Dans le scénario de départ, une jeune femme enceinte jusqu’aux yeux était persécutée chez elle par un tueur en série se nourrissant exclusivement de placenta humain. Pour ceux qui en douteraient, Alexandre Bustillo et Julien Maury sont des accros au slasher, excroissance dégénérée du cinéma d’exploitation très en vogue dans les 80’s. Est-ce pour éviter que leurs congénères ne les comparent de trop à un Joe D’Amato ? Toujours est-il qu’au final, le boulotteur d’embryon a fait place à une autre femme prête à tout pour s’emparer du fruit des entrailles de l’autre.
Claire Denis à beau être déjà passée par là, Béatrice Dalle impressionne en Terminator du gore. Le reste du scénario sent un peu le graillon (avalanche de personnages encombrante pour un huis-clos, toile de fond incongrue autour d’émeutes dans les cités). Les amateurs de tripes au ketchup ne leur en tiendront pas rigueur : «A l’intérieur» dégouline suffisamment de sang synthétique et autres effets cra-cra pour tâcher les premiers rangs de la salle Miramar.
C’est néanmoins dans le dernier quart d’heure que certains devraient vomir leur pissaladière, lorsque le film entre concrètement dans le vif du sujet pour un trip transgressif, au propos radical, élevant enfin le niveau au-dessus d’une mer de sang. Reste à savoir si, à la sortie de la projo, Bustillo et Maury célèbreront leur coup assez réussi ou s’ils boiront un coup à la santé de Bruno Matteï, une de leurs idoles, auteur d’immortelles séries Z trashissimes (« Virus cannibale », « les Rats de Manhattan »), décédé pendant le festival.
Le Festival de Cannes
Accouché dehors
Semaine de la critique (séance spéciale) _Avec «A l’intérieur», le slasher à la française peut enfin prétendre à une reconnaissance du ventre.
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