BERNARD VIOLET, QU’AVEZ-VOUS DÉCOUVERT SUR PPDA ?
J’ai pu constater chez lui une dérive dans le traitement de l’info et un énorme décalage entre l’image qu’il donne de lui et la réalité. Il fabule énormément: il a longtemps parlé de son grand-père comme d’un écrivain mystique alors que c’est un auteur de nouvelles cochonnes. Il réussit même à se trouver un aïeul du côté de Jeanne d’Arc. Et pourquoi pas Ramsès II !!? Son histoire familiale explique en partie pourquoi: il a manqué d’affection et a eu besoin de se réfugier dans le rêve. Son admiration pour Giscard d’Estaing vient de là. Comme lui, il a eu besoin de se rajouter une particule. Depuis tout petit, il a toujours eu horreur de ne pas être le premier, le plus beau.

VOUS ÉCLAIREZ DES ZONES D’OMBRE DANS VOTRE LIVRE, COMME LA FAUSSE INTERVIEW DE FIDEL CASTRO OU CET ENFANT QU’IL A RAMENÉ DE BAGDAD DANS UN SAC DE SPORT…
Quand il est rentré de Cuba bredouille, il n’a pas supporté et a préféré créé ce montage de toute pièce. Le pire, c’est que, malgré sa condamnation, il continue de nier. Pour le bébé, qui est décédé quelques années plus tard, je suis allé interroger le père. Il m’a raconté que le présentateur lui envoyait des gadgets publicitaires de TF1. PPDA manque de générosité alors que j’estime ses revenus annuels à 1 M€.

QUE PENSEZ-VOUS DE SA BIOGRAPHIE OFFICIELLE RÉDIGÉE PAR LE JOURNALISTE SERGE RAFFY ?
PPDA ment sur les faits. Il dément par exemple avoir envoyé des courriers enflammés à Béatrice Dalle et instrumentalise une fois de plus sa vie privée, comme cette histoire d’enfant avec Claire Chazal. Ce qui est paradoxal, c’est qu’il dit vouloir protéger son intimité. Mais j’ai retrouvé la une de «Paris match» de 1978 où il posait déjà avec Solenne. En plus, dans son livre, il devient très agressif et multiplie les attaques personnelles. Ça sent la fin de règne…

POURQUOI CETTE AUTO-STARIFICATION ?
Il voudrait être un mythe. Quand il a reçu le prix Interallié, il s’est publiquement comparé à Malraux alors que toutes les personnes que j’ai interrogées – son entourage y compris – ne le considèrent pas comme un auteur. Il raconte qu’il veut finir sa vie sur une île déserte, mais je pense plutôt qu’il va entrer à l’Académie française grâce au réseau qu’il s’est constitué. L’île déserte, ça manque trop de télévision, de miroirs et de gonzesses.

«PPDA» DE BERNARD VIOLET / FLAMMARION / 350 PAGES, 20 €.