Electro. Birmingham est une ville de merde. En voiture, il y a cette première vision de labyrinthe autoroutier. Les Anglais appellent cela pudiquement le «plat de spaghetti». Sauf que la bolognaise s’est transformée en purée de grisaille. Il y a ensuite les tours, les serviettes qui pendent aux fenêtres, les gamins qui squattent en se remplissant la casquette (Burberry, forcément) et Mike Skinner (The Streets), qu’on ne voit plus dans les parages. Dans cette ville, il y a trois clubs de foot, aucun n’en vaut la peine. Musicalement, on signalera UB 40, Duran Duran et Slade. Ville de merde, on vous dit.
Magnetophone, soit Matt Saunders et John Hanson, habite à Birmingham, comme Broadcast, Pram où Plone. Ils luttent, imaginent que les curry house ne reniflent pas la mort, que les pintes n’éclatent plus sur les crânes tondus. Leur électro, virile mais correcte, quête le plaisir urbain, va faire un tour dans les airs, supplie, chante, sourit. Mais ne danse pas encore. Faut pas abuser, dehors, il y a un type qui cherche une veine dans son bras bleu.

MAGNETOPHONE / «THE MAN WHO ATE THE MAN»/ 4AD.