Jeudi 21 NOVEMBRE 2002
Quel temps pourri !! C’est désespérant. Tout le monde est triste, fatigué, déprimé. Sauf moi ! Etrange, non. Toujours le contraire des autres, quoi ! C’est grâce à ma cure de magnésium et à mon petit régime qui commence à faire effet. C’est vrai, je sors plus volontiers le soir, je me sens plus sexy, j’ai envie de bien m’habiller ; tant pis pour mon porte-monnaie. D’ailleurs, je suis allée à une soirée flamenco (mais non c’est pas ringard) avec des amis, j’avais les larmes aux yeux. C’était dans une sorte de chapiteau, il y avait trois frères gitans qui chantaient, deux guitaristes, un percussionniste, une choriste et la danseuse de Flamenco. Quelle force, quel éclat, quelle sensualité, quelle maîtrise. C’était très, très fort à vivre. Je ne me lassais pas de regarder les pieds de la danseuses et les doigts des guitaristes qui étaient en parfaite symbiose. J’ai appris ensuite que c’était de l’improvisation. En effet, c’est quelque chose qui ne peut pas se préparer à l’avance, il n’y a pas de chorégraphie précise. Quelquefois, la danseuse, Macarena de son prénom, était presque en transe, on aurait même cru que c’était elle qui menait la musique, qui frappait plus fort du talon pour que les guitares jouent plus vite et paf ! d’un coup tout se fige. Oh, mais c’est nul de raconter tout ça. Le Flamenco, ça se vit, c’est tout. Encore, un truc qui m’a frappé : Macarena aime taper dans ses mains et à un moment donné ses mains ne claquaient plus, elle a donc tapé sur ses cuisses, une fois, deux fois, trois fois.
Moi sado-maso, jamais !
Ca ne faisait pas un joli bruit sec, alors elle a continué à taper sur ses cuisses jusqu’à ce que ses mains produisent le son qu’elle attendait. Elle a fait ça avec une telle violence. Je me suis demandé à cet instant si elle aimait toujours la violence. Les fessées par exemple. Une fille qui est capable de se frapper les cuisses aussi fort à multiples reprises doit forcément apprécier si c’est quelqu’un d’autre qui s’occupe d’elle. Je m’imagine bien, moi, la chopper et lui faire de jolies marques rouges sur ses fesses musclées. L’idée de la dominer m’a effleuré le clito (oups !), l’esprit. Le fait qu’elle soit si dominatrice dans son comportement m’a donné envie de la dominer à mon tour. Moi sado-maso, jamais ! Bon, c’est un peu trop psy mon histoire, non ? Le dominant dominé, la gitane soumise. Enfin il faut que j’arrête les fantasmes tordus, je crois. En fait, c’est bizarre, mais il n’y a plus que ça qui marche. Les trucs banals, c’est de la rigolade, ça me laisse complètement indifférente. Le cul, pour moi, c’est tellement naturel, comme manger, boire et dormir, que pour entrer dans le domaine du fantasme et pour m’exciter, j’ai besoin de situations très spéciales, de petites choses bien cochonnes et bien salaces. Non, faut pas que je dise ça, sinon, tous les mecs vont me fuir, je leur fais déjà assez peur comme ça. Oui, oui, je fais peur aux hommes. Ils ont l’impression que je suis une vaginale insatiable qui a besoin qu’on la besogne pendant des heures sans arrêt. Non ! Je suis clitoridienne et j’aime la douceur. C’est dans la tête que j’aime les choses perverses mais dans l’acte proprement dit je suis très traditionnelle. Je dois être plus sélective, voilà tout. Mais je ne veux pas qu’on pense que je suis comme dans mes films ; c’est un jeu de scène ; c’est de la comédie. Je m’éclate parfois, mais en vrai je ne fais pas autant de cinéma, d’accord ? Peut-être que je devrais mettre au courant mon amant avant. Ca risque de l’intimider. Oh, j’en sais rien après tout. Tiens, c’est la sortie du Beaujolais, je vais voir s’il a un goût de banane, de vieux liège pourri ou d’arbre malade. Bisous et beau jolais nouveau.
Vendredi 22 Novembre 2002
Ouf, un peu de répit ! Me voilà assise et en peignoir après une bonne douche. J’ai eu une journée à la wonder woman : levée à 9h, petit déj, douche, maquillage, coiffure. Je prends ma voiture, j’ai eu la bonne idée d’en changer et le garage me fournit la nouvelle dans les cinq jours alors que je ne l’attendais pas avant une bonne quinzaine. Enfin, c’est pas grave. Cours au garage, écoute les conneries et les politesses du vendeur, cours à un déjeuner super important, toujours avec le sourire et de l’énergie. Pendant le déjeuner, il faut penser à être jolie mais naturelle, pas trop de gros mots mais pas trop coincée non plus. Ensuite, il faut réussir à placer en douceur les choses dont on a envie de parler et il faut convaincre tout en restant hyper cool et en faisant semblant de rien. Nerveusement, c’est très éprouvant mais on y arrive quand on est en forme. Si on ne l’est pas, il faut y arriver quand même, sinon on le regrette toute sa vie. Non, je ne suis pas excessive. Ensuite, on n’arrive plus à se défaire de sa nouvelle connaissance, c’est un déchirement (là c’est excessif !).
Avoir les fesses dures
Après, on se tape une heure de circulation dans Paris, avec des machos par ci qui ont une grosse voiture car ils croient que ça veut dire qu’ils ont une grosse queue, et des connasses par là qui vont à 2 à l’heure en pensant éviter les accidents. On arrive enfin chez soi et on croit qu’on a le temps de boire un bon thé chaud pour se relaxer un peu. Ah, mon dieu, mon cours de gym commence dans vingt minutes et je suis OBLIGEE d’y aller car je veux des fesses dures comme du bois et je veux garder la forme. Et merde, mon brushing est foutu avec ce cours débile où on transpire comme des bêtes (humm !). Bon, allez, c’est pas grave, le prof est plutôt sympa et il a un bon cours (Il est surtout grand et musclé). Maintenant, je dois me préparer pour une soirée où il y aura toutes les pétasses du business mais où il est bon de se montrer. Je ne sais même pas comment je vais m’habiller. Et si j’y allais à poil ? Encore excessive. Il faut un truc chic, sexy, moderne, léger, pas trop discret, mais trop voyant. C’est pas les femmes qui sont compliquées, c’est ce qu’on attend d’elles. Pas excessif mais très psy. Bon j’y vais sinon je n’aurais pas eu une vraie journée wonder woman. Sans compter la chaude nuit qui s’annonce si je trouve l’âme sœur. Bisous. A plus.







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