Mercredi 12 avril 2006. 02H22.
Bon, il est tard, je m’en aperçois.
La réussite de la scène est une question d’énergie.
Je veux dure que mon boulot consiste à capter l’énergie sexuelle de la scène, à travers son expression. L’énergie, elle était lisible sur le visage de Sara. En fait mon boulot c’est de mettre en place les conditions requises à la manifestation de cette énergie. Mais la lumière y est aussi pour quelque chose. Ce soir on avait installé deux HMI de côté, et une blonde pleine face, un peu de biais. Tout ça balancé au bout de la piscine, sur deux matelas avec des coussins dessus. Et la scène a été géniale. -18db de gain. Risque énorme. Mais bon, c’était vraiment super. L’image était magnifique. Les corps flamboyaient. Ils irradiaient. Ils étaient en feu. J’ai fait des plans de dingue.
Le visage de Sara a été mon fil conducteur. Et c’est marrant parce qu’à un moment donné, Salma a dit en espagnol et Phil m’a traduit qu’elle avait l’impression d’être coincée entre Sara et Phil, et c’est vrai que le courant passait bien entre ces deux-là. Sara plaisait à Phil, et c’était réciproque. Sara peut avoir des expressions de chienne, et elle a une bouche magnifique, je pourrais même dire parfaite - mais attention, il ne faut pas la faire sourire, sa moue boudeuse est bien plus érotique. Phil prétend que nous avons les mêmes goûts en matière de fille lui et moi, mais c’est inexact parce qu’à Tenerife il préférait l’autre Hongroise à Katy Caro.
Mais bon. La scène fut géniale. J’ai pris un pied dingue. Eric est venu faire les photos juste avant l’éjac et ça m’a fait un peu redescendre, j’ai perdu ma concentration alors je suis moins content de l’éjac. Je me dois de préciser quand même par égard pour Sara, Salma et Phil, que je leur ai fait faire une scène dehors dans le froid. Il avait fait un temps dégueulasse toute la journée. Plus tôt dans l’après-midi - nos journées ici sont bizarres, on met du temps à démarrer et je ne sais jamais quelle heure il est - j’ai tourné une scène avec Salma et Andrea dans le salon qui s’est plutôt bien passée. Manifestement je fais du gonzo comme personne n’en fait. C’est des scènes de film que je fais, ou que j’essaye de faire, mais je ressens un manque cruel de concept - et je ne parle même pas d’histoire. Cette histoire d’orgasme, c’est de la fiente. Il suffit que la nana soit belle et exprime une émotion, que son interprétation soit juste pour que ça marche.
Ici je ne crée rien, j’essaye seulement de capter quelque chose d’authentique dans l’instant - j’ai moins le sentiment de le provoquer que dans un film scénarisé. Ça me procure un sentiment de frustration. Mais cependant, la seule chose qui compte - et là le gonzo est décisif -, c’est le cadre : il ne reste plus que le cadre. Ce qui fait que ça me plait malgré tout. Par exemple, Salma m’a joué un orgasme parfait toute seule sans partenaire, en faisant semblant qu’Andrea soit sur son dos en train de la baiser ; en fait il s’était barré parce qu’il était épuisé. Andrea en a marre. Andrea veut arrêter. Il dit que c’est sa dernière scène. Jack Tyler aura fimé la dernière scène d’Andrea Moranty. Il veut réaliser ; il voudrait que je cadre ses films. Why not ? Si ça se fait.
Donc il y a eu cette scène avec Salma. J’avais mis un peu de lumière - c’était bouché dehors, j’ai tourné dans le salon et vu que j’avais les projos j’en ai profité. Ça a été. Après la scène de nuit - avant ça on avait mangé, fait un set photo (Eric est très exigeant là-dessus et il a raison, ça me va très bien) - je sais même plus combien on a fait de positions - on a bu des bières et du whisky, on a discuté du porno. Du fait que je fasse des trucs totalement différent de ce qui se fait. De la possibilité que je sois un escroc. Est-ce que je crée réellement ou est-ce que je ne fais qu’enregistrer un événement ? Tout est là. Il n’en demeure pas moins, nous l’avons tous convenu, que le porno est un territoire vierge. Absolument. Tout reste à faire en matière artistique. J’apporte une dimension éthique et esthétique au porno, c’est indéniable. En revanche, est-ce nécessaire ? Je veux dire, est-ce que c’est utile ? Est-ce qu’on attend ça du porno ? Je n’en ai aucune idée.
De la condensation est apparue
Mais si le porno est un genre cinématographique à part entière, je pense qu’on est en droit d’en attendre ça. Tiens, par rapport à l’enregistrement d’une réalité, d’un évènement, ce matin j’ai fait la scène avec Elly. La fameuse scène de vrai orgasme qu’elle m’avait promis - que je paierai, bien sûr, au tarif habituel d’une masturbation hard : autrement dit, l’orgasme ne coûte pas plus cher. Et effectivement Elly a eu un orgasme. Mais, et alors ? Elle aurait pu tout aussi bien le jouer. C’est vrai que je l’ai senti, ça devenait plus anarchique, plus de tension, il y a eu une réelle montée en puissance, quelque chose qui gonflait, mais j’étais conscient en la filmant qu’elle allait le faire, vu que nous l’avions convenu - donc c’était un peu faussé. Les conditions étaient bonnes, Terri l’avait super bien maquillée, elle était ravissante, très classe dans sa robe noire, elle s’est assise dans un fauteuil design à côté d’une fenêtre avec derrière elle une bibliothèque, baignée dans une belle lumière. Et elle s’est masturbée. C’était chouette et intense, ça n’a pas duré très longtemps, mais ce qui s’est passé, curieusement, c’est que de la condensation est apparue sur l’objectif à la fin de la scène, au moment de l’orgasme, comme si l’objectif était affecté par ce qui se passait, comme un stigmate de toute cette énergie sexuelle. Curieux, non ?
Toujours est-il que j’ai eu cet orgasme, et que ça ne fait pas tellement de différence, dès lors que les filles sont de bonnes interprètes ; et si je l’ai obtenu, si Elly me l’a donné, cet orgasme, c’est parce qu’elle l’a bien voulu. Donc on en revient au fait qu’il est préférable d’avoir les filles dans sa poche. En revanche, Sireli, je me fiche pas mal de l’avoir dans ma poche. Cette pauvrette est pathétique. Elle ne sait pas bouger, elle est moche et triste, insipide, avec une peau tellement pâle qu’elle en est infilmable - surtout avec Anastasia dans la même scène, qui a une peau hâlée. Avoir des belles filles, c’est le minimum - surtout pour l’érotique. Sireli, c’est de la merde que j’ai fait avec elle. Je ne sais pas comment je vais m’en sortir. Et demain au programme j’ai son girl/girl avec Sara. Je la ferai trainer en laisse par Sara. Voilà ce que je vais faire. Tout à l’heure, Andrea me disait que les mecs après les scènes, ils ne veulent plus voir les meufs, parce que Sara tournait autour de Phil et qu’il est allé se coucher.










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