Depuis la fin de la belle époque de « La Grande Famille », la case du midi de Canal + ressemble, en termes d’audiences, à une zone sinistrée où s’enchaînent les concepts mort-nés. 4 % de part de marché et un an d’existence pour « La Vie en Clair » de Géraldine Carré. Idem pour « Nous ne sommes pas des anges » de Maïtena Biraben, seule émission à avoir été reconduite et seulement 2 % pour le « En Aparté » de Pascale Clark. Des scores très light face à l’ami Jean-Luc Reichmann et ses potes en images de synthèses qui eux atteignent les 33 % avec « Attention à la marche ». Alors flippé le Sam ? « Pour l'instant, la direction ne m’a fixé aucun objectif d’audience » avoue-t-il. Ca vaut peut être mieux.

Technikart : Bonjour M Etienne.

Samuel Etienne : Je vais commander une salade de fruits, c’est un vrai régal. Vous ne voulez pas la goûter ?

Technikart : Non merci. A la rentrée vous allez assurer la quotidienne du midi sur Canal + Vous savez enfin son nom ?

Samuel Etienne : « L'Édition Spéciale ». On va, un peu dans l’esprit du Daily Show de Rod Stewart, évoquer l’actualité sur un ton mordant et décalé. Il y aura avec moi Ariel Wizman et Anne-Elizabeth Lemoine et des comiques comme Thomas VDB, Chris Esquerre, Sébastien Thoen ou encore Camille Chamoux.

Technikart : Pourquoi Anne-Elizabeth Lemoine ? Sa façon de lire les SMS's chez Fogiel vous a bluffé ?

Samuel Etienne :C'est Fabrice Pirrot, l'ex-rédac chef de « T'empêches tous le monde de dormir » aujourd'hui producteur de l'Édition Spéciale qui rêvait de m'associer avec elle depuis des années. Je l'avais rencontré lors de mes débuts à la radio. On avait sympathisé. Elle m'avait même invité à son anniversaire.

Technikart : Cool. Vous flippez pas d'assurer cette case assez malchanceuse en termes d'audience pour Canal + ?

Samuel Etienne :Ça ne me stress pas du tout. Je suis persuadé que ça va marcher.

Technikart : Et si ça foire ?

Samuel Etienne :Ça fait longtemps que je ne me suis pas pris un bon gros échec. Ca m'intéresserait aussi.

Technikart : Vous ne trouvez pas que ces temps-ci à la télé c'est l'overdose de comiques ?

Samuel Etienne :Je regarde peu la télé, donc non. Je suis bon public avec l’humour. Je suis un fan absolu de Groland. J'étais très fier l'an dernier lorsque j'y ai fait une apparition. D’ailleurs, si Moustic en a marre de présenter Groland et qu'ils cherchent un présentateur, je postule.

Technikart : Vous dîtes ça mais votre obsession, c'est plutôt de devenir le nouveau PPDA, non ?

Samuel Etienne :Ouais... Je ne suis pas fan mais l’homme me fascine. J'aime son côté ouaté.

Technikart : Dans votre émission de débats « N'ayons pas peur des mots » sur I-Télé, Philippe Tesson, Stéphane Pocrain ou Jean-Luc Mélenchon vous ont pris à partie sur vos opinions politiques.

Samuel Etienne :C’est de la mise en scène. Jean-Luc, si on l'interrompt dans l'une de ses tirades on est forcément du bord opposé. Stéphane, c'est un pote que je fréquente à l'extérieur. Avec Philippe je dîne aussi de temps en temps. Il m'accuse de tout : de faire du racisme anti-vieux, d’être de gauche…

Technikart : Elle ne vous fatigue pas votre image du « Oui Oui » de l'info ?

Samuel Etienne :L'actualité est une matière intrinsèquement anxiogène. Je résous ce problème en utilisant un ton un peu coquin, un peu malin, un peu rock. Mais c'est une façon de faire faux cul. Je ne suis pas cette personne dans la vraie vie. C'est mon moi fantasmé.

Technikart : Vous êtes comment sinon ?

Samuel Etienne :Anxieux. Très égoïste. J'aimerai être plus doux, plus patient avec les gens. J'essaye de travailler sur ces aspects de ma personnalité mais avec peu de succès pour le moment.

Technikart : Vous n’êtes pas si cool que ça en fait...

Samuel Etienne :Si un débile absolu me donne 100% de ce qu'il a, je peux être la crème des garçons mais quand quelqu'un ne respecte pas ce travail qui a donné sens à ma vie, ça me fout en l'air.

Technikart : Ca n’allait pas bien avant ?

Samuel Etienne :A 18 ans j’étais un élève brillant. Après le bac je suis rentré directement à Sciences-Po. Je voulais être le maître du monde. J’ai bien pris le melon mais mes études ont lamentablement foiré. De 20 ans à 22 ans je ne savais plus où j'en étais, je trouvais un exutoire dans la fête.

Technikart : Vous avez été nommé « Bombe du mois » dans le mag gay « Têtu ». Content ?

Samuel Etienne :J'étais très fier et plutôt satisfait de l'ambiguïté qui pouvait planer sur mon orientation amoureuse. Je fais tout pour que rien ne retienne l'attention. J'ai un physique passe partout et vestimentairement je ne fais aucun effort. Maman me le reproche assez souvent d'ailleurs…

Technikart : Je vous ai vu arriver en moto, c’est quel modèle ?

Samuel Etienne :Une vieille Honda Paneuropéan 1100. Mon seul pêché matériel c’est les motos. J'en ai eu plusieurs un temps mais là je n'ai plus que celle-ci plus un petit scooter que j'utilise quand je n'ai plus de permis.

Technikart : On vous l’enlève régulièrement ?

Samuel Etienne :Oui.. Là, je vais devoir passer des stages sinon je vais le reperdre. J'ai des petits problèmes de dépassements de vitesse. J'ai fait pas mal le fou avec ma Ducati 750 s, une bicylindre avec un son très caverneux.

Technikart : Sur le périph ?

Samuel Etienne :Partout. C'est des motos qui ne sont amusantes que si on les brusque. Je l'ai vendue après un freinage raté sur un camion. J'avais le pressentiment que j'allais finir par me crasher.

Technikart : Les flics ne vous font jamais de faveurs ?

Samuel Etienne :On a le droit à plus d'égards mais la dernière fois, ils étaient huit sur le coup.

Technikart : Il n'y a pas eu de délit de fuite quand même ?

Samuel Etienne : (Silence) .... Quand je suis sur une moto, il se passe un truc. Je ne suis plus très fiable. Cette salade de fruits est délicieuse, je me demande ce qu'ils mettent dedans. Sûrement de la cannelle.

Entretien Vincent Cocquebert

« L’Edition Spéciale ». Tous les midis sur Canal +.