Vendredi 1er décembre 2006
Mis un peu de temps avant de reprendre mon journal. C’est pas que ce fût dur, le décalage horaire. Bien au contraire. Tout le monde m’avait prévenu comme quoi c’est quand tu reviens que c’est le plus pénible. Et en fin de compte pas du tout. C’est à l’aller que j’en ai le plus chié, quand je n’arrivais pas à dormir la nuit et que j’étais crevé dans la journée. Là ça s’est passé au poil. Il faut dire que j’ai dormi dans l’avion (rien d’autre à foutre, pas vrai ?), puis écrasé dans le train qui me ramenait en Auvergne. Enfin, dormir est un bien grand mot. On est tellement mal installé dans les avions. Réveillé toutes les dix minutes. C’est un sommeil de merde. J’ai attendu qu’on nous serve à bouffer et puis je me suis forcé à pioncer, bon an mal an. En revanche, dans le train, ça a été au poil. J’avais un compartiment pour moi tout seul, je me suis étalé et j’ai dormi une heure et demie. Je me suis réveillé comme une fleur vingt minutes avant Vichy. Patricia m’attendait à la gare, c’était cool. On est allé déjeuner dans un petit resto et je lui ai un peu raconté mon voyage - en fait j’ai commencé à la saouler.
Bonne Bouffe
À Orly j’étais glauque. J’ai pris mon sac sur le tapis roulant et j’ai filé, m’excusant auprès de Max, Estelle, Cyril et Emilie. Je ne voulais pas rater le train de 8H47. Estelle avait dit à O. et son mec à quel point ils lui avaient pourri sa semaine. Du coup ils étaient partis sans dire au revoir. Je les ai croisés en allant choper un taxi. Dans l’avion, alors que l’on venait d’atterrir, je l’avais entendu dire qu’il regrettait ce séjour. Il n’y a que moi qui ai l’air content de cette semaine en Guadeloupe. Et c’est vrai, franchement je me suis régalé. Bonne bouffe, magnifique décor, belles plages, une mer géniale, bref, le paradis. J’ai fait la connaissance de Marcelle, appris à mieux connaître Max, me suis très bien entendu avec Cyril et Emilie, et je ne parle même pas d’Estelle qui est une personne très agréable. Evidemment, il reste O. et son mec, mais qu’ils aillent se faire voir chez les Grecs. Du reste Max commence à envisager sérieusement de se séparer d’eux dans un délai plus ou moins rapproché.
Le dimanche, je l’avais en grande partie passé sur mon ordinateur avec Pink Floyd au casque à relire mon journal, ce que j’avais entrepris déjà précédemment, et à bosser sur « Deep ». Pendant ce temps-là, Estelle se faisait prendre la tête par les deux nazes. Max s’était esquivé en douce ; en fait on apprendra plus tard, quand il nous aura rejoint dans la soirée, qu’il était allé se pinter tout seul à un bar sur la plage, puis qu’il avait filé au centre commercial de l’autre jour (trente bornes en bagnole) se taper un Mac Do. Je ne vous mens pas. Max est un dingue. Il n’en pouvait plus d’O. Vers 16H00, Emilie, Cyril et moi sommes allés nous baigner. Une dernière baignade dans la mer des Caraïbes. On aura assisté à l’ultime coucher de soleil. Magnifique. Puis on a terminé le planteur en apéro, Max nous a rejoint et on est allé diner en ville. Tout le monde semblait plus détendu à la perspective de rentrer le lendemain. Marcelle a appelé, elle nous a rejoint un peu plus tard, avec, devinez quoi, un peu d’herbe. Elle aura ensuite passé le restant de la soirée à nous parler de son idylle toute fraîche avec un marin.
J'avais mal au bide
Le lendemain, bagages. Ensuite on a filé à l’aéroport, on a enregistré, puis rejoint Pointe-à-pitre où on s’est fait saucer. Une bonne pluie tropicale, bien drue. J’étais trempé et j’ai dû m’acheter un tee-shirt. On a déjeuné et attendu qu’il soit l‘heure d’embarquer pour rejoindre l’aéroport. J’avais mal au bide, une chiasse qui dure depuis deux jours. O. et son compagnon, plutôt que de faire un tour en ville, avaient préféré passer les cinq heures d’attente à l’aéroport. J’imagine qu’ils en ont profité pour faire le point sur cette semaine passée en notre compagnie. À ma grande surprise, il y avait plein de jolies femmes en ville cet après-midi-là.
Pour l’heure je me suis remis au boulot, et tout va bien. J’ai intégré sans problème les scènes tournées en Guadeloupe. Ça semble fonctionner ; ça ne dénature ni le sens ni la forme du film. J’ai concocté un chouette générique. Et attaqué le montage son. Bizarrement, je suis irrascible. L’impatience me ronge. Je suis désagréable avec mes enfants, avec ma femme, sans raison. Elle est drôlement tolérante, je trouve. À sa place, je me serais mis à la porte depuis longtemps.










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