Après avoir croisé rue Bonaparte des bandes de CRS pourchassant le contestataire anti-CPE, entrée dans la cour des Beaux-Arts où s’exhibe le triomphe de la société consumériste.

Une débauche de moyens, une profusion de lumières, un déluge de décibels : Diesel ne fait pasles choses à moitié et tient à ce que cela se sache.

Derrière un filet, des statues antiques que l’on croirait sorties d’un palace californien de nouveaux riches côtoient les silhouettes de mauvais augure de corbeaux empaillés.

Détrompez vous : ce n’est pas une rafle de police d’après manifs - mains aux murs - mais une chorégraphie avec masques blancs et noirs à fortes charges signifiantes. « Il est dans l’essence des symboles d’être symboliques » ironisait Jacques Vaché…

Un couple de danseurs professionnels est chargé de mettre l’ambiance parmi un public apathique qui daigne siroter et cancaner.

Quelqu’apercu chorégraphique. Les invités se contentent de regarder et de remuer le petit doigt.

La cabine des DJs juchée sur un échafaudage surplombe le public. Les Putafranges entament les hostilités par une techno un peu répétitive pour se réajuster sur des tubes rock plus fédérateurs.

Khaled de Nova entend que ça bouche et endosse le rôle du chauffeur de salle.

Les mannequins italiens oscillent dans la pose entre beaux ténébreux et jeunes étalons.

Cédric Couvez, chroniqueur mondain chez 20 mn, fait une démonstration ésotérique de signes cabalistiques. Street credibility ou magie noire ?

Foc Kan, paparazzi nyctalope, n’ose plus proférer de gros mots depuis que de jeunes facétieux l’ont affublé d’un post-it « stop talking ».

Hervey, RP de la marque anti-clubbing Cindez, présente ses nouveaux préservatifs où il est doctement spécifié « for professional use ». Forcément.

Le posse du Grand Sch’lem est dans la place. On regrette leurs parties hip-hop qui mixaient célébrités showbiz et bad boys du rap. Des news pour bientôt ?

Guillaume Canet essaye de planquer son ennui dans un coin sombre de l’endroit VIP en échappant au flash. De toute part, c’est raté.

Pragmatiquement, diverses solutions s’offrent alors : déguster de l’alcool sans modération en hélant des serveurs retenus prisonniers dans leur alcôve. Mais est-ce bien raisonnable ?

Psalmodier des mantras en rythme sur la musique avec des créatures au-delà des lieux et des temps. Le XXIe siècle sera donc spirituel.

Essayer d’aller draguer sans les importuner quelques demoiselles en pariant parler plus fort que le vacarme des BPM.

Seconde tentative.

Alpaguer dans l’errance une de nos multiples connaissances pour spéculer sur la prochaine mode qui sera décrétée sitôt obsolète.

Rejouer l’antique combat d’Éros et Tanathos en vampirisant, doucement mais sûrement, une personne du sexe opposé (si affinité).

Boire encore, toujours et sans cesse en tentant en vain d’épuiser le budget promo de la marque textile.

Basile de Koch, chroniqueur peole chez Voici, garde le sourire (forcé ?) envers et contre tout.

Un couple qui s’ignore en devenir ?

Bis repetita …

Un des rares moments où une de ces bonnes âmes qui peuplent les fêtes corpos s’empare d’une demoiselle esseulée pour entamer une valse endiablée !

In fine beaucoup de fric de claqué pour une fête qui n’a jamais vraiment décollé. D’aucuns persifleraient que l’on jette l’argent par les fenêtres. Mais qu’avait donc Diesel derrière la tête ? La naïveté de croire qu’une ambiance réussie s’achète ? En non : mais à défaut cela se paie.

« Merci mesdemoiselles du vestiaire. A bientôt… peut-être ! »