E n t r e deux simili blockbusters type «Breaking News», trois pochades surréalistes et quatre bêtises à l’eau de rose qui cartonnent au box-office local, Johnnie To poursuit à ses frais son oeuvre d’«auteur», toujours située dans les nuits désertes et humides de Hong Kong ou de Macao. C’est là que, de «The Longest Nite» (en DVD chez HK Vidéo) au récent «Election» (en sélection officielle au dernier Cannes), il organise son théâtre de l’absurde, théorise le mouvement de l’immobilité, mêle série B et série noire, et fait ses films les plus profonds, qui sont aussi – chance – les plus funs.
Dans ce style, son «P.T.U» de 2003 est l’égal du très estimé «The Mission» (1999): une histoire de flic qui perd son flingue et demande à ses collègues des unités spéciales de le lui retrouver avant l’aube. Respect des trois unités, jeux d’action et de hasard, impro virtuose sur le thème de la coïncidence, «P.T.U» est un «After Hours» polar mené sur le rythme du «Grand Chantage» de Alexander Mackendrick. Une virée jazz effrénée et irrésistible.

«P.T.U» DE JOHNNIE TO / SORTIE LE 5 OCTOBRE.