Comme dans les grands soirs, son vagin coulait d'une mielleuse abondance . La verge dure et sèche comme un bambou, j'étais entré sans forcer, frôlant la ficelle de son string qu'elle avait soigneusement mis de côté. Les deux poings enfoncés sur le matelas, je veillais à mettre le plus d'élasticité possible dans mes ruées, le dos bien arqué au-dessus de sa cambrure. J'avais une vue plongeante sur ses grosses fesses bien rondes en train de rebondir sous mes assauts, qu'elle réclamait plus saccadés.
- J'suis ta pute. J'suis ta pute.
- C'est vrai, ça ?
- Ouais ! T'es le meilleur. Défonce-moi.
Le signal était donné. J'empoignais alors sa chevelure des deux mains avec fermeté et remis le couvert en adoptant une posture des plus punitives, à califourchon les deux pieds posés de chaque côté de son bassin. Le plus profond possible, surinant les chairs intérieures à vifs, sans remords, à travers la jungle, au-delà des marées, jusqu'au bout de la vie, jusqu'au bout de la mort, notre mort à tous les deux. Elle gémissait comme une chèvre crevée, cette salope, et je commençais à sentir le goût salé de ma sueur tombant à petites gouttes sur ma langue pendante. Dehors, la lueur des astres scintillants dans la nuit me conférait sa puissance maléfique.
- Crie mon nom.
- Hein.Quoi ?
- Crie mon nom ! Chienne des bois !
- Oh, pitié.
Un assasin, voilà ce que j'étais
On m'avait donné pour mission de découvrir les mystérieuses multiplicités et subtilités du plaisir au féminin, pour la rubrique sexe de votre site préféré. Et ce d'un point de vue masturbatoire, ce qui prêtait à la méditation. La branlette, ça me connaissait depuis des lustres à vrai dire. Pas loin de quinze années de pratique assidue, sinon plus, à m'en râper l'épiderme du chibre. Quel malheur ! Rien que le fait d'y réfléchir de façon ultraconsciente me donnait le vertige, assujetti à un sentiment de tristesse infinie. Et quel gâchis ! Quand j'y pense ; Imaginez combien d'êtres chers aie-je laissés périr par milliards dans de fines textures de mouchoirs en ouate de cellulose, dans la composition complexe d'édredons synthétiques ou de maillots de corps que ma pauvre mère mettait dans le tambour de la machine à laver sans demander d'explications ? Combien d'autres microscopiques innocents se sont noyés dans l'eau moussante du bain, dans le siphon d'une douche, asphyxiés dans le diaphragme de belles dociles, dans la bouche d'innombrables boudins à l'esprit camarade ? Un assassin, voilà ce que j'étais.
- Y'a quelque chose qui va pas, mon chéri ?
- Oh, je réfléchis. Un truc d'artiste, c'est rien.
- Ben raconte.
- J'me pose des questions sur la vie.
- Soit plus clair que ça.
- Ok. Tu te branles avec des godes, toi ?
- Ca m'est arrivé. Enfin y'a longtemps, on faisait ça à la fac, avec une copine sur notre prof de lettres modernes. Il adorait ça, se faire enfoncer des vibros géants. J'en ai plein d'autres des histoires comme ça, si tu veux.
- Ca va, ça va ! Non mais toi. Qu'est ce que tu y trouves en plus. En matière de plaisir, j'veux dire.
- Ben, ça vibre. Tu peux pas faire ça, toi. Avec ta bite.
L'enquête n'avançait guère. A priori, les hétéros purs-sangs comme moi étaient défavorisés en matière d'accessoires, condamnés du coup à s'organiser secrètement un dîner aux chandelles avec une poupée gonflable. Mais en matière de technologie orgasmique avancée, la gente féminine paraissait beaucoup plus gâtée, sans doute grâce à la plus grande complexité de son métabolisme sexuel. On m'avait déjà parlé de la Chambre 69. Après une rapide recherche sur le net, je compris qu'il était inutile de sillonner tous les hôtels douteux de la ville et des alentours. C'était là, juste devant mes yeux. Plus exactement sur l'écran de mon ordinateur : « chambre69.com, le premier site du plaisir féminin ». Pour fignoler mon reportage, une expérimentation sensorielle n'aurait pas été de trop, en enfilant à tour de queue quelques vagins transportables en silicone, histoire d'aller à fond dans l'investigation, rien que pour vous retranscrire un témoignage inédit. Il était temps pour moi d'en savoir plus, conscience professionnelle oblige.
