Rock. Sur scène, le duo de Modeselektor ressemble à un couple de bébés chimpanzés échappé d’une rave oldschool. Bruitiste et mélodique, leur dernier maxi («Turn Deaf») les a promus au rang d’espoir de l’année 2005. On raconte que Thom Yorke lui-même vient d’apprendre à danser sur leurs beats crados que les Germains appellent «dreck electro» (un mot yiddish qui signifie «merdique»).
Gernot, le blond, et Sebastian, le brun, sont nés à l’Est, mais ils viennent de passer quinze ans à l’Ouest, écumant la scène techno berlinoise jusqu’à saturation – «On n’écoute plus que du Snoop Dogg.» Ce qui s’entend sur «Hello Mom !», leur très «glitchy hip hop» premier album.
On y trouve un hommage (pas génial) à ODB, un (bon) titre ragga, avec une rappeuse clone de M.I.A, et une collaboration (réussie) avec TTC. Plus apaisés que ce «Raveanthem » dont on déplore l’absence, «I Love you» et «Kill Bill 4» sont les sommets d’un disque bien plus original que toutes les berlinetteries du moment.

MODESELEKTOR / «HELLO MOM !» / BPC-PIAS.