Rock. AS Dragon n’est pas un groupe dangereux. Les compos sont un peu grasses, le bassiste a, lui aussi, du rab et la chanteuse montre ses nénés uniquement pour cacher le reste. Tout cela est irritant mais finalement assez classique. Le problème est ailleurs. Dans l’oreille de ceux qui les présentent comme le sommet présent et futur du rock hexagonal. Eux sont dangereux, ils décrédibilisent la scène française, notamment les Hushpuppies, qui bottent sans forcer le cul de ces vilains AS Dragon.
Bassiste affûté, chansons pareilles, aucun nichon et rien à cacher. Originaires de Perpignan, basés à Paris, les Husphpuppies sortent «The Trap», premier album aux allures de virée à Vespa (mods, bien sûr). Ça démarre en pétaradant par un hymne générationnel, on aperçoit les Jam au bout de la route, ça ralentit pour les filles à mini, ça repart pour les gamins Fred Perry, détour par le garage pour faire le plein, avant de reprendre la balade, conduite à gauche, évidemment. Le moteur ne rendra l’âme que bien plus tard, chez lui, au coeur de la campagne pop. Là où les dragons ne pourront jamais aller.

HUSHPUPPIES / «THE TRAP» / DIAMOND TRAXX-DISCOGRAPH.