Je trempe de chaud
C'est l'été. Une blonde bon chic bon genre en tailleur moulant et aux seins mafflus s'assoit à la table d'à côté de la mienne. J'occupe à cet instant une terrasse de l'avenue des Ternes dans le dix-septième arrondissement, encerclée par des bellâtres bronzés aux cols de polos relevés et aux Ray ban hors de prix. Ils reviennent de Roland Garros en fredonnant le dernier tube de Bob Sinclar autour d'un Perrier. Me voilà revenu après quelques années d'exil au milieu de cette belle ratatouille pourrie, tous ces navets ambulants transpirent du fric à s'en faire péter les coutures du suspensoir, et voilà qu'une sorte de colère me submerge tout entier. Je trempe de chaud, de honte. Ma pensée revient sur la blonde, et l'échancrure de son corsage soufflottant dans l'air tiède me fait finir mon verre cul sec. J'ai rendez-vous avec Christian Foch. Cet ancien de l'édition chez Flammarion est l'auteur d'un guide pratique, « Sex toys : faites vous plaisir ! », co-écrit avec Anne Hellary, son associée. Il affiche un sourire radieux, car il vient d'apprendre que Chambre 69, sa boîte créée en 2005, disposera cette année d'un espace occasionnel à la St Valentin au magasin « Printemps » de Rouen.
La poufiasse de service
On commande un café, puis nous commençons à vraiment discuter de la chose. Mis- à -part quelques conseils pratiques visant à une sexualité épanouie sous forme de dossiers très complet (Réussir son oral, comment bien stimuler les zones érogènes du pénis de monsieur, etc.), la véritable attraction du site chambre 69 réside dans la gamme infinie de ses sex toys, dont les particularités de chacun vous seront exposées avec un sens du détail technique à déflorer les esprits les plus rigides. « Sociologiquement parlant, la démocratisation des sex toys est un phénomène comparable à celui du string il y a environ 8 ans. Avant, la femme qui osait en porter un était vite cataloguée comme, disons le, la poufiasse de service. Jusqu'à ce que les médias suivent. » Il aura d'abord fallu que le regard des magazines change pour modifier l'opinion publique en France. En saisissant l'importance du phénomène, les responsables de chambre 69 mettent à disposition un mini-vibromasseur en cadeau dans chaque numéro du magazine Jalouse, l'an dernier. Premier fait d'armes, ce simple test leur vaut un succès retentissant : Tout part en 4 jours après l'installation du numéro spécial en kiosque, soit 40 000 exemplaires. On pourrait se dire après ça que les frenchies détendent un peu plus l'élastique de leur slibard. Pourtant, chez nos voisins d'Europe comme en Allemagne ou en Angleterre, l'attente féminine en matière de plaisir artificiel est depuis longtemps comblée par une abondance de boutiques spécialisées ayant pignon sur rue, en toute liberté. Ainsi, la chaîne de magasin « Ann Summers » compte à elle seule 150 boutiques sur le territoire britannique, soit l'équivalent de Etam, en termes d'emplacement. « Il ne faut pas se voiler la face, en France on a au moins dix ans de retard.», constate Christian. Ann Summers possède même un store dans l'aéroport de Londres pour les petites coquines soucieuses de jouir en plein air, ou entre deux escales. Christian approuve la démarche, même si « Ca risque de sonner au portique de sécurité. Mais ça, c'est un autre problème. » Puis il sort de sa sacoche un exemplaire de son guide pratique, pour me l'offrir.
J'ai un début d'érection
Pour comprendre un peu ce qui affole mesdames, je jette un coup d'oeil à la gamme de vibromasseurs électriques au design ergonomique très élaboré que propose Chambre69. Parmi ceux-ci, des « best-sellers », dixit Christian, comme le « lapin », ou « Rabbit ». C'est la vedette incontestée des vibros, avec son tronc musculeux muni de perles au milieu pour masser l'entrée du vagin, son gland rotatif sondant le vif du sujet tandis qu'un appendice vibrant s'actionne à titiller le clitoris. Tout un programme en somme, avec une option « marche arrière » pour d'autres jouissances analo-clitoridiennes imprévisibles. Ca laisse songeur. Je tourne la page. Un petit canard jaune en plastique tout ce qu'il y a de plus sympa me rappelle tendrement ma douce enfance, lorsque je passais une heure dans l'eau du bain à le faire flotter sur la mousse. Les temps ont changé, alors un conseil : ne vous fiez surtout pas à son sourire candide. Le petit saligaud est un véritable pervers, cachant derrière son air débonnaire cinq vitesses de vibrations modulables. J'apprends ensuite l'existence des boules thaï douceur, une tige de boules anales en PVC, du dauphin bleu moyen avec sa tête obtuse en silicone et de l'armor dildo marbré avec son pied fixant. A la table d'en face, la blonde en tailleur sort son rouge à lèvre de son sac à main. Très attentif à ce geste typique, j'ai un début d'érection. Elle me surprend en train de la regarder, puis je replonge dans mes pensées, un peu gêné. Profitant de ma déconfiture, elle actionne le bouton « on » avant de se fourrer le tube entre les cuisses. Je viens de louper la démonstration en direct du plus discret des vibromasseurs en vente sur le marché.
La garce
Les sex toys sont partout. Définitivement tendance et auréolée d'un parfum d'interdit, la pratique masturbatoire « outillée » chez les femmes se banalise doucement, mais sûrement. Avant d'arriver à cette ambiance de décontraction du clito généralisée, il a fallu convaincre un public culpabilisé et stigmatisé à outrance, obligé de se cacher honteusement derrière les rideaux poisseux d'une arrière-boutique crado. En France, Sonia Rykiel fut la première à oser briser les règles il y a environ 5 ans en proposant avec une certaine audace des sex toys pour pimenter la présentation ses nouvelles créations. A cette époque, la presse mouille sa culotte et crie au génie, la garce. Autre fait déclencheur indéniable avec l'affaire Rykiel ; la série « Sex & the City ». Elle aura joué un rôle prépondérant pour la démocratisation de ces petits (et gros) engins sympathiques, grâce ses héroïnes décomplexées et aventurières. Avec leur façon naturelle d'en parler, les new yorkaises fashion se sont imposées au fil des épisodes comme le vrai référent à la branlette internationale en vogue, ouvrant la brèche pour le reste de l'occident. « Comme l'Allemagne et l'Angleterre étaient déjà des marchés matures en Europe, on s'est dit qu'on avait une carte à jouer en France. Pour la commande de nos produits, on a parfois fait appel à certaines usines ayant un cahier des charges moins contraignant que la plupart, mais la qualité s'averrait être le plus souvent déplorable. « A la suite d'une demande de la clientèle davantage enclin vers des produits esthétiques, les fabricants ont laissé de côté les godes horribles à veines apparentes. Et c'est tant mieux. »
Gode hi-tech
Tout est là : Chambre 69 s'inscrit dans la mouvance du porno chic, s'axant sur l'esthétisme d'un produit agréable à la vue et proposant du coup un équilibre entre innovation glamour et pratique. En inaugurant un service de livraison à domicile, chambre 69 se met au diapason de la concurrence naissante et promet de fournir ses produits en 69 minutes, avec sa « Love box ». Même innovation pour leur campagne de pub, affichant une galerie de potentiels consommateurs (Le VRP, le dépressif, le vieux beau.) dépensants annuellement des milliers d'euros pour plaire, alors que le bonheur s'achemine aux alentours de 60 euros (prix moyen du gode hi-tech). Avec des accessoires devenus ceux du quotidien, Chambre69 milite pour une évolution vers des objets ludiques afin d'arriver à faire l'amour de façon déculpabilisante, sous fond d'usage thérapeutique. Laissons donc à Christian le mot de la fin. « On voulait du pratique, du concret mais avec nos mots à nous, avec notre univers et notre imaginaire érotique. On voulait du piment mais on voulait que ça nous ressemble, que ça nous renvoie une belle image de notre sexualité. On voulait du coquin, du libertin mais pas du glauque ou de l'extrême. On voulait que les femmes puissent acheter des accessoires érotiques sans gêne, avec le même naturel qu'elles le font pour de la lingerie fine. L'ambition de ce site est très simple: permettre à toutes les femmes d'éprouver encore plus de plaisir seules ou avec l'homme qui partage leur lit. » Une chose est sûre, l'été sera chaud.
Au gout de champagne
En rentrant chez moi le soir, j'ai pris une bonne douche. Elle est arrivé du boulot peu après, et je lui ai fait un bon massage avec une huile comestible au goût champagne, après l'avoir sorti de son pochon en soie. Puis je l'ai attachée contre le radiateur, avec les menottes en fourrure rose. J'ai lancé deux dés à terre. Le premier est tombé sur la face « lécher », et le second sur une autre désignant une partie anatomique. Je me suis déshabillé juste après, en faisant tournoyer une cravache en cuir véritable, faite à la main et incrustée des plus fins cristaux autrichiens. Mais alors que je levais l'objet au ciel, la sonnerie de la porte retentit. C'était la suite de la livraison.










Vos commentaires
1. Tarzan à posté mercredi 11 juillet 2007
2. soazig29 à posté samedi 4 août 2007
3. Nico à posté mardi 30 octobre 2007
Vous aussi, déposez un commentaire, cliquez ici