Dimanche 9 avril 2006. 9H18.

Tout le monde dort encore. J’entends à intervalles réguliers un réveil sonner, celui d’Andrea je crois, en fait c’est son téléphone. On doit partir à 10H00 pour la plage. J’y filmerai des scènes de vie quotidienne, des trucs fun, un peu de course dans les vagues, du farniente, le solo d’Angie et un girl/girl Anastasia/Elly. Mais pas question de faire se baigner Anastasia, à cause de son ventre. La mer doit être très froide en ce moment. Il ne fait beau ici que depuis une dizaine de jours.


Filmer des bites enfilant des culs

La scène de masturbation que j’ai faite hier avec Elly, c’est un des trucs les plus forts qu’il m’ait été donné de filmer, j’arrête pas d’y repenser - Elly se baisant elle-même dans la glace, j’en croyais pas mes yeux, je me parlais presque à moi même en la filmant, tellement j’étais subjugué par le plan. La manifestation du sexe a parfois quelque chose d’à la fois intime et d’extrême qui me ravit, c’est un émerveillement. Je pense que le sexe est bien plus subversif quand il émane du quotidien, qu’il n’est pas qu’un spectacle de foire. Le gonzo de base ne sert pas le porno, bien au contraire, il l’enferme dans une imagerie glauque. Il est bien plus subversif à mon sens - et vous savez comme moi que la fonction première de l’Art est d’être subversif - de mettre en scène des films pornos qui véhiculent un discours sur le sexe, comme « Eloge de la chair », que de se contenter de filmer des bites enfilant des culs. Mon travail est politique. Et hier soir je crois qu’ « Eloge » a pas mal scotché les gens. Bon, maintenant ils sont réveillés. Anastasia a toujours son problème aux ovaires, je ne suis pas sûr de pouvoir faire une scène avec elle. Ça ne m’atteint pas plus que ça. Si elle ne peut pas, on fera autre chose ; je ferai une scène avec une autre fille - et Ramon, vu qu’il est venu pour trois scènes et qu’il repart ce soir. Vous voyez à quel point je suis zen.

Jack Tyler