On en croise du Groscon en ce moment. Ça n’arrête pas avec la Fashion week. Au début ça fait rire, après ça irrite. C’est comme les concours de Malabar. Et vas-y que j'te colle mon exubérance dans le nez et mon coude cagneux dans l’œil. Je coûte plus cher de la tête au pied que tout le Rwanda affamé. C’est là que je me dis que la provocation corrosive je me la foutrais bien en gourmette. Et vu comme on est partis, les gourmettes vont revenir à la mode j’en suis sûre. (La preuve chez Colette). Cette semaine c’est un peu la débandade générale, les choses s’annoncent bien et puis finalement, ça foire. Mercredi soir je suis à Saint Denis, au théâtre Gérard Philippe pour voir « Vive la France », pièce de Mohamed Rouabhi. Il y a du slam, du rap, du break, des beats et des scratches, la France du 93 pleure son désarroi, le gospel se fait mélancolique jusqu’aux émois, et moi, et moi, et moi ? La troupe s’égosille, et comme prévu on situe le gouffre banlieue-capitale. Mais le message tourne en rond. Il y a des clivages et après on fait quoi ? A l’entracte j’entends les mots « clichés », « communistes », « pièce anarchiste », je ris doucement, faut pas déconner non plus ! Pendant ce temps à l’autre bout de la capitale, les jambes maigrelettes défilent sur les podiums. Le message de Viktor&Rolf cette saison c’est « NO », parce que la mode ça va trop vite, on en a marre, sus à la société de consommation et aux aléas de la mondialisation et bla bla bla. En plus j’ai la voix de Philippe de Villiers en tête. J’ai l’impression d’entendre des messages à la con de toutes parts, des généralités de la vie qui nous ennuient. Retour au théâtre, la tête de Sarkozy apparaît en rouge sur un grand écran, puis une jeune femme, bandeau sur l’œil, hurle à la mort un discours de Marine Le Pen. Le racisme c’est nous, le racisme c’est la mode, la mode c’est fini. J’en peux plus, j’ai le tournis, tout ça est trop dur à supporter pour moi, pauvre petite chose innocente et conne. J’éteins mon portable. Vie de merde.

Merveilleux étalages d’excréments

Mais la semaine n’est pas terminée et les échecs continuent. Feu d’artifice vendredi soir. Au Nouveau Casino j’assiste à la première partie de concert la plus déconcertante de toute ma vie : Japanther ou les-New-Yorkais-qui-bavaient-sur-des-crissements-de-guitares-dégueulasses. Ça partait quand même d’une bonne intention de jouer devant les Friendly Fires, non ? Heureusement les trois Anglais relèvent le niveau. Leur pop-funk-groove me réveille, j’ai les pieds qui gigotent et Edd Gibson, le chanteur-bassiste-sauteur professionnel, balance des confettis avec sa jolie flûte dorée. C’est bien mais c’est court. Pas de bis, que dalle, je reste sur ma faim mais je n’ai pas le temps, je cours au Musée d’art Moderne pour l’inauguration de l’expo « La Louvre » de Gelitin. Une soirée qui s’annonçait prometteuse avec camembert, vin rouge et performances artistiques au programme. Et nous voilà dans l’incroyable monde du trash. J’ai du bol, quand j’arrive l’accès aux « œuvres » est fermé. Je rate donc les merveilleux étalages d’excréments et de colle non séchée qui auront dégouliné gaiement sur les visiteurs tout au long de la soirée. Le camembert est bien là oui, étalé sur les murs, en pleine décomposition picturale. Quant au vin rouge, c’est sous forme de vomi qu’il est le plus présent. Et puis, il y a les fameuses performances qu’on ne peut rater. Deux des quatre déjantés de Gelitin, qui soulèvent les cœurs avec leurs mises en scènes douteuses, font un spectacle du tonnerre sous nos yeux ébahis. Ils sont en tutu de danse et en combinaison de peintre en bâtiment, finissent nus comme des vers, se roulent par terre, se frottent à des blocs de glace et jettent du camembert sur leurs « amis ». Je pars en courant, certainement trop idiote pour comprendre l’art con, et ça n’est pas plus mal. Minou m’emmène manger une spécialité africaine avec une bouteille de champagne. (Minou c’est un peu l’inconnu mystérieux qu’on ne présentera pas). On esquisse trois pas de danse au Truskel et on finit gentiment au Social Club où Gaspard des Justice lance avec magie « I like to move it » de Reel 2 Real.

Daubes faussement novatrices

Je sors de l’angoisse avec « Mansard Roof » des Vampire Weekend. C’est l’été sous la bruine parisienne, il y a des serpentins accrochés à mon vélib pourri, et des jets d’eau sous mes pieds. Je rigole devant les mines morveuses de la mode, devant les dérapages foutraques de notre trop petit président (qui a encore besoin de compenser en ce moment). Je suis black, blanche, beure et je fuis l’étalage de toutes ces daubes faussement novatrices ! Fernande est loin de moi mais elle ne chôme pas. C’est elle qui me ramène en scoop une photo exclusive de la voiture ayant remporté le concours tunning février 2008 du parking Carrefour à Bordeaux. J’ai pensé que ça vous ferait plaisir d’avoir un aperçu de la chose.