu plus et, évidement, arriver propre.
Technikart : De ton album Sexuality, la chanson qui polarise le plus l‘attention semble être « L’amour et la violence ». Qu’est-ce que révèle pour toi le fait que ce soit cette chanson, qui ne devait pas faire partie de ton disque, qui se trouve être celle qui reçoit les meilleurs échos ?
Sébastien Tellier : Ça prouve tout simplement que je n'ai aucun flair commercial et que Guy Man, lui, en a énormément. Si je ne voulais pas qu’elle fasse partie de Sexuality, c’est tout simplement car je percevais cette chanson comme quelque chose de très personnelle. Elle m’a été inspirée par le psy que je voyais à l'époque et je l’avais écrite très sincèrement en pensant à lui. Dans la vie d'un musicien, il y a ce que l’on montre et ce que l’on crée à côté mais qu'on garde pour soi. Guy Man a réussit à me convaincre car durant l’enregistrement, je disais oui à un peu toutes ses propositions. Lui, sait ce qui est bon, comment le placer et le mettre en valeur.
Technikart : Sur quelle chanson éprouves tu le plus de plaisir ?
Sébastien Tellier : C’est sans doute Roche, celle où j’évoque Biarritz qui est le lieu où j’ai pour la première fois ma vue découvert l'amour, l'érotisme, la plage, tout ces choses… Dès que je la chante j'ai l'impression d’y être.
Technikart : Et la chanson « Une heure » ?
Sébastien Tellier : Oui aussi mais pour la jouer je dois être très concentré guitare ce qui fait que je n’ai aucun fantasme qui me viennent en même temps à l'esprit. Mais la plus cul, t'as raison c'est sans doute celle là.
Technikart : (Un jeune qui suit notre conversation) « C’est pas Kilometer ? »
Sébastien Tellier : Non. Vois tu « Un heure » c'est le cul version européenne. « Kilometer » c'est le plus le sexe à l'américaine ou tu enchaînes jusqu’au bout et l’endurance n’est pas la valeur première de ce disque.
Technikart : Selon toi, quel est le disque parfait pour faire l'amour à une jeune fille ?
Sébastien Tellier : Hum…Le premier qui me vient à l’esprit c’est forcément « Appetite for destruction » des Guns 'n Roses qui est véritablement parfait. Ensuite je dirais Diana Rose, Marvin Gaye, tout les albums de Prince et tous ceux de George Michael
Technikart : Pour terminer, comment as-tu ressentis le potentiel érotique de Dijon ?
Sébastien Tellier : J'ai déjà vu plus cul comme ville quand même, non ? Pour moi le pays du sexe ça reste l'Italie, la Lombardie… Là bas, une simple maison réussie à t’exciter…










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