Jarvis Cocker dans «Pulp: Ultimate Live», c’est la classe faite homme. On le comprend alors, devant ce DVD: les dernières news concernant Jarvis sont fallacieuses. Voici la vérité. Pour ne pas répéter la formule musicale qui a fait son succès – ce mélange paranoïaque de Roxy Music et de Joy Division –, Pulp faisait produire en 2001 «We Love Life», son dernier album, par Scott Walker.
Jarvis Cocker traverse alors une saine crise existentielle. Scott Walker lui parle: «Jarvis, moi aussi j’étais une superstar ultraclasse, j’ai fait la une des tabloïds, moi aussi j’ai ensuite sorti des albums ambitieux, commercialement anxiogènes. Mais il a fallu que je disparaisse totalement pour me consacrer à mon chef-oeuvre, “Tilt”.»
Jarvis réfléchit. Disparaître. Mais comment s’éclipser dans cette société surmédiatisée ? Il lit Houellebecq, va trouver Raël. Allonge les sous, se fait fabriquer un clone. Jarvis 2 habite Paris, passe des disques chez Prada, fonde une famille, collabore avec des cuistres. Le vrai Jarvis, heureux dépressif, n’est pas au courant des activités de son clône, il s’en moque, il travaille sur une musique transcendantale, son prochain chef-d’oeuvre.
Patience. En attendant, si vous croisez Jarvis 2 avec une poussette dans les rues de Paris, ignorez-le.

PULP: DVD «ULTIMATE LIVE» (AZ)