ACCÉLÉRER LES BPM ?
Gilles de Robien: «A l’époque de sa présidence, Valéry Giscard d’Estaing en avait ralenti le rythme, tant pour en retrouver le tempo originel que d’en moderniser l’interprétation. En 1981, le tempo officiel, choisi sous la IIIe République, fut rétabli. C’est celui que nous entendons aujourd’hui. Si notre objectif était de faire de “la Marseillaise” un succès commercial, il faudrait plus qu’un simple changement de rythme - je pense par exemple à la version de Serge Gainsbourg. Mais l’école, dans ce cas précis, a pour objectif de faire partager à tous les élèves la même culture civique.»

LA RENDRE PEACE & LOVE ?
«Apprendre “la Marseillaise” à l’école est au contraire une bonne occasion de resituer notre hymne national dans son contexte historique, d’expliquer les raisons de la nature guerrière de ses paroles. “La Marseillaise” est, à l’origine, le “Chant de guerre pour l’armée du Rhin”. Elle a aussi constitué une référence pour de nombreux peuples étrangers. Elle a donc une dimension universelle. Apprendre “la Marseillaise” à l’école est une bonne occasion de la resituer dans son contexte, d’expliquer les raisons de la nature guerrière de ses paroles.»

VIRER DES COUPLETS ?
«L’Education nationale a pour ambition de donner à chacun les moyens de révéler la meilleure part d’eux-mêmes. Cela dit, je ne pense pas que l’apprentissage par coeur des sept couplets soit nécessaire. “La Marseillaise” est une oeuvre du temps passé hissée au rang de symbole de l’union nationale, comme le drapeau tricolore et les Marianne des mairies. Elle a pu servir à mobiliser les Français dans des périodes de guerre. Elle exprime aujourd’hui l’unité de notre peuple porteur des valeurs des droits de l’homme. C’est cela qu’il faut faire percevoir aux élèves.»