Cette semaine en résumé : Je suis hormonalement réglée de la même manière que la personne qui partage mon bureau. C'est une bonne chose. Ce qui fait que quand elle a envie de mourir, moi aussi. Du coup on se dit qu'on peut faire des suicides collectifs très intéressants dans un open space. Parce qu'en y réfléchissant bien il y a de l'art dans la mort, ou que l'art est mort je ne sais pas. Et du coup on rigole. Et l'envie de mourir passe. La vie est bien faite !

Sinon au-delà des questions existentielles de la semaine, il y aussi les belles choses du week-end. Il y a l'Opéra.

Samedi 9 février à 21h52, je me dis que j'aimerais devenir cantatrice. Puis à 21h57 je comprends que c'est quelque chose qui m'est matériellement impossible, voire déconseillé. Mais je suis bluffée. Les jeunes membres de l'Opéra de Paris sont sur scène, sans costumes, juste eux, et la sobriété de soixante musiciens de l'orchestre de l'Opéra Garnier. Un opéra accessible, des airs qui font frissonner. Je comprends alors que je suis en train de rencontrer Mozart. Zaïde, Idomeneo, Les Noces de Figaro, Cosi fan tutte. Ça vaut toutes la hype et la bière (à 8euros) du ParisParis. A 22h43 je prie pour que les gens voient d'autres choses que du fluo dans leur vie.

Je bave

Je pense aussi que les chanteurs de l'Opéra ne sont pas des êtres humains normaux. Ces jeunes femmes de l'atelier lyrique de l'Opéra National de Paris (Andrea Hill, Maria Virginia Savastano, Elena Tsallagova et j'en passe) ne doivent pas avoir la même tête que moi le matin. Elles n'ont pas non plus la même haleine (bien que je sois une princesse et ce, dès mon réveil). Cette espèce rare ne se bâfre pas de frites et n'éructe pas après une bonne cuite du Truskel-Popin-Motel. Elles ne louchent pas, elles ne tombent pas, elles ne passent pas pour des connes. Je suis donc extrêmement jalouse. Cela dit elles doivent s'emmerder à force de perfection. Me voilà rassurée.

Et puisque vers 23h34 je comprends que je ne suis qu'humaine, je bois quatre whisky on the rocks et je suis pétée en moins de deux minutes. J'atterris dans un bel appartement sans meubles rue de Rennes. Je bave devant ces filles qui savent si bien danser. Elles se trémoussent, faussement naïves. Les cheveux s'emmêlent dans les mains baladeuses, je les soupçonne de se prendre très au sérieux. Les yeux se ferment et je repense à Mozart. Je me dis alors que je ne suis ni cantatrice, ni danseuse, mais je sais roter, et je sais aimer Mozart. Toc.

Dimanche matin le soleil se lève sur les toits. J'ai mal au crâne et je suis vraisemblablement à nouveau célibataire, mais je vais bien ! La semaine prochaine je ne boirai pas autant de whisky, ça m'évitera peut-être de finir avec une brûlure de clope sur la joue sans me souvenir