Samedi 14 octobre 2006
Il est minuit passé et je suis allongé en face d’une bite. Figurez-vous que je ne savais pas où mettre la sculpture de Jean-Michel, je vous parle de la bite de quarante cm couleur bronze, et bien dans ma chambre, la chambre de Val, il y a des sortes de piliers tronqués, des socles genre Grèce Antique en stuc, et cinq murs en plus de celui contre lequel repose ma tête, c’est pas une pièce carrée, et ben j’ai mis le socle au pied du lit, un grand lit dans une très grande chambre, et sur le socle j’ai posé la bite, qui se dresse comme ça au pied du lit. Le décor fait très Kubrick (et pas que les chambres : le salon et l’entrée également ; ça sent le zoom à plein nez). Tout ça donne envie d’éclairer. Mais je ne sais pas comment. Je crois que le mieux c’est de ne toucher à rien et de pousser le gain (voilà une phrase qui me grillera définitivement auprès du syndicat des chef-op).
On est allé chercher Ramon à l’aéroport ; toujours aussi sympa, agréable. On s’est installé dans le château. Avant on avait mangé dans un resto pseudo-mexicain à Mons (on est allé en ville : curieuse impression, vue d’ici la Belgique semble un pays très exotique, alors qu’on n’est qu’à vingt bornes de la frontière). La route fut longue et on avait la dalle. J’avais retrouvé Holo plus tôt, à 13H00 porte de la Chapelle (au bar-tabac le Celtic, fameux lieu de rendez-vous). Ensuite on a filé sur l’A1. Je m’étais réveillé vers 9H00, j’avais mieux dormi. Et là je suis crevé. Mais heureux, aux anges. Demain, grosse journée de préparation de décors, organisation, installation électrique, éclairage. Puis le soir nouvel arrivage. Phil, Pierre, les filles, Tarmi.
Max et Estelle sont passés cet après-midi ; ils amenaient le matériel, la régie, avant de retourner au salon de la Louvière où se produisent Liza, Cecilia et Oksana (séances de dédicace, show devant des cohortes de fondus du sexe bavant pour les actrices porno, ambiance glauque assurée). Avec Max, nous avons évoqué le cas Tiffany ; il ne reste plus qu’à prier. Et puis la bonne nouvelle pour « Ma nuit chez Eve » : Henri, que j’ai donc vu hier à Daumesnil, a complètement adoré. Selon lui ce serait mon meilleur film – il n’a peut-être pas tort. Mais je me doutais que ça lui plairait, le côté film d’auteur, très naturaliste, le personnage féminin que l’on suit ; il a trouvé ça très bien joué, très juste, surprenant ; il insiste pour que je poursuive dans cette voie ; je lui ai dit, un peu dépité, qu’après « le démon » je voulais faire un film qu’avec des filles de l’Est. Enfin, bref, il a adoré « Eve » et c’est tant mieux. A la différence d’« Eloge de la chair », qui patit du peu de moyens, l’esthétique de « Ma nuit chez Eve » en fait un bon produit pour la télé, avec ses parti-pris trash et hypnotiques (Henri a relevé la forme répétitive de la musique).
Là les filles sont au salon de la Louvière juste à côté et elles nous rejoindront ce soir. On sera quinze à table. Je ne porterai pas de toast. Les toast, ça se porte après.










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