À LA FIN DE VOTRE TOURN�E 2004, VOUS ÉTIEZ AU BORD DE LA RUPTURE. VOUS RESTEZ ENSEMBLE POUR UN SURPLUS DE CÉLÉBRITÉ ?
Alex Kapranos: Pourquoi vous dites ça ?! A cause du concert au Zénith de Paris en novembre dernier ? Oui, on s'est tapé dessus avec Nick, mais c'était une simple bagarre de groupe. Comme il y avait quatre cents journalistes avec nous en coulisses, tout le monde l'a su. Cela dit, ça va, on en a vu d'autres.

VOUS TOURNEZ SANS RELÂCHE, VOUS N'AVEZ PAS L'IMPRESSION D'ÊTRE UN CITRON QUE L'INDUSTRIE PRESSE ALLÉGREMENT ?
Alex: Là, on a pris quatre longues semaines de repos. C'est vrai qu'en France, vous avez cinq semaines de congés payés. J'avais oublié...

RANÇON DU SUCCÈS, BEAUCOUP DE GROUPES VOUS COPIENT. VOUS VOUS SENTEZ EN COMPÉTITION ?
Alex: Pas du tout ! On est même très contents si d'autres groupes peuvent bénéficier du chemin qu'on a tracé. Cela dit, c'est parfois injustifié. Je pense par exemple à Bloc Party. Mélodiquement, ça n'a rien à voir. Notre seul point commun est de se retrouver sur le devant de la scène au même moment.

VOUS AVEZ ENREGISTRÉ CE NOUVEL ALBUM � LA CAMPAGNE. C'ÉTAIT POUR FUIR LE STUPRE ET LA LUXURE ?
Alex: Tu sais, on ne se fait pas tellement harceler par les fans. Et puis une énorme photo de l'endroit où l'on se trouvait a été publiée dans le « Sun ». Mais personne n'est venu nous emmerder.

VOTRE SEUL BUT AVEC CET ALBUM EST-IL TOUJOURS DE « FAIRE DANSER LES FILLES » ?
Alex: On veut que nos chansons paraissent simples à la première écoute et qu'elles restent le plus accessible possible. Il faut que ce soit accrocheur, c'est tout. « Ghost Town », des Specials, fonctionne de la même manière: c'est un morceau très dépouillé et, pourtant, il est composé de couches compliquées. Mais ça ne s'entend pas et c'est ça le principal.

CE NOUVEL ALBUM S'INTITULE ENCORE « FRANZ FERDINAND »: MÉGALOMANIE OU PANNE D'INSPIRATION ?
Bob: T'es pas obligé de donner des noms à tout ce qui t'entoure, ton chien, ta maison, tes chaussures� Les titres ne représentent rien pour nous, alors que Franz Ferdinand, c'est nous.

BEAUCOUP DE RAGOTS SONT PUBLIÉS À VOTRE SUJET�
Alex: Oui, il paraît même qu'on a snobé Kate Moss la semaine dernière. C'est passionnant comme anecdote�

ON A PARLÉ DE DAN THE AUTOMATOR, DE MIRWAIS, ET C'EST FINALEMENT UN CERTAIN, EUH..., RICH CASTEY QUI A PRODUIT L'ALBUM. C'EST QUI ?
Alex: Pas Castey, Costey ! Il avait fait notre remix « This Fffire » l'an dernier. Il nous laissait des tonnes de messages depuis quelques mois pour travailler avec nous. Au début, on l'a pris pour un fou et puis on l'a rencontré sans trop savoir avec qui il avait déjà collaboré. Ça s'est bien passé: on avait besoin de travailler en confiance car ça se ressent forcément sur disque. Sur « Abbey Road » des Beatles, par exemple, on entend l'harmonie avec Phil Spector...

OUI, SAUF QU'« ABBEY ROAD » EST PRODUIT PAR GEORGE MARTIN� IL PARAÎT QUE LE MORCEAU « THIS BOY » EST DESTINÉ À UN HOMME POLITIQUE ?
Alex: En l'écrivant, j'avais en tête l'image de Michael Howard, le leader du parti conservateur. La chanson parle de manière plus générale de ces gens qui peuvent à la fois te hérisser le poil et te fasciner. Je hais Michael Howard mais, en même temps, je ris à ses blagues et je zappe pas quand il passe à la télé.

VOUS AVEZ TOURNÉ DANS PLUSIEURS FESTIVALS. DES RENCONTRES ?
Alex: On a croisé les White Stripes récemment, j'étais trop content. C'est rigolo, Jack White est super poli et Meg, ultratimide.

MAINTENANT QUE VOUS AVEZ BEAUCOUP DE SUCCÈS, VOUS ÊTES TOUJOURS D'ARDENTS DÉFENSEURS DU TÉLÉCHARGEMENT ILLÉGAL ?
Alex: Quand Lars Ulrich (le leader de Metallica, NDLR) déclare que les fans qui téléchargent Metallica ne sont pas de vrais fans, c'est débile ! Nous, on comprend que le public ait envie d'écouter nos nouveaux morceaux avant leur sortie. Des versions live de nos nouvelles chansons sont même mises en ligne et c'est très bien. On encourage le public à enregistrer nos concerts, on l'a fait avant eux !

AU DÉBUT DE FRANZ FERDINAND, IL Y AVAIT UN MEMBRE SUPPLÉMENTAIRE, MICHAEL, QUI EST PARTI AVANT QUE VOUS NE DEVENIEZ DES SUPERSTARS. IL PENSE AU SUICIDE AUJOURD'HUI ?
Alex: Ouais, il jouait du clavier à notre premier concert. Mais je suis sûr qu'il est très content d'être là où il est plutôt qu'avec un groupe qui a vendu quelques disques.

« FRANZ FERDINAND » (DOMINO).