Vendredi 27 février 2004 Cher journal, me voici entre deux cachets d’aspirine, je ne sais pas si je vais tenir le coup longtemps auprès de toi car j’ai un mal de tête indescriptible… Tu sais, ça tape dans la tempe… En fait, j’ai une sinusite. Quand je suis malade, je me sens tellement diminuée que je pique des crises de flippante. Comment serais-je dans dix ou quinze ans ? Comment pourrais-je avoir l’énergie de faire un enfant alors que je n’arrive même pas à m’occuper de moi ? En fait, c’est la période des trouilles bleues… Ca doit être la fin de l’hiver, à force de se défendre contre le froid, le vent, les microbes des autres… Pourquoi l’hiver est-il si néfaste sur moi ? Comment font les Inuits pour ne pas se suicider avant l’âge de dix ans ? Est-ce que les habitants des pays chauds se rendent compte de la chance qu’ils ont d’avoir le soleil toute l’année ? Parfois, je me dis que je devrais arrêter de me plaindre car j’ai tout ce qu’il me faut pour bien vivre et que je suis bien mieux lotie que certains. Mais cela ne suffit pas. Je suis une éternelle insatisfaite. Peut-être cela m’aide-t-il à avancer dans la vie, mais en tout cas, cela me la pourrit un peu quand même. Parfois, je me dis que je suis en train de vivre la vie d’une autre personne. Que « tout ça », ce n’est pas moi… Que je ne suis pas assez solide pour cette vie de dingue. Parfois, je me dis que je suis largement assez forte pour endurer tout ce stress et que j’aurai ma revanche sur le monde (c’est beau, hein ?). Je dois aller me recoucher sur le canapé, car l’écran me fait carrément loucher… à toute à l’heure, peut-être…
Lundi 1er mars 2004
Et bien non ! Je n’ai pas réussi à revenir à tes côtés l’autre soir… J’avais besoin de récupérer car je n’avais plus d’énergie (j’ai l’impression d’avoir un peu déliré, ça doit être la fièvre…) Aujourd’hui je vais mieux. Je me suis remise au sport la semaine dernière car j’en avais vraiment besoin, autant physiquement que psychologiquement… Le boulot me prenait tout mon temps ces derniers mois et j’étais d’une humeur massacrante et en pleine déprime… Je ne dis pas que d’un seul coup tout va bien mais en quelques jours de repos bien mérités, je me sens… renaître. Demain, je pars chez maman (et oui, encore !!) et je vais revenir en super forme ! Bon, si je te parlais d’autre choses que de mes états d’âme ; les semaines passées, j’ai tout de même fait des choses exceptionnelles !! Primo, j’ai tourné dans le dernier film de Josiane Balasko ! C’est pas génial, ça ? C’est rare qu’on engage une actrice de mon genre pour une comédie et c’est ça qui me plait. Tourner dans des films à tendance SM ou un peu déjantés, ça n’a pas grand chose d’exceptionnel, mais dans un long métrage drôle, c’était mon rêve ! Josiane Balasko est terrible. Fidèle à l’image qu’on a d’elle dans les médias ; intelligente, drôle, professionnelle, respectueuse … la liste est longue et même si je n’ai pas passé beaucoup de temps avec elle, je garderai un super souvenir de ce tournage. Elle avait confiance en moi et cela m’a énormément motivée… La seconde chose est pas mal non plus ; I am the new Mia Fry of porno movies !!! Marc Dorcel m’a engagée comme chorégraphe dans son dernier film. Le thème était le cabaret, ils avaient donc besoin d’une coach pour les danseuses et actrices, et c’est moi qu’ils ont choisie. Quand j’ai reçu le coup de fil, j’ai été étonnée, j’ai douté (et oui, parfois, je manque d’assurance…) et puis je me suis sentie très flattée. Sur le tournage, certains acteurs me demandaient quand et avec qui je faisais ma scène… Qu’est ce qu’ils sont cons ces hardeurs ! Ils ne m’avaient pas vu sur un tournage depuis trois ans et demi et quand je leur répondais que j’étais ici comme chorégraphe, ils croyaient que je plaisantaient… Ils n’ont vraiment qu’une bite à la place du cerveau, c’est pour cela que ça marche pour eux, d’ailleurs… En tout cas, cela m’a fait plaisir de revivre les plateaux de tournage, revoir ma cops Saskia la maquilleuse, les nouvelles starlettes sont sympas aussi (pas beaucoup de matière grise, mais bon… c’est pas ce qu’on leur demande non plus …), mais jamais je ne redeviendrai hardeuse ! Rien que d’y penser, cela me fout la chair de poule… Trop éprouvant ! Trop chiant ! Trop stressant ! Je ne crache pas dans la soupe et je ne regrette absolument rien. Simplement, aujourd’hui, je serais incapable de recommencer et je me demande encore où j’ai pu trouver tout ce courage pour travailler quatre ans et demi comme hardeuse. Quelle énergie ! Quelle volonté et quelle force de caractère ! Bon, j’arrête de me jeter des fleurs… Quoique parfois cela ne fait pas de mal ! Bisous










Vos commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Vous aussi, déposez un commentaire, cliquez ici