Depuis 1979, les Transmusicales de Rennes sont passées de la petite fête à l’ambiance fraternelle à l’événement attendu par le public et les professionnels de la musique. Ce bond, les Trans’ le doivent à Jean-Louis Brossard (photo), le programmateur qui ignore les plannings des maisons de disques et se moque des stars du moment. Rock, electro, rap, world, qu’importe tant que l’exclusivité est assurée : « Je demande aux artistes de ne pas jouer ailleurs trois mois avant et trois mois après les Trans’. » Résultat : l’ambiance est électrique. Public, journalistes, directeurs de salles ou de labels se retrouvent pour découvrir, à la Cité ou dans « les bars en Trans’ », les artistes qu’ils suivront tout l’année. Du 4 au 6 décembre.


1 • 1979-1985 : A L’OUEST, DU NOUVEAU
Fin 70’s, période post-punk. Rennes s’ennuie loin de Paris. Dans la ville campus où 25 % de la population est étudiante, une bande de jeunes cultive l’esprit pop anglais et lance les Trans’, histoire de voir enfin sur scène tous les copains du rock local. 1 200 Bretons applaudissent Marquis de Sade. Le festival régional (Etienne Daho), passe en division nationale (Kas Product), puis européenne (Minimal Compact, Front 242).


2 • 1986-1991 : LES ANGLAIS DÉBARQUENT
1986, c’est l’année de la consécration. Daho, le Rennais, fracasse le top 50, Noir Désir débute et, avec eux, les Béru (qui seront là en 2003), Ludwig et toute la future scène alterno. L’esprit indé perdure (Cabaret Voltaire) et les Saxons débarquent (Fishbone, Kravitz). Eclectiques et cool, les Trans’ ont l’allure d’un bordel espagnol, des Gypsie Kings à Moondog en passant par Einsturzende Neubauten.


3 • 1991-1996 : BROSSARD AUX PLATINES
L’asso passe pro, le budget explose et les Trans’ accueillent Nirvana, Portishead et Björk avant tout le monde. Jean-Louis Brossard prend les rênes et parie sur le rap qu’il amène jusque dans les salles de banlieue, puisque les lascars hésitent à venir en ville. Prophétique, il organise dès 1991, les « raves aux Trans ». Cinq ans de teufs hallucinées à faire pâlir préfets et promoteurs (citons juste Underground Resistance) suivront.


4 • 1997-2003 : NÉGOCIER LA DESCENTE
1997, c’est la descente : le festival perd de l’argent (-3,5 MF) mais Brossard se sert la ceinture et le public reste fidèle (autour de 20 000 entrées payantes). Ignorant les ordres de l’industrie, sélectionnant les groupes à l’oreille et aux coups de cœur, les Trans’ redressent la barre et deviennent le festival test pour les nouveautés live. Après la déferlante DFA en 2002, ne pas rater cette année Madlib, Mu et le grand retour des Béru.