Avec «Antidote», Guillaume Houzé, 24 ans, réalise son rêve: faire partager sa passion pour les jeunes artistes français aux Galeries Lafayette. Il faut dire que ça aide d’avoir une grand-mère et un père respectivement à la tête du conseil de surveillance et du directoire du groupe. D’une famille génétiquement collectionneuse, très tôt plongé dans l’univers de l’art, Houzé achète dès 14 ans une peinture d’Erro, point de départ de sa propre collection.
Convaincre les artistes d’exposer au temple de la fringue n’a pas été une mince affaire. Mais l’engagement personnel de Houzé a suffit, lui qui se défend de ne pas surfer sur la tendance actuelle des grandes entreprises, qui mettent l’art contemporain au rang de simple faire-valoir intellectuel pour une communication «tellement plus branchée».
Au terme de l’exposition, lui et sa grand-mère, Ginette Moulin, achèteront donc toutes les oeuvres, récentes et fort bien sélectionnées: la vision éthérée du glamour du «On the Edge» de Delphine Coindet, le lasso en néon bricolé de Mathieu Mercier, les fusibles géants en bouleau de Didier Marcel ou la table de ping-pong cinétique de Richard Fauguet. A propos du titre pompeux de l’expo, Houzé confie: «Je l’ai beaucoup aimé au début mais l’ai trouvé ensuite un peu prétentieux.» Une leçon déjà tirée pour l’an prochain.

«ANTIDOTE» / JUSQU’AU 29 OCTOBRE / GALERIE DES GALERIES / PREMIER ÉTAGE DES GALERIES LAFAYETTE, 40 BOULEVARD HAUSSMANN, 75009 PARIS.