Pop psychédélique. Il faut désormais compter avec les Flaming Lips. Signés en 1990 sur la major Warner, acclamés par la presse, classés dans le billboard, leurs morceaux ont été entendus dans la série «Beverly Hills», le film «Serial Noceurs» et chez David Letterman. Leur nouvel album, «At War With the Mystics», est d'autant plus attendu que les deux autres grandes formations qui foulent les même plates-bandes n’affichent pas vraiment une forme olympique (Mercury Rev est devenu un fort mauvais groupe, Grandaddy s’est séparé). L’atout des Lèvres en Feu, c’est leur beau leader, Wayne Coyne: bien sapé, barbe de trois jours, cheveux ondulés grisonnants. Leur musique aussi vaut le détour, surtout les albums «Cloud Taste Metallic» et «Transmissions from the Satellite Heart», comme Big Star et les Pixies sous peyotl, et la moitié de «Yoshimi Battles the Pink Robots», un «Trans» (Neil Young) des années 2000.
RÉSULTAT FUMEUX.
Qu’en est-il de «At War with the Mystics», leur onzième album en vingt-trois ans d’existence ? Bourré de télescopages, entre Barclay James Harvest et Funkadelic, entre Neil Young et King Crimson, Radiohead et Hawkwind, Outkast et Klaatu, il fait de l’effet... A la question «Comment garder l’inspiration dans une époque qui veut que les meilleurs artistes ne puissent plus produire qu’une ou deux œuvres valables ?», les Flaming Lips ont choisi une réponse assez courante et pas forcément rassurante: mélanger deux tonnes d’influences diverses pour accoucher d’un disque en apparence ambitieux, en réalité assez fumeux (malgré des morceaux comme «Pompeii Am Götterdämmerung» et «My Cosmic Autumn Rebellion»).
ISLANDS PROMETTEUR.
Nick Diamonds et J'aime Tambeur ont, eux, trouvé une issue pour que leur groupe ne s’épuise pas: ils le séparent. Une solution plausible, en amour comme en musique. Ils ont déjà sorti un album sous le nom The Unicorns, puis Th’Corn Gangg, et reviennent aujourd’hui à la tête de Islands. Leur album «Return to the Sea» navigue dans les mêmes eaux (pop psyché) que les Flaming Lips —le plus beau morceau, «Swans (Life After Death)», s'étend sur presque dix minutes.
Des membres d’Arcade Fire, de Silver Mount Zion et de Wolf Parade sont venus donner un coup de main, comme les rappeurs Busdriver et Subtitle. Les morceaux pourraient partir dans tous les sens: quand on manque de rigueur, on appelle des copains pour faire du copier-coller de toutes les idées qui passent à la volée —«taper le bœuf» étant la pire expression de toute la planète pour qualifier cette démarche inqualifiable. Ici, non: les chansons d’Islands exhalent le bricolage, mais pas le bœuf, avec une vraie structure et de vraies mélodies. Un premier album attachant: il ne laisse pas attendre de suite.
FLAMING LIPS / «AT WAR WITH THE MYSTICS» / (WEA).
ISLANDS / «RETURN TO THE SEA» / (ROUGH TRADE/PIAS).
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FLAMING LIPS VS ISLANDS
Paru dans Technikart n° 101
LE COMPARATIF DU MOIS
